Entre la fête de la musique, la canicule et la coupe du monde, Paris connaît un mois de juin très animé jusqu’à tard dans la nuit. Avec l’exposition gratuite « Paris, ouvert la nuit », on découvre la capitale version nocturne à travers des photos d’archives de 1900 à 1970. Située à la Galerie Roger-Viollet à Paris, l’exposition se déroule du 11 juin au 3 octobre 2026. On vous raconte notre visite !
Et la lumière fut
Paris est le théâtre des premiers essais d’éclairage électrique en 1843 après avoir été pionnière dans l’éclairage public en 1667. Suite à ces avancés techniques et scientifiques, Paris a évolué et a développé une sécurisation des rues mais aussi un dynamisme de la vie nocturne. En effet, les commerces restent ainsi ouverts plus longtemps et les lieux de divertissements aussi.
Les parisiens sortent, s’amusent et dansent et les photographes, pour certains anonymes, capturent des moments de vie passés. L’exposition met en lumière ce renouveau parisien aux travers de 70 tirages en noir et blanc tous disponibles à l’achat en édition limitée.

Paris devient la ville lumière au début du XIXe siècle, grâce à l’utilisation de ces lampadaires à gaz. La réputation se forme et la capitale de la France rayonne à chaque rue comme à l’internationale. Au-dessus de chaque enseigne s’illustrent des lumières qui redessine la ville et le quotidien de ses habitants. Lorsqu’on contemple ces photographies, on pourrait se croire à Las Vegas mais sans quitter la Pigalle.

Paris est une fête
La ville lumière même de nuit permet l’essor de la fête. L’une des capitales les plus appréciées en terme de vie nocturne aujourd’hui l’était déjà hier ! En effet, la rue de Lappe, le Moulin Rouge, les Folies-Bergère ou encore la Java rue du Faubourg-du-Temple étaient déjà les adresses où sortir pour danser jusqu’au bout de la nuit dans les années 30.

Les lieux festifs représentent l’ivresse d’une joie instantanée, un moment qu’on partage et qu’on oublie. Un éternel recommencement dans un lieu qui célèbre la musique, la danse et les rires. Dans ces lieux que l’on adore la nuit mais qu’on délaisse la journée, on a tendance à oublier qu’ils possèdent aussi une histoire à eux. Au cours de l’exposition, on redécouvre ces endroits à travers l’amusement des hommes et femmes d’il y a 100 ans.


Le XIXème siècle permet alors de révolutionner le monde de la fête. Les parisiens multiplient les occasions de célébrations dans divers lieux de la capitale et s’émancipent des soirées organisées et codifiées. Paris se tourne alors vers des fêtes populaires qui prennent place sur des espaces publics. Les carnavals, bals et bals masqués deviennent très tendances à l’époque. Ces fêtes découlent de spectacles d’Opéra ou anciennes manières de concevoir la fête. Les cabarets sont aussi à l’honneur à l’époque et constituent le mélange idéal entre le spectacle, le plaisir et la fête.
« Si vous avez de la chance d’avoir vécu jeune homme à Paris, où que vous alliez pour le reste de votre vie, cela ne vous quitte pas, car Paris est une fête. »
Paris est une fête, 1964, Ernest Hemingway
Ouverts aussi la nuit
Dans un autre registre des « soirées parisiennes », la fête foraine trouve également sa place à l’époque. Les auto-tamponneuses et autres activités mettent en joie les parisiens qui peuvent s’y détendre même de nuit. Les habitants de la capitale semblent être de grands adeptes de fête foraine depuis toujours. Effectivement, il en existe plusieurs à Paris comme la Fête des Loges depuis 1652, la Foire du Trône crée en 952 ou encore la Fête à Neuneu de 1815 à 1936 (puis reprise en 2008).

L’éclairage révolutionne aussi le commerce. Les grands magasins restent ouverts plus tard et sont immanquables ! Les illuminations présentent sur les façades des magasin, notamment pour les fêtes de Noël, permettent un tremplin économique mais aussi une grande visibilité. Cette nouveauté constitue aussi une nouvelle « institution » pour les parisiens : aller voir les illuminations de Noël.
Paris « C’était mieux avant »
La nostalgie d’une époque inconnue nous surprend au cours de l’exposition. « Je suis né à la mauvaise époque », s’exclame un visiteur impressionné par les détails de l’esthétisme du XIXème siècle. Les photographies de Paris du XIXème siècle nous rappellent que le paysage urbain est un témoin de l’Histoire. Et notre œil assimile ces évolutions inconsciemment.
Critiquées comme étant de plus en plus neutres et fades, l’architecture et les infrastructures urbaines d’aujourd’hui sont bien loin de celles de 1900 à 1970. Esthétiquement, Paris semblait plus belle grâce aux détails et aux couleurs. Les voitures, bus, immeubles et commerces offraient plus de charme à la capitale, du moins plus de nuances. L’exposition « Paris, ouvert la nuit » nous replonge dans un univers à la fois familier et inconnu. Les photographies laissent place à l’imaginaire et font revivre des souvenirs qui ne nous appartiennent pas.
