Une nouvelle fois, le studio Xilam nous surprend avec sa nouvelle série animée, The Doomies, disponible sur Disney+.
À la croisée entre la comédie de collège et le conte fantastique, la nouvelle création du studio Xilam illustre la vitalité de la création française sur la scène internationale.
Une Bretagne côtière face au chaos surnaturel
Dans le paysage audiovisuel jeunesse, importer la culture du « mystère de petite ville » au cœur de la côte bretonne relevait de l’intuition audacieuse. C’est pourtant le décor retenu pour Ouimper, port de pêche fictif où la routine de deux adolescents, Bobby et Romy, bascule soudainement dans le chaotique. En déclenchant par inadvertance l’ouverture de Subterra — une dimension parallèle peuplée d’entités monstrueuses —, le duo se retrouve investi d’une responsabilité disproportionnée pour son âge.
Au lieu de céder à la panique, les deux jeunes héros doivent improviser au quotidien : neutraliser des apparitions spectrales le matin, tout en gérant leurs devoirs et leurs relations sociales l’après-midi. Un vrai teen drama surnaturel en mode animé.
L’art d’équilibrer humour absurde et tension narrative
Ce projet, né de l’imagination d’Andrès Fernandez et de Rémi « Pozla » Zaarour, porte l’empreinte stylistique de Xilam Animation. Connu pour son savoir-faire dans le slapstick et le mouvement dynamique, le studio parisien déploie ici une écriture visuelle à la fois colorée et expressive.
L’œuvre se positionne au carrefour de plusieurs influences marquantes de la culture pop :
- Un ton irrévérencieux, hérité de la grande tradition du dessin animé burlesque européen.
- Une structure initiatique, rappelant les récits d’aventure pour adolescents où le surnaturel sert de métaphore aux incertitudes de l’âge adulte.

La collaboration directe entre le studio français et la division télévisuelle de Disney témoigne de la reconnaissance acquise par la filière française. En investissant le catalogue de Disney+, The Doomies démontre qu’une production ancrée dans un imaginaire local peut prétendre à un rayonnement mondial, confirmant l’attractivité des talents d’animation de l’Hexagone auprès des géants du divertissement.
The doomies : on valide ?
Il est souvent bien difficile d’adhérer à un univers animé qui n’a pas été pensé pour sa génération. Si on comprend le succès d’un animé comme Miraculous, passé l’âge requis, il est difficile de se projeter dans cet univers. Comme on avait l’envie de soutenir un projet hexagonal qui navigue des la cours des très grands, on s’est penché dans la série dès son pilote et on ne le regrette pas une seconde.
The Doomies fonctionne, surnaturel ou pas, comme un teen drama américain: pensée pour capter un public jeune, elle ne laisse jamais de côté le public adulte qui tombera dessus et se retrouvera accroché avec l’envie de dévorer l’intégralité de la saison. Oscillant entre humour, histoire fantastique à la Buffy et teen drama, The Doomies est une réussite immédiate avec un premier épisode qui pose immédiatement les bases d’une mythologie forte et qui ouvre un champs des possibles incroyable. Même si on est dans un pur produit animé, on se surprend à imaginer dès le premier épisode ce que donnerait cette histoire en action live.

Drôle (très drôle même) et prenante, The Doomies est aussi une série très belle, aux designs soignés qui ne peut que donner envie aux spectateurs d’y retourner et d’y replonger. Que vous aimiez Buffy et sa « bouche de l’enfer » à refermer façon « Subterra » ou que vous ayez grandit avec Chair de poule, ou même Eerie, Indiana, The Doomies est pour vous, une nouvelle pépite qui prouve la vitalité de la fiction française, y compris en animation.