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Oradour sur TF1 : qu’en pensent les familles des victimes du film ?

TF1 dévoile ce jeudi 24 septembre son nouveau téléfilm « Oradour », une fiction romantique qui se déroule dans le village d’Oradour-sur-Glane au moment du massacre de juin 1944. Si l’idée d’une romance sur fond de drame peut sembler risquée d’un point de vue historique, cela s’est fait en collaboration avec les familles des victimes.

M.Pokora sera à l’affiche de ce nouveau téléfilm de TF1, « Oradour ». Le chanteur joue le rôle de Philippe Gerbier un officier des Forces Françaises Libres. Parachuté près d’Oradour-sur-Glane, il doit diriger une mission secrète et capitale pour la Résistance à quelques jours du Débarquement. Sur place il tombe sur son amour de jeunesse, Marie (jouée par Caroline Anglade). Leurs destins va se mêler à la tragédie historique d’Oradour-sur-Glane.

L’idée d’apporter une dimension romantique au drame le plus sanglant de la Seconde Guerre mondiale sur le sol français a fait grincer les dents de certains. D’autres ont émit des doutes quand à la véracité des faits qui seront évoqués lors du téléfilm. Benoît Sadry, adjoint au maire d’Oradour-sur-Glane et président de l’Association Nationale des Familles des Martyrs d’Oradour-sur-Glane, explique comment les familles ont travaillé avec les équipes de TF1: « On est rentré en contact avec la production pendant le tournage car on était pas vraiment au courant avant. On a expliqué à TF1 nos craintes sur la qualité et la véracité des éléments propres à Oradour. »

En septembre 2025, M.Pokora, accompagné des équipes de production, s’est rendu à Oradour-sur-Glane. Cette visite avait pour but de créer une rencontre avec les familles des martyrs et les habitants du village. Un échange de trois heures a eu lieu entre les deux parties afin de bien comprendre l’objectif du téléfilm, tout en écoutant les questionnements des familles. Mais au regard du choix opérer dans le film on peut se demander si les craintes des familles ont été entendu notamment sur l’utilisation de thèses tendant à « expliquer » les raisons du massacre. Benoît Sandry nous explique que des résistants français pouvaient être présent sur place mais aucun ne faisait partie d’un réseau actif propre à Oradour.

La fiction, un bon moyen d’entretenir le devoir de mémoire

Mais alors pourquoi se lancer dans une fiction romantique ? L’idée d’une romance au milieu d’un massacre qui a marqué la France peut sembler périlleuse, mais est mûrement réfléchie. « Le public cible est la tranche des 15-40 ans je dirais car ce sont ceux qui connaissent moins bien le massacre d’Oradour-sur-Glane. Aborder ça à travers une romance permet de se plonger plus facilement dans l’univers. De plus, on a déjà refusé plusieurs films depuis les années 80 car ils voulaient présenter le massacre de A à Z et on risquait de se retrouver avec 1h30 de massacre sur écran géant. C’est souvent ça qui gêne les famille des martyrs », souligne Benoît Sadry.

Pour expliquer le choix de la fiction l’adjoint au maire a un exemple en particulier : « L’exemple est à l’opposé mais quand il y a 30 ans, Titanic est sorti, je pense qu’il n’y avait pas grand monde qui connaissait vraiment l’histoire du Titanic. Par contre, la romance a tellement bien marché, qu’aujourd’hui, Titanic on s’en rappelle bien. »

Un documentaire dans la foulée du téléfilm

Rapidement les échanges entre les deux parties concordent sur l’idée qu’un documentaire historique doit être produit puis diffusé dans la foulée du film. Il semblait important pour chacun de revenir sur les faits et expliquer concrètement ce qu’est le massacre d’Oradour-sur-Glane. Dans le téléfilm, le village et le drame servent plus de décor à la romance.

Le devoir de mémoire en tête

Pour Benoît Sadry : « C’est intéressant de voir quelqu’un mettre sa notoriété au service de la mémoire. Ces fictions ont le mérite de mettre en avant le devoir de mémoire. On doit être vigilant à ce que les indicateurs qui ont mené l’Europe à la Seconde Guerre mondiale ne soient pas de retour ». Il n’y a jamais eu autant de conflits dans le monde qu’en 2026. Que ce soient de grands conflits à l’échelle mondiale ou des guerres régionales, faire son devoir de mémoire permet de se souvenir des conséquences des guerres du passé et que personne ne souhaite les voir revenir.

Aujourd’hui le village d’Oradour-sur-Glane est accessible au public. Les lieux du massacre ont été conservés à l’identique après le drame. L’occasion de se rendre compte des résultats d’une bataille qui a causé la mort de 643 personnes. « Le village est un lieu de mémoire national. Oradour c’est un réquisitoire pour l’Europe. Non nos peuples ne veulent plus revivre ça« . Le téléfilm devient alors une invitation à découvrir l’histoire du village martyr.

À l’origine le téléfilm devait être diffusé en juin pour l’anniversaire du massacre, mais la Coupe du Monde de football a poussé TF1 à décaler en septembre. Une avant-première était prévue à Oradour-sur-Glane le 30 septembre. Malheureusement, l’évènement a été annulé après que la chaîne ait avancé la diffusion au 24 septembre. Oradour sera diffusé sur TF1 ce jeudi 24 septembre à 21h10. Rendez-vous le même soir pour le documentaire Oradour un village martyr, à 23h15

On a revu pour vous … Le vieux fusil, un monument du cinéma français

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