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On a revu Misery le classique de Stephen King

Disponible dès le 12 août sur france.tv, le classique Misery (1990), réalisé par Rob Reiner et adapté du roman culte de Stephen King, fait son entrée en streaming. L’occasion idéale de se replonger dans ce thriller psychologique.

L’une des plus grandes forces de Misery, c’est cette capacité à instaurer une tension à partir d’un simple face-à-face. Porté par la grande prestation de Kathy Bates, ce thriller parvient à garder un rythme implacable du début à la fin. Entre l’atmosphère du huis clos et le rapport de force tordu qui s’installe, le film garde toute son efficacité 36 ans après sa sortie. Une excellente piqûre de rappel pour tous les amateurs du genre.

C’est quoi Misery ?

Misery est un film Réalisé par Rob Reiner (Stand by Me) d’après un scénario de William Goldman. On suit Paul Sheldon, un écrivain à succès qui souhaite s’émanciper de sa célèbre saga romantique en tuant son héroïne, Misery Chastain. Mais il est victime d’un grave accident de voiture au cœur d’un blizzard dans le Colorado. Là, il est secouru par Annie Wilkes, une ancienne infirmière vivant isolée dans une ferme. Se prétendant sa « plus grande fan », Annie le recueille et soigne ses fractures. Mais lorsqu’elle découvre le manuscrit inédit où Misery meurt, sa bienveillance bascule dans la folie. Profitant des routes coupées par la neige et de l’incapacité de Paul à se déplacer, elle le séquestre et le contraint sous la torture à brûler son roman pour en écrire un nouveau faisant ressusciter son héroïne préférée.

Misery ou l’art de l’adaptation

Adapter Stephen King au cinéma relève souvent d’un vrai défi, à la fois théorique et pratique. Dans le roman d’origine, l’intrigue est racontée presque exclusivement à travers les pensées intérieures et la conscience de Paul Sheldon. Transposer ses pensées à l’écran sans recourir à une voix off lourde et explicative demandait une vrai finesse d’écriture. Et c’est très réussi dans ce film !

C’est là tout le brio du scénariste William Goldman et de Rob Reiner : avoir réussi à traduire visuellement la psychologie de l’écrivain. Ce qui est tout aussi fort, c’est d’avoir réussi à condenser l’intrigue pour imprimer un rythme assez efficace. Le film fait le choix d’un ton plus psychologique que le livre, tout en conservant des séquences de cruauté mémorables. On garde en tête quand même la scène de la masse, visuellement dérangeante. En revanche, elle est peut-être légèrement moins impressionnante aujourd’hui. le bruitage semble légèrement désuet. La mise en scène s’autorise également des respirations en développant l’enquête parallèle du vieux shérif Buster et de sa femme. Ces touches d’humanité apportent une richesse au récit. Tout cela permet d’amplifier la tension du spectateur. On guette avec attention chaque moment ou l’écrivain pourrait s’en sortir.

Un huis clos sous tension maître du suspen

La grande force de Misery se trouve dans sa maîtrise du huis clos. Il est toujours compliqué de réaliser un film dans un seul endroit. Bien que Misery ne soit pas un total huit clos à proprement parlé, son intrigue se déroule 80% du temps dans le chalet. Chalet qui devrait être un cocon chaleureux et rassurant au milieu d’un grand manteau neigeux, se métamorphose en une prison ou règne la claustrophobie. Les cadrages serrés sur Rob Reiner, l’utilisation d’une lumière terne et les silences pesants rythmés par le seul bruit de la machine à écrire posent un malaise tout le long du film.

Le récit se transforme en un combat psychologique intense. On assiste à un vrai jeu du chat et de la souris. Immobilisé dans son lit, Paul doit faire preuve d’ingéniosité et de sang-froid pour chercher un moyen de s’échapper. Chaque tentative d’évasion, chaque objet déplacé ou dissimulé sous le matelas devient une vrai séquence d’angoisse. Le réalisateur arrive à garder une montée en pression, tout en maintenant un niveau de suspense. La « démence » d’Annie peut peut survenir à n’importe qu’elle moment.

Kathy Bates et James Caan : un duo au sommet

Une telle confrontation ne pouvait fonctionner qu’avec une interprétation quasi irréprochable, et la réunion de deux comédiens tout simplement brillants. Dans le rôle de la tortionnaire lunatique, Kathy Bates livre une prestation sans fausse note. L’actrice navigue avec aisance entre la naïveté et une démence à la violence terrifiante. Son regard halluciné et la brutalité de ses sautes d’humeur rendent son personnage totalement imprévisible et glaçant. Cette performance lui a valu un Oscar de la meilleure actrice. Tout simplement mérité !

Face à cette présence, James Caan est parfait dans le rôle de Paul Sheldon. Cloué au lit et physiquement diminué, l’acteur parvient à retransmettre la douleur, la vulnérabilité, mais aussi la ruse et la détermination. En effet, il est contraint de jouer la comédie de sa vie pour préserver ses chances de survie. L’alchimie empoisonnée entre cet auteur pris au piège et sa fan obsessionnelle sont le coeur de ce film. Et quel coeur !

Une pépite du thriller à (re)voir absolument sur France.tv

En parvenant à équilibrer l’angoisse, le suspense et le drame humain, Misery s’impose parmi les meilleures adaptations d’une œuvre de Stephen King sur grand écran. Une réussite qui prouve que le thriller n’a nul besoin d’artifices lorsque le scénario, la mise en scène et le jeu d’acteurs sont aussi bons

Alors que le film débarque gratuitement sur la plateforme france.tv dès le 12 août prochain, cette plongée au cœur de la démence et de l’isolement est un rendez-vous à ne pas manquer, que ce soit pour le redécouvrir ou pour le savourer pour la toute première fois.

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