Fruits des bois, fraise, pastèque, Coca-Cola… les puffs (cigarettes électronique jetables) déclinent des saveurs qui séduisent massivement les plus jeunes. Cet attrait pour des goûts très sucrés explique notamment pourquoi les adolescents continuent de vapoter avec ces appareils, en dépit de l’interdiction.
Interdites à la vente depuis février 2025, les puffs n’ont pas disparu. Selon une enquête menée par Webdrone dans une trentaine de communes françaises, le résultat est sans appel : près d’une épicerie de nuit sur trois commercialise des vapoteuses. Initialement interdites à cause de leur impact écologique et de leur forte capacité addictive, elles continuent d’être vapotées par les jeunes. La loi qui les interdit reste donc très peu respectée.
Comment la loi est contournée ?
Dans les colonnes de L’Est éclair en juin 2026, des puffs étaient saisies par centaines. Interrogé par le journal, Florent Ravel, le directeur de la police nationale avoue : « On fait le constat d’une montée en puissance dans l’usage de ces puffs par le jeune public. Surtout aux abords des établissements scolaires : « Il n’y a pas une semaine sans que l’on trouve des puffs. » Et le constat est sans appel : il est beaucoup trop difficile de faire respecter la loi. Cyrille Souviais, officier de prévention de la police nationale, témoignait : « On peut s’en procurer très facilement sur le web, par la revente et dans les petits commerces type épiceries de nuit.«

En principe, la loi interdit les cigarettes jetables et prêtes à l’emploi. Mais il suffit de faire un tour dans une épicerie pour se rendre compte que ce n’est pas vraiment ce que l’on observe. Les fabricants ont trouvé la méthode pour passer entre les mailles du filet. C’est Léo, vendeur dans un Vapostore qui l’explique à Franceinfo : « L’interdiction était davantage d’ordre écologique pour les puffs jetables. Ils ont donc contourné cette interdiction avec des puffs rechargeables. On vient directement mettre le liquide à l’intérieur. Le résultat sera le même. On va jeter l’appareil dès lors que la résistance à l’intérieur sera cramée. » Aussi simple que ça…
À lire aussi : L’amour est dans le pré : les révélations cash de Karine Le Marchand sur les difficultés amoureuses des agricultrices
Ces dispositifs vendus avec des emballages très attrayants se confondent parfois avec de véritables cigarettes électroniques. Aux couleurs vives qui attirent l’oeil, aucun doute qu’elles continuent de séduire les adolescents.
Les puffs, un danger pour la santé
La puff peut rendre des non-fumeurs accros à la nicotine. Le ministère de la Santé justifie aisni l’interdiction : « Leur vente, fabrication et distribution ne [sont] plus autorisées afin de protéger les jeunes des risques de dépendance à la nicotine et de réduire leur impact environnemental. »
Cette substance nuit au développement des jeunes. Elle affecte directement le cœur et le cerveau. De plus, les puffs dépassent souvent la dose légale. La loi européenne autorise 1,8 % de nicotine au maximum (soit 20 mg/ml). Pourtant, certains modèles grimpent jusqu’à 5 %. Les fabricants entretiennent la confusion avec des affichages flous. Les ados ignorent ce qu’ils consomment. La plupart n’ont pas conscience du danger. La puff sert ainsi de porte d’entrée vers la cigarette.
Le marché parallèle inquiète particulièrement les autorités. Les ventes clandestines échappent à tout contrôle. Marion Adler, tabacologue à l’hôpital Antoine-Béclère, alerte sur Franceinfo : « On ne sait pas quels produits sont mis dedans, quelle dose de nicotine y est intégrée. Ces jeunes ont accès à des puffs dont on a absolument aucune idée de la toxicité éventuelle. »
Les professionnels de santé multiplient la prévention. L’association Demain sera non-fumeur milite aussi contre ces produits. Elle exige le respect des règles : « Si on est en droit de passer par la communication pour vendre ses produits, c’est uniquement en disant : je vends tel produit et à quel prix. »