Le 5 août 2026, Disney et TikTok ont annoncé un accord mondial inédit qui permettra aux fans et créateurs d’utiliser des scènes et moments issus des films et séries Disney dans leurs vidéos. Une petite révolution pour une entreprise qui a longtemps traqué sans relâche le moindre usage non autorisé de ses personnages.
Ce qui change concrètement

Concrètement, l’accord démarrera en phase pilote aux États-Unis, avec l’intention de s’étendre à d’autres marchés par la suite. Dès le lancement, les vidéos courtes des créateurs volontaires seront visibles à la fois sur TikTok et sur « Verts », le format vertical de Disney+, mettant en scène des personnages et histoires issus de Pixar, Marvel, Star Wars, FX et d’autres marques du groupe.
Un « Disney Creator Ambassador Program », copiloté par les deux entreprises, doit aussi voir le jour pour identifier et récompenser les créateurs les plus actifs. Mais attention : il ne s’agira pas d’un accès en libre-service à tout le catalogue. Les extraits seront fournis par Disney via une bibliothèque de ressources dédiée, et les vidéos publiées passeront sous un contrôle éditorial du studio avant diffusion. Impossible donc de faire « tout et n’importe quoi » avec Vaiana ou Spider-Man.
Pourquoi ce revirement
Ce rapprochement est d’autant plus surprenant qu’il intervient quelques mois après une bataille juridique frontale. En février 2026, Disney et la Motion Picture Association avaient accusé ByteDance d’utiliser des œuvres protégées pour entraîner son IA de génération vidéo Seedance 2.0, un outil accusé de permettre la création de vidéos hyperréalistes mettant en scène des personnages protégés sans aucun accord de licence.
Plutôt que de poursuivre une guerre sans fin contre les contenus générés par IA non autorisés, Disney semble avoir choisi une autre stratégie : noyer ce flot de créations sauvages sous une vague de contenus humains, validés et encadrés, hébergés dans l’écosystème fermé de Disney+. Une façon de reprendre la main sur la conversation autour de ses franchises, tout en la gardant sous contrôle.
Un contexte financier qui pèse aussi

Le timing n’est pas anodin. L’annonce coïncide avec la publication des résultats du troisième trimestre 2026 de Disney : un chiffre d’affaires en hausse de 7 % à 25,2 milliards de dollars, porté par les parcs, le streaming et le succès de Toy Story 5, mais un bénéfice net quasiment divisé par deux sur un an. Doper l’engagement autour de ses franchises via TikTok, plateforme où 6,5 millions de posts liés au cinéma et à la télévision sont partagés chaque jour en moyenne, apparaît comme un levier de croissance à moindre coût.
Et les données semblent donner raison à cette stratégie : près de la moitié des personnes interrogées disent avoir regardé un film ou une série sur une plateforme de streaming après avoir découvert un contenu correspondant sur TikTok.
Netflix avait déjà ouvert la voie

Disney n’est pas seul sur ce terrain : Netflix avait lancé son propre flux de vidéos courtes dès mai 2026. La bataille pour capter l’attention des audiences mobiles, habituées au défilement infini, s’intensifie donc entre géants du streaming, quitte à flirter avec les codes des réseaux sociaux qu’ils cherchaient jusque-là à concurrencer de loin.
Reste à voir si ce modèle hybride — créativité des fans, mais sous contrôle éditorial serré — parviendra à satisfaire à la fois les créateurs, en quête de liberté, et Disney, jaloux de son image de marque.