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Alexandra Francart : “La seule chose qui compte c’est d’amener Volnay le plus loin possible”

Dimanche dernier, la France a remporté la Coupe des nations à Saint-Gall. Mathieu Billot en selle sur Shiva d’Amaury, Nicolas Delmotte sur Ilex VP et Alexandra Francart avec son fidèle Volnay du Boisdeville ont gagné de la plus belle des manières. Ils n’ont fait tomber aucune barre ! Leur score est resté à zéro tout au long de l’épreuve. L’équipe Suisse est arrivée deuxième avec huit points de pénalités tandis que la Belgique complète le podium avec un total de treize points. Retour sur cette incroyable démonstration avec la seule cavalière de l’équipe : Alexandra Francart.

Pensiez-vous arriver en tête du classement dès le départ avec Nicolas Delmotte et Mathieu Billot ?

Alexandra Francart : “Je pense qu’à partir du moment où on démarre une épreuve comme la Coupe des nations personne ne peut se dire au départ : elle est pour nous. Il y a des facteurs qui s’enclenchent. Pour nous c’était le premier sans-faute de Mathieu Billot. Il a mis tout le monde dans le bon sens. Puis mon cheval a aussi fait un sans-faute ce qui a enclenché une spirale positive, ça a tiré l’équipe vers le haut. Mais je pense que sportivement c’est compliqué de dire au départ que c’est notre nation qui va gagner. Il y a toujours des favoris sur le papier mais le jeu de la Coupe des nations c’est quand même de jamais savoir ce qu’il va se passer à la fin.”

À quel moment vous vous êtes dit que la victoire était pour la France ?

A. F. : “Je suis de tendance très négative au départ. Quand Nicolas Delmotte a fait sans-faute en deuxième manche, j’ai quand même demandé à tout le monde si on avait bien gagné (rires), pour être sûr qu’on soit content pour quelque chose. Sinon pour revenir à la question, je pense qu’on y a pensé secrètement dès le deuxième sans-faute de Mathieu Billot. On s’est dit que cela commençait à sentir bon mais rien n’est jamais joué.”

Est-ce que la bonne entente que vous avez avec Mathieu Billot et Nicolas Delmotte peut nous faire penser que c’est le début d’une belle histoire pour l’équipe de France ?

A. F. : “Tout le monde se croise très souvent grâce au circuit du Grand National qui a été mis en route il y a dix ans. On est tous passé par le Grand National et on s’est tous côtoyé mais c’est vrai qu’on s’entendait particulièrement bien avec Mathieu et Nicolas. De là à dire que ça fait la différence sur le papier… peut être pour l’histoire jolie mais on est tous des professionnels et je pense que c’était un bon jour.”

Avez-vous eu des retours de Philippe Guerdat pour de possibles d’autres sélections ?

A. F. : “Pas encore, j’attends son coup de fil. Il m’a dit qu’il m’appellerai dans la semaine. On est seulement en début de semaine donc j’attends. Mais je pense être lancé sur quelque chose d’intéressant avec mon cheval qui va très bien. Il s’est révélé à La Baule et a confirmé son potentiel à Saint-Gall.”

Pensez-vous courir d’autres Coupe des nations ?

A. F. : “J’espère ! C’est un format qui me plaît bien. Moi qui suis un peu toute neuve à ce niveau c’était ma première expérience et pour le coup ça m’a beaucoup plu. J’aimerais bien recourir ce circuit.”

Quels sont les défauts et les qualités de Volnay du Boisdeville ?

A. F. : “Je l’aime d’amour donc je vais pas trop lui trouver de défauts. C’est un cheval que j’ai dans mes écuries depuis qu’il a quatre ans. C’est un cheval qu’on connaît très bien. Il me connaît très bien aussi. Je le monte depuis trois ans. Il a reçu une formation plus que parfaite. La réussite de ce cheval, c’est grâce à la formation qu’il a reçu avec Sofian Misraoui. C’était notre cavalier jeunes chevaux à l’époque. Puis il est passé sous ma selle à sept ans. Le cheval était déjà exceptionnel au départ mais on a réussi à le former correctement pour arriver à ce niveau là aujourd’hui. Quand il rentre en piste, j’ai l’impression qu’il veut tout donner, qu’il veut bien faire. Il est très intelligent, il cherche à progresser. On a eu quelques difficultés à La Baule parce que sur des parcours 3* ça passe mais sur du 5* ça ne passe plus. Mais il a commencé à se corriger sur la Coupe des nations. Je vois une belle perspective d’évolution donc c’est encourageant pour l’avenir. Même s’il fait la monte (Volnay du Boisdeville est un étalon reproducteur ndrl) il reste gérable. Je le monte en filet simple en permanence.”

Avez-vous des rêves en particulier avec Volnay du Boisdeville ?

A. F. : “Non, je me laisse emporter par ce qui est en train de se passer en essayant de faire le mieux possible pour parfaire l’éducation de Volnay. La seule chose qui compte c’est d’amener ce cheval le plus loin possible. Je suis persuadée qu’il peut tout faire.”

Préparez-vous d’autres chevaux 5* pour la suite ?

A. F. : “Oui, effectivement je suis partie à Saint-Gall toute seule avec Volnay mais j’ai tout un lot de huit ans assez sympa. Cependant, ils sont encore un tout petit peu vert et pas assez aguerris pour entrer dans des formats 5* comme La Baule ou Saint-Gall sur des grandes pistes. Il faut quand même des chevaux bien dans leurs baskets. Sauter à La Baule c’est très impressionnant pour les jeunes chevaux avec les grandes tribunes et le son qui revient au centre. Je ne dis pas que c’est une question de hauteur, je déteste cette expression là. J’ai des jeunes à la maison qui sautent sans problèmes 1m45. Mais si demain j’ai une sélection sur un terrain que j’estime plus facile que La Baule, je pense que j’en amènerais d’autres.”

Vous n’aviez pas porté la veste de l’équipe de France depuis longtemps. Quelle sensation cela vous a fait de la remettre et de gagner avec ?

A. F. : “Ma veste était démodée d’ailleurs (rires). La veste bleue c’est bien sûr un rêve, on a l’impression d’obtenir un Graal quand on a la porte. Mais ça ne m’a pas motivé ou frustré plus que ça. J’étais fière de la porter mais ça ne m’a pas paralysé.”

Vous étiez la seule cavalière de l’équipe de France. Pensez-vous que c’est plus dur d’être une femme dans le haut niveau ?

A. F. : “On est le seul sport olympique mixte. Du coup je suis confrontée à des hommes quotidiennement depuis que je suis enfant. Ça ne m’a jamais choqué ou gêné. Ce côté féministe revient souvent car on en parle de plus en plus. J’essaie d’y réfléchir pour être la plus juste possible. À mon sens il n’y a pas de différences sportives homme/femme à cheval. Ce qui stoppe les carrières des femmes c’est la maternité. Personnellement j’y arrive assez bien et j’en suis contente. J’ai un petit garçon qui est formidable, un mari qui me suit qui est formidable aussi. Mais ça demande des sacrifices pour tout le monde. Mon enfant n’aime pas du tout les chevaux mais il est obligé de venir sur les terrains de concours pour voir sa mère. Mais c’est comme ça, c’est notre métier. En tout cas sportivement parlant il n’y a pas de différences homme/femme. Il y a moins de femmes dans le haut niveau par rapport à toute cette dimension familiale.”

 

Lire aussi : Simon Delestre : “Si un jour j’ai peur à cheval il sera temps d’arrêter”

 

 

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