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Au Japon, les 13 membres de la secte meurtrière “Aum” ont tous été pendus

Ils étaient condamnés à mort par le gouvernement japonais. Les six derniers disciples de la secte sanguinaire Aum, jugés coupables de l’attentat du métro de Tokyo en 1995, ont été exécutés ce jeudi matin. Le gourou Shōkō Asahara et ses douze fidèles sont désormais tous morts.

Souvenez-vous, le 20 mars 1995, lorsque du gaz sarin intoxique 6300 personnes, et en tue 13 autres dans les wagons du métro de Tokyo. Cet attentat, perpétré par la secte Aum Shinrykiō, était dès lors condamné par les autorités. Depuis 2004, les serviteurs, arrêtés puis jugés à la pendaison pour terrorisme, attendent dans les couloirs de la morts. Ce jeudi 26 juillet, leur dernier jour est arrivé.

J’ai ordonné ces exécutions après avoir mûrement réfléchi“, a déclaré ce matin Yoko Kamikawa, ministre de la Justice nipponne. Des attentats comme ceux perpétrés par le groupe sectaire “ne doivent plus jamais se reproduire”, poursuit-elle, avant de préciser que leur sentence était “inévitable.”

Shōkō Asahara, le gourou charismatique de cette secte sanguinaire, a lui été pendu le 06 juillet dernier. Les autres ont suivi peu à peu, jusqu’à ce jeudi, où les derniers condamnés à mort ont vu leur jugement s’appliquer. Au total, 189 membres étaient jugés pour être impliqués de près ou de loin à cette tuerie de masse.

Un processus bien huilé ?

Pour les familles des victimes, la corde au cou n’est pas suffisante. “Peut-être l’affaire est-elle close du point de vue de la justice, mais [nous continuons] de souffrir“, déplore Shizue Takahashi, l’épouse d’un des disparus. D’autres encore sont effrayés par cette sentence, qui pourrait transformer les sectateurs en véritables martyrs : “Des craintes existent qu’Asahara soit vénéré comme un dieu, je pense que nous devons rester vigilants”, prévient Minoru Kariya, fils d’une des victimes.

Selon Hiroka Shoji, chercheur du groupe Amnesty International, la peine de mort n’est pas la bonne solution : “Cette frénésie d’exécution sans précédent, 13 en trois semaines, ne laisse pas la société japonaise plus en sécurité. Les pendaisons ne parviennent pas à expliquer pourquoi les gens ont été attirés par un gourou charismatique avec des idées dangereuses.”  Pourtant, la sentence funeste est soutenue par 80% de la population nippone, selon le dernier sondage du Cabinet du gouvernement.

Une loi souvent détournée

Au Japon la peine de mort ne s’applique que pour les crimes de plusieurs personnes, commis dans des circonstances aggravantes. Dans la loi, il est précisé que tout individu condamné au châtiment suprême se verra mettre la corde autour du cou dans un délai de six mois maximum après le jugement. Dans la réalité, beaucoup attendent des années dans les couloirs de la mort. Les membres de la secte Aum, eux, ont dû patienter 23 ans avant de subir la peine capitale

A lire aussi : Déjà 199 morts dans les inondations au Japon

 

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Nicolas Baggioni a d'abord commencé à VL MEDIA en tant que stagiaire, pour ensuite devenir Reporter officiel au sein de l'équipe. Il est le correspondant sur Nice et se rend sporadiquement à l'étranger pour réaliser de Grands reportages, sous tous les formats journalistiques. Féru de géopolitique et de relations internationales, il s'occupe principalement des sujets traitant d'actualité internationale.
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