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Au Yémen, on meurt de faim

Selon une interprétation, la signification de « Yémen » proviendrait de  al-yiumna, « la prospérité ». Le Yémen porte également le surnom d’« Arabie heureuse ». Seulement, la situation humanitaire est telle dans le pays, que l’on en doute. À Taiz notamment, la population meurt de faim. 

Les histoires de famine et de mort à Madaya, la ville syrienne assiégée par les forces du régime à la périphérie de Damas, ont fait à juste titre scandale dans le monde entier. Néanmoins, Madaya est loin d’être le seul lieu où l’on meurt lentement de faim. La situation dans la ville de Taiz, au Yémen, est sans doute plus qu’une crise humanitaire.

Une ville en situation de famine

Taiz est la troisième plus grande ville du Yémen, et a longtemps été considérée comme la capitale culturelle du pays. Seulement, depuis avril 2015, Taiz est le centre de lourds combats entre les rebelles chiites Houthis — qui tiennent actuellement la ville  — et les forces loyales envers le président déchu Ali Abdallah Saleh. La ville est une passerelle cruciale vers la capitale de Sanaa, tenue également par les rebelles.

Au moins 1 300 civils sont morts à Taiz au cours du conflit. Le Programme Alimentaire Mondiale (WFP) des Nations Unies a averti ce mois-ci que la ville est en proie à une famine imminente. Les ressources alimentaires et médicales sont presque entièrement bloquées. Plusieurs centaines de milliers de personnes résident dans une zone enclavée. Leurs mouvements sont limités.

On estime que 70 % des 600 000 habitants de la ville se sont enfuis quand la nourriture, l’eau, le carburant et les fournitures médicales ont commencé à manquer cruellement. Les 37 hôpitaux et centres médicaux ont été forcés de fermer par manque de carburant nécessaire au fonctionnement des générateurs.

Des zones civiles quotidiennement bombardées 

Le responsable humanitaire Ayman al-Mikhlafi a déclaré au journal Al-Monitor que le peu d’aide qui a réussi à atteindre Taiz n’était pas suffisant. Elle s’élèverait à 5 % du besoin actuel. « La situation humanitaire est tragique, frisant presque — si ce n’est pas déjà le cas — le catastrophique,  du fait que l’on ne permette pas l’entrée aux aliments et aux médicaments de base dans la ville » a-t-il ajouté.

La guerre civile est réellement devenue un conflit d’ampleur en mars dernier, mais a en grande partie échappé à l’attention médiatique occidentale. Les raids aériens, menés par l’Arabie Saoudite à la demande du gouvernement yéménite évincé, ont visé des écoles, des hôpitaux et des marchés. Le coût civil est déjà énorme.

Selon le WFP, sur 25,9 millions d’habitants au Yémen, on compterait 2,3 millions de déplacés, ainsi que 14,4 millions de personnes souffrant d’insécurité alimentaire. Selon Amnesty International, au moins 80 % de la population requiert une assistance humanitaire.

À lire aussi :
›› Trêve humanitaire rompue au Yémen: les civils restent les premières victimes.
›› Attentat au Yémen : au moins 7 morts.

© Photo à la Une : AHMAD AL-BASHA/AFP.
Un homme est debout près d’un bâtiment endommagée par les combats entre loyalistes gouvernementaux et rebelles dans Taiz, le 17 août 2015.

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