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Baromètre Jeunesse-Patronat 2026 : Entre désir d’entreprendre et rupture d’incompréhension

Une enquête inédite publiée en octobre 2026 par le média PM et l’agence Divertère brise les stéréotypes sur la Génération Z. Si les 18-24 ans n’ont jamais eu aussi envie de diriger, ils dénoncent un gouffre générationnel avec les décideurs actuels et exigent un leadership plus humain, éthique et incarné.

PARIS — C’est un serpent de mer du débat socio-économique : la jeunesse serait-elle devenue « allergique » au travail, à l’autorité et au monde de l’entreprise ? Alors qu’aucune étude chiffrée n’avait été consacrée spécifiquement au lien entre les jeunes et le patronat depuis 2015, la première édition du Baromètre national Jeunesse-Patronat — menée par le média PM et l’agence Divertère auprès de 1 653 répondants âgés de 18 à 24 ans — apporte une réponse sans équivoque : non, la Génération Z ne rejette pas les patrons. En réalité, elle aspire massivement à le devenir, mais refuse d’en adopter les codes traditionnels. « Pendant longtemps, on a parlé de la jeunesse sans vraiment lui donner la parole. […] Derrière les clichés sur une jeunesse désengagée, il y a une génération qui questionne, qui propose et qui veut comprendre celles et ceux qui font vivre notre économie », souligne Théa Serfaty, 23 ans, fondatrice du média PM et directrice générale de Divertère.

1. Un désir de leadership intact, mais un rejet du « sacrifice »

L’un des enseignements les plus frappants de cette étude réside dans l’ambition de la nouvelle génération : 51 % des jeunes de 18 à 24 ans déclarent vouloir un jour diriger une entreprise. Loin d’être désintéressés par le pouvoir ou l’initiative économique, ils perçoivent la fonction de dirigeant avant tout sous l’angle de la capacité d’impact (727 citations) et de la liberté d’action (645 citations), loin devant le niveau de rémunération (349 citations). Pour la Génération Z, le leadership n’est plus un statut, mais un levier pour faire bouger la société.

Cependant, cet enthousiasme se heurte à une frontière nette : la préservation de la santé mentale. Pour 64,8 % des sondés, le stress, la charge mentale et le manque de temps pour soi constituent le principal frein à l’accession aux responsabilités. L’image négative du patron (38,2 %) et le manque de sens (38,7 %) viennent renforcer cette réticence. Le message est clair : la jeunesse est prête à décider, mais pas au prix de son équilibre personnel.

2. Le constat d’une rupture : « Ils ne parlent pas notre langage »

Si l’envie d’entreprendre est bien là, la relation actuelle avec le patronat en place frôle la rupture. 82,5 % des jeunes perçoivent un véritable décalage générationnel avec les décideurs, et plus de 70 % estiment ne pas parler le même langage qu’eux ou considèrent que les dirigeants restent trop éloignés de leur quotidien.

Plus inquiétant encore sur le plan de la représentativité :

  • 14 % des jeunes déclarent n’avoir jamais rencontré un dirigeant.
  • Près d’un jeune sur six (16,4 %) n’a jamais échangé directement avec un patron.

Conséquence directe de cette distance, la confiance s’effrite : seuls 47 % des jeunes déclarent faire confiance aux dirigeants d’entreprise en général. Toutefois, cette méfiance est à géométrie variable. Les jeunes plébiscitent les figures de proximité : ils sont 56,4 % à accorder leur confiance aux dirigeants de TPE-PME, contre seulement 6,6 % pour les patrons de grandes entreprises et 14 % pour les fondateurs de start-up.

3. Communication et terrain : la feuille de route transmise par la Gen Z

Comment rétablir le dialogue entre ces deux mondes ? Le baromètre esquisse des pistes d’action concrètes. D’abord, sur le plan de la communication : les 18-24 ans déplorent que la parole patronale soit confinée aux médias économiques ou généralistes traditionnels (44,7 %), perçus comme trop distants. Plus de 6 jeunes sur 10 souhaitent que les dirigeants s’expriment davantage dans l’espace public, mais en privilégiant des formats horizontaux :

  1. Des débats directs et éco-sociétaux entre jeunes et dirigeants (20,4 %).
  2. L’assomption de la transparence, notamment via des contenus sur les échecs et difficultés rencontrées (13,1 %).
  3. Des coulisses et immersions vidéo au cœur des décisions de l’entreprise (11,9 %).

Sur le fond, l’exigence envers le patronat est totale. Interrogés sur leurs attentes prioritaires, les jeunes citent quasi-unanimement :

  • 100 % : Une meilleure reconnaissance du travail (rémunération et considération).
  • 99 % : Une plus grande exemplarité dans le comportement personnel des dirigeants.
  • 73,5 % : La capacité à donner du sens au travail.
  • 72,4 % : Une véritable marque de confiance envers la jeunesse.

Repenser le pacte entre jeunesse et entreprise

Ce premier Baromètre Jeunesse-Patronat révèle une fracture qui ne demande qu’à être comblée. Les jeunes de 2026 ne tournent pas le dos à l’économie de marché ni à l’entreprise ; ils appellent à la création d’un nouveau modèle de leadership, plus humain, accessible et incarné sur le terrain par les acteurs de proximité. Il appartient désormais aux instances patronales de saisir cette main tendue pour transformer ce besoin de dialogue en engagements concrets.

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