Le Charles est l’une des fictions événement de cette fin d’année, et s’apprête mouiller l’ancre sur Prime avant d’arriver sur M6 dans quelques mois. Verdict sur un huis clos d’un nouveau genre !
Le porte-avions Charles-de-Gaulle vient d’appareiller pour une mission stratégique en Méditerranée orientale, où la situation est explosive. Mais peu après le départ, une femme de l’équipage est retrouvée morte et une autre portée disparue. Malgré le danger, l’opération se poursuit et un enquêteur militaire est dépêché en urgence à bord. Quand une nouvelle victime est découverte, le « Charles », véritable ville flottante de 1800 hommes et 240 femmes, devient un piège où un tueur, les tensions et les événements vont mettre en péril l’équipage et peut-être même le pays.
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L’essentiel
Le Charles est la nouvelle série événement de M6 et Prime qui entend réinventer le « Whodunit » dans une toute nouvelle arène, un porte avion déployé en pleine mission ultra sensible. Créée par Henri Debeurme et Mathilde Arnaud, avec la collaboration de Yoann Legave, et réalisée par Julien Despaux, Le Charles compte à son bord une distribution impressionnante pour ce thriller teinté d’espionnage : Elodie Yung (Daredevil, The Cleaning Lady), Alban Lenoir (Balle perdue, Antigang 1 & 2), Patrick Mille (Le Comte de Monte-Cristo, Cœurs Noirs saison 2), Jacques Gamblin (L’Incroyable Histoire du facteur Cheval, Le Premier jour du reste de ta vie), ainsi que Constance Labbé (Cat’s Eyes), Antoine Gouy (Lupin), Bruno Sanches (HPI), Saabo Baldé (En place), Hubert Delattre (Monsieur le Maire), Vincent Heneine (Super Mâles), Pablo Pauly (Patients, Jane Austen a gâché ma vie). Mais au final, pour quel résultat ?

On aime ?
Dès les origines du projet, la série a tout ce qu’il faut pour intéresser. En offrant une arène différente au classique polar à la Agatha Christie, elle promet de nous tenir en halène avec ce qui s’apparente à une sorte de « Ils étaient 10 » sur un porte avion.
Créée par l’un des plus brillants producteurs et créateurs de fictions de ces dernières années (Henri Debeurme) auquel on ajoute la patte si singulière d’un réalisateur comme Julien Despaux, Le Charles ne peut qu’être une bonne surprise. Surtout que à la manière du Crime de l’Orient-Express, elle offre une distribution impressionnante avec tout ce que la télévision compte d’acteurs et d’actrices talentueux (comme le plaisir de retrouver la si charismatique Elodie Yung à la tête d’une série).
Premier constat : Le Charles est une série somptueuse. Son décor fait certes une grande partie du travail mais il est magnifié par le talent de Julien Despaux qui donne une couleur si singulière à chacune de ses séries et que l’on reconnaît ici telle une signature imparable. Il sait aussi avec une intelligence certaine diriger chacun de ses acteurs-rices durant les 6 épisodes pour que toutes et tous aient ce qu’il convient à jouer et le faire bien. On les sent d’ailleurs tous engagés avec un réel plaisir dans un projet XXL si bien qu’ils acceptent de participer quelque soit la nature et la taille de la partition à jouer. C’est l’un des signes de la grande qualité du projet concerné.
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Deuxième constat : Le Charles offre à certains de ces acteurs des rôles vraiment à part dans la fiction française. On pense évidemment à Constance Labbé en pilote de chasse, à Elodie Yung qui partage le commandement de ce lieu hors norme. Et enfin à Alban Lenoir qui offre sans doute le personnage au spectre de jeu le plus large et que le comédien incarne avec beaucoup de sobriété.

Troisième constat : Le Charles offre un véritable choc des contrastes. De part la démesure de cette arène, le thriller s’y prête de manière redoutable. Les recoins et autres coursives offrent à un tueur un terrain de jeu des plus efficace. Pour le spectacle, cela permet d’installer un huis clos autant oppressant que démesuré par sa taille. Outre la menace intérieure – un tueur parmi l’équipage – la série fait monter la pression d’une manière tout aussi subtile. En cernant le lieu d’une possible menace extérieure croissante, on se retrouve littéralement à retenir son souffle tout du long de la série. C’est absolument saisissant !
Le Charles aurait sans doute dû faire des choix
Si ce mélange des genres a donner lieu à des idées vraiment très bonnes et bienvenues, on regrettera sans doute aussi que la série n’est pas opté pour choix radicaux plutôt qu’un entre deux. Si elle réussit à gérer cet entre deux on l’a vu, il a aussi par moment sans doute un peu affaiblit certaines parties.
Avec une telle distribution façon Crime de l’Orient Express, on aurait dû davantage s’amuser avec ce concept et sa distribution (comme le fait un peu plus d’ailleurs l’épisode 5 en jouant avec les interrogatoires et les flashbacks). On aurait ainsi pu découvrir des liens entre chaque victime et membres d’équipage et jouer à trouver le coupable. Dans un thriller de ce type, pour moins égarer le spectateur, il faut soit augmenter le nombre de victimes (pour augmenter le sentiment d’urgence à trouver le coupable) soit s’amuser du nombre de suspects possibles pour relancer en permanence l’intérêt. Ici, le thriller est entre-coupé soit des enjeux extérieurs (que l’on ne voit finalement que trop peu), soit par des sous intrigues certes efficaces (comme l’épisode 4 et le piratage du porte avion) mais qui là aussi éloignent le spectateur de l’enjeu central : qui est le tueur ?

Le Charles est visuellement une belle série, une proposition audacieuse, à cheval entre Agatha Christie et Top Gun, au casting prestigieux et qui montre que quand elle s’en donne les moyens, la fiction française se hisse au niveau de la concurrence étrangère. Ce n’est plus un souhait, c’est acté et on le constate de plus en plus. On le doit à toute cette nouvelle génération qui a éclot depuis une quinzaine d’année et que l’on retrouve à chaque poste de ce projet fou.