Le Paris SG est passé tout proche d’une énorme désillusion ce mardi soir en Ligue des champions, en s’inclinant sur la pelouse du Bayern Munich (1-3). Incapables de reproduire leur prestation du match aller, les hommes d’Unai Emery conservent malgré tout la première place de leur groupe… pour deux petits buts.

Le Paris Saint-Germain n’avait perdu aucun match depuis le début de saison. Il vient de s’incliner à deux reprises en l’espace de cinq jours. Défaits à la surprise générale samedi après-midi sur la pelouse de Strasbourg (1-2), les coéquipiers de Thiago Silva ont subi la loi du Bayern Münich mardi soir, en Ligue des Champions (1-3). Revanchard après la défaite cinglante du match aller (3-0) qui avait coûté la place de coach à Carlo Ancelotti, le club allemand a évolué un ton au dessus du PSG, globalement décevant.

Le match : les bons Français étaient allemands 

Alignés dans un 4-3-3 devenu habituel avec Adrien Rabiot au poste de sentinelle, et la triplette MCN (Mbappé, Cavani, Neymar) en attaque, les Parisiens ont traversé la première période comme une ombre. Tout le contraire d’une équipe bavaroise gonflée à bloc, et bien décidée à réaliser l’impossible exploit de s’imposer par quatre buts d’écart pour reprendre la tête du groupe B.

Avec trois Français dans ses rangs (Tolisso, Ribéry et Coman) le club allemand a rapidement fait la différence par l’intermédiaire de Robert Lewandowski (8e). C’est ensuite Corentin Tolisso – incroyable durant toute la rencontre – qui a permis au Bayern de creuser l’écart. L’ancien Lyonnais a profité des largesses de la défense parisienne et de la passivité de Layvin Kurzawa pour crucifier Alphonse Aréola d’un coup de tête imparable (37e). A la mi-temps, le PSG était méconnaissable. Et son adversaire du soir avait déjà réalisé la moitié du chemin en menant (2-0)

Probablement secoués par Unai Emery à la pause, les parisiens sont revenus sur la pelouse de l’Allianz Arena avec de bien meilleures intentions. Visiblement décidés à prouver à l’Europe que la victoire acquise au match aller n’était pas une erreur de parcours, Neymar and Co ont enfin affiché leur vrai visage. Revigoré, le PSG s’est montré bien plus conquérant et agressif dans les duels.

Problème, il n’a tenu ce rythme que vingt-cinq minutes, avant de s’écrouler à nouveau. Juste le temps pour Kylian Mbappé de réduire la marque sur un amour de passe d’Edinson Cavani (68e). Et puis plus rien, ou presque. De nouveau secoués par la vitesse des accélérations bavaroises, les hommes d’Unai Emery se sont fait punir une troisième fois sur une frappe de Corentin Tolisso (3-1). Le Français a d’ailleurs été élu homme du match mardi soir. Un scénario logique et une victoire méritée pour le Bayern Münich, tant la supériorité allemande est apparue évidente.

L’analyse : sans absents, le Bayern a affiché sa supériorité

Certes, le Paris Saint-Germain n’a pas tout perdu lors de cette ultime journée de la phase de poules. L’objectif initial est rempli et la première place du groupe acquise. Toutefois, la manière laisse à désirer. Cette défaite – somme toute logique – rappelle aux Parisiens la facilité avec laquelle ils avaient laissé le FC Barcelone revenir à (6-1) en mars dernier. Une « remontada » historiquement honteuse, qui plane encore comme une épée de Damoclès au dessus du club de la capitale. A ce titre, le PSG avait justement besoin de cette double confrontation face au Bayern Münich pour se rassurer, et regagner en crédibilité auprès des grandes écuries européennes.

Comme chacun s’en souvient, le match aller avait donné lieu à une rencontre à sens unique (3-0). Une démonstration du PSG qui n’avait pas eu de réelle opposition. Et pour cause : le club bavarois s’était rendu à Paris amputé de ses meilleurs atouts. Franck Ribéry, David Alaba, Mats Hummels, Jérome Boateng, et Manuel Neuer manquaient à l’appel au Parc des princes. Autant d’éléments indispensables à l’effectif allemand, qui ambitionne de remporter une nouvelle Ligue des Champions après celle de 2013.

Il semblait donc logique de s’attendre à une rencontre plus équilibrée à Münich, en sachant qu’Uni Emery et Jupp Heynckes présentaient quasiment leur équipe type. Alors quels enseignements tirés de la victoire du Bayern (3-1) ? Le premier est simple : avec son effectif au complet, ce Bayern là apparait comme évidemment supérieur au Paris Saint-Germain de Neymar, Mbappé et Cavani. Si l’on excepte Manuel Neuer – absent mardi mais très bien remplacé par Sven Ulreich – l’effectif bavarois n’a rien à envier aux milliards parisiens. Qu’ils s’appellent Kimmich, James, Süle ou Alaba, tous ces joueurs ont joué à leur niveau. Un niveau européen. 

Quid du futur champion ?

Non, les hommes d’Unai Emery n’ont pas été mauvais mardi soir. Ils ont eu le mérite d’essayer, de créer du jeu et de se ressaisir après la pause. Malgré cela la supériorité bavaroise s’est avérée criante. Pour la première fois depuis sa double confrontation contre le Barça, le club de la capitale a trouvé à qui parler, et a été dominé.

Porté par un trio français Ribéry – Coman – Tolisso en feu et par un Robert Lewandowski efficace, le Bayern n’a finalement pas eu à forcer son talent. Tout le contraire d’une équipe parisienne en manque de réalisme, et qui n’a pas su tirer profit de ses individualités. Le constat est clair, pour un prétendant au titre, c’est insuffisant. Le futur club champion d’Europe était peut- être sur la pelouse mardi soir, mais une chose est sûre, il n’était pas français.

 

Emilien DIAZ