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De Valérian à Astérix 5 adaptations de BD françaises au cinéma

Ce mercredi sort SEULS, adaptation d’une BD française à succès sur grand écran. Retour en 5 films sur des passages réussis (ou prometteurs) du papier au grand écran.

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Valérian et la Cité des Mille Planètes

Luc Besson ne s’en est jamais caché, il est un grand fan de la série d’album cultes Valerian et Laureline, écrite par Pierre Christin et dessinée par Jean-Claude Mézières depuis la fin des années 60. L’influence sur le cinéma de science-fiction de cette saga est telle, que Will Eisner, théoricien de la bande dessinée et légende de cet art, qui donna son nom aux Oscars de la profession, les Eisner Awards, dira de Christin et Mézières qu’ils sont “l’une des plus grandes influences qu’ait subie le cinéma américain en matière de science-fiction”. Conan le Barbare, Dark City, l’excellent Moon, Pitch Black et sa suite Les Chroniques de Riddick, Avatar ou encore et surtout toute la saga Star Wars (dont les références à Valerian sont légion), tous ont une dette envers la BD des deux artistes français, assumée ou non. Besson lui-même avait embauché Mézières (et Moebius, autre dieu de la BD française) pour travailler sur le design du 5e Element, dont le scénario sera fortement influencé par le 15e album de Valerian, les Cercles du Pouvoir, paru en 1994.

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Ce 26 juillet, Besson rendra donc l’hommage ultime à l’un de ses héros favoris, en portant sur grand écran une aventure originale (bien qu’inspirée de plusieurs albums de la série ) de Valérian (Dane de Haan) et de sa compagne Laureline (Cara Delevingne), agents spatio-temporel en mission dans l’immense Cité des Milles Planètes. Après des premières images (toujours exclusives) accueillies triomphalement par le public du Comic-Con l’an dernier, la première bande-annonce sortie il y a quelques mois a montré que l’esprit de la bande dessinée semblait être respecté. Espérons que le public sera au rendez-vous : avec un budget estimé à 200 millions de dollars (sans compter les frais de marketing), Besson n’a pas le droit à l’erreur, sans quoi l’avenir d’Europa Corp, son studio de production, pourrait être compromis..

Astérix et Obelix : Mission Cléopâtre

Les adaptations de BD francophones (française ou belge en général) sur grand écran ont été très nombreuses ces 15 dernières années. Malheureusement, les films se sont souvent contenté de platement traduire la 2D fixe en 3 dimensions jouée par des acteurs, sans chercher à apporter ce petit truc en plus qui fait d’un film une œuvre à part entière, et non un simple objet commercial opportuniste. Boule et Bill, le Petit Nicolas, Benoît Brisefer, Lucky Luke, Largo Winch ou encore Michel Vaillant sont autant d’exemples d’œuvres dont l’adaptation s’est faite sans risque, probablement en respectant l’esprit de la BD, mais sans le transcender et en faire un véritable objet filmique réussi.

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Ce reproche, on ne peut pas le faire à Alain Chabat lorsqu’il a porté à l’écran les aventures d’Asterix et Obelix. Fan des personnages d’Uderzo et de Goscinny depuis toujours, celui qui hésita un temps à se lancer dans une carrière de dessinateur a parfaitement saisi le challenge que peut représenter l’adaptation à l’écran d’une œuvre culte, lue par des millions d’enfants (et d’adultes) tout en parvenant à y insuffler sa propre marque. Et c’est un défi relevé haut la main par l’ex Nuls, qui offre aux Français il y a 15 ans presque jour pour jour Asterix et Obelix : Mission Cléopâtre ! Après un premier épisode mollasson réalisé par Claude Zidi (qui attirera tout de même presque 9 millions de spectateurs), Chabat provoque un tsunami dans les salles, grâce, aussi, à la quasi intégralité du cinéma français présent devant la caméra. Large champion du box-office national en 2002 devant un Harry Potter et un Seigneur des Anneaux, le film frôle les 15 millions d’entrées. Sa grande force, c’est de ne pas avoir cherché à reproduire à tout prix l’humour, décapant, de l’œuvre d’origine, mais de l’avoir fusionné avec celui de son auteur (Chabat a écrit le film). Humour des Nuls, humour Canal, humour d’une nouvelle génération de comiques, Jamel Debbouze en tête, Mission Cléopâtre parvient à redonner un furieux coup de jeune à une franchise née en 1959, et marquera durablement toute une génération. Très ancré dans son époque, le film a aujourd’hui un peu vieilli, mais reste tout de même bien au-dessus du 3e volet, sorte de bouillie industrielle marketée par Thomas Langmann (le fils de Claude Berri, qui avait produit les deux premiers) pour le marché international. Préférez-y donc la version Chabat, qui réitérera l’exercice 10 ans après, avec moins de succès, dans l’adaptation des aventures du Marsupilami au cinéma.

Persepolis

En 2007, Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud remportent le Prix du Jury au festival de Cannes pour l’adaptation animée de Persepolis, la bande dessinée autobiographique de la réalisatrice. S’en suivront 2 César, une nomination à l’Oscar du meilleur film étranger, une tripotée d’autres récompenses et une petite brouille avec le gouvernement Iranien, évidemment pas ravi qu’une œuvre racontant les limites de la révolution Islamique de 1979 ait autant de succès. En effet, la bande dessinée d’origine retrace le parcours de Marjane Satrapi, de l’Iran où elle nait en 1979 à son choix de suivre un parcours artistique en Europe à la fin des années 80. Avec un noir et blanc épuré, un trait arrondi mais sûr, le visuel est simple mais prenant, notamment parce qu’il ne cherche pas à provoquer l’émotion. Celle-ci vient naturellement, au fil d’un scénario qui retrace avec humour et justesse un parcours de vie particulier, dans lequel se retrouveront tous ceux qui vivent un déracinement culturel. Suite à ce double succès, Marjane Satrapi se lancera dans une carrière de réalisatrice atypique, adaptant quelques années après une autre de ses œuvres, Poulet aux Prunes (Fauve d’Or, prix du Meilleur Album, à Angoulême en 2004), et réalisant l’un des films les plus barrés de ces dernières années, l’excellent The Voices, où Ryan Reynolds montre toute l’étendue de son talent comique. En bande dessinée, elle ouvrira la voix à une autre œuvre extrêmement populaire de ces dernières années et au thème relativement proche, la série autobiographique l’Arabe du Futur de Riad Sattouf.

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Les Beaux Gosses

Riad Sattouf, justement, est un autre dessinateur rapidement passé derrière la caméra pour adapter l’une de ses œuvres. Pendant 9 ans il œuvre dans les pages de Charlie Hebdo, avec ses comic strip la Vie Secrète des Jeunes, fruit hilarant de ses observations des jeunes, à base de langage texto et d’effets de groupe absurdes. Il publiera dans la même lignée Retour au Collège en 2005, revenant sur ses propres traumatismes scolaires avec un humour décapant et un sens de l’observation toujours affuté. La Vie Secrète des Jeunes et Retour au Collège seront les deux principales inspirations pour son premier film, Les Beaux Gosses, film hilarant et incroyablement juste sur les années collèges, sorti en 2009. L’association entre le scénario très malin de Sattouf, sa réalisation jamais grossière, alors que certaines scènes auraient pu mener au drame, et la révélation de Vincent Lacoste, l’acteur principal à la nonchalance toute Droopyenne font de ce premier film un immanquable sur le sujet. Nommé 3 fois au César, il remportera celui de la meilleure première œuvre, récompense largement méritée. Sattouf continuera sa carrière derrière la caméra avec le passionnant mais très étrange Jacky au Royaume des Filles, au succès beaucoup plus limité lors de sa sortie.

Quai d’Orsay

En 2013, le grand Bertrand Tavernier adapte Quai d’Orsay, la bande dessinée à succès de Christophe Blain et d’Abel Lanzac, revenant sur l’expérience de ce dernier sous son vrai nom, Antonin Beaudry, au Ministère des Affaires Etrangères de 2002 à 2004, sous les ordres du ministre Dominique de Villepin. Ouvrage très drôle et, d’après l’avis de beaucoup, particulièrement réaliste, nous montre de l’intérieur le fonctionnement du Quai d’Orsay (surnom du ministère), entre les collaborateurs épuisés par de longues et techniques tractations, le personnage principal, Arthur Vlaminck, jeune diplômé de l’ENA en charge d’écrire les discours du Ministre, et ce dernier, Alexandre Taillard de Worms, virevoltant et grandiloquent personnage. C’est pour son aspect making-of de la diplomatie Française que le film vaut surtout la peine d’être vu, où brillent les acteurs principaux Raphael Personnaz, Thierry Lhermitte et surtout Niels Arestrup, excellent directeur de cabinet qui verra son interprétation récompensée d’un César. Le second tome de la bande dessinée, sortie l’année d’après, remportera d’ailleurs le Fauve d’Or au Festival d’Angoulême.

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