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Bite Fighter, un porno écolo

Trois hommes blancs cisgenres musculeux avec des énormes sexe moulés par leur pantalon

La maison d’édition Les requins marteaux nous a gracié d’une nouvelle BD dans sa collection BD CUL en début d’année. Bite Fighter d’Olivier Texier est un porno homosexuel sur fond écologique autour de combats de rue, et ça déchire.

Le style graphique rappelle les comics US des années 70, une modalité d’autant plus pertinente et jouissive qui nous permet de voir du cul dans un classicisme du dessin qui correspond à une période où les communautés homosexuelles ne sont pas représentées en BD. Ainsi, l’homosexualité pare la masculinité militarisée des hommes blancs cisgenres des comics auxquels se réfère Olivier Texier. La BD se réfère aussi au jeu Pit Fighter, mais on en parlera pas ici (vidéo en fin d’article). 

Pour introduire le lore, dans les Etats-Unis post-industriels les personnages principaux ont adopté l’agriculture auto-suffisante et un mode de vie avec une empreinte énergétique de zéro. La nuit, la ville est divisée en districts où sont organisés des combats de rue. 

Rappelons que le porno et l’écologie avaient déjà été liés par exemple avec l’association berlinoise Fuck For Forest, fondée en 2004, qui reverse la majorité du prix d’accès au contenu pornographique vidéo de son site à la préservation des forêts tropicales du Costa Rica et du Brésil.

Un porno bio, équitable, recyclable et renouvelable

Contrairement aux membres de Fuck For Forest, les persos de Bite Fighter ne sont pas poursuivis juridiquement pour pratiquer le sexe en public. A l’évidence, le sexe est une activité admirée en tout lieu, voire sacralisée là où est désirée une forme d’osmose avec l’autre. Aussi, l’œuvre propose une meilleure répartition des ressources énergétiques et charnelles; du sexe et de l’énergie pour tous ! Le couple est invité à s’affranchir de la jalousie et même de la possessivité charnelle en général: “La possessivité, voilà ce qui a détruit notre monde ! Voilà l’origine des conflits et de la haine !”. On retrouve encore un motif proscrit pour les protagonistes des comics des 70s, avec cette maxime d’héritage marxiste qui propose de partager la ressource sexuelle. De même, le geste de polluer n’est associé qu’aux antagonistes qui (horreur !) utilisent des énergies fossiles !

Pour parler de l’acte sexuel lui-même, les ébats sont généreusement détaillés, avec amour et attention pour les gestes du corps. Le sexe est un mode d’expression physique d’une intention de partage ou d’amour. Les personnages aiment le sexe et il y est dépeint, comme on l’aime, avec franchise et sensibilité.

Ecoporn ? Pornolo ?

Le sexe, au même titre que l’écologie, rapproche de la nature et rapproche de l’Autre (l’autre au sens sartrien général). Ces deux éléments sont pensés d’un même élan de façon humaniste ; l’amour de l’Homme (exceptionnellement, un “h” minuscule convient aussi), et l’amour de la nature marchent de concert vers la pratique sexuelle. De même, les deux éléments textuels et graphiques introduisent respectivement l’écologie et la pornographie pour se mélanger (*insérer métaphore sexuelle ici*) et ne former qu’une entité: la BD d’Olivier Texier.

PS: + 1 pour le relief sur la couverture qui annonce qu’on est pas venus ici pour être là.

BD signée Olivier Texier, Bite Fighter est éditée chez Les Requins Marteaux dans la collection BD CUL.

About author

Étudiante en Master 2 de recherche en cinéma et audiovisuel à Paris 3 ! Travaille sur les Monkey Island de LucasArts
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