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Burnout : une problématique toujours plus urgente

Burnout, voilà un terme qui revient de plus en plus souvent quand on parle de maladie du travail. Pourtant le terme reste flou et on ne sait pas vraiment quels en sont les symptômes. La problématique devient néanmoins toujours plus urgente en même temps que le nombre de victime de la maladie augmente.

Le burnout c’est le syndrome d’épuisement professionnel et on l’entend pour la première fois dans un article de Harold B. Bradley en 1969. Il sera ensuite repris par la psychanalyse avant de devenir l’objet de recherche plus poussés. De manière assez générale on peut le définir comme un mal-être physique et/ou mental lié à une situation professionnelle. Bien sur le burnout ne nait pas en 1969 et le surmenage au travail existait bien avant. Alors pourquoi ce terme est-il apparu, que désigne-t-il plus précisément, comment est-il reconnu et quelle est la responsabilité de nos employeurs vis-à-vis de cette maladie ?

  • Comment reconnaître les symptômes ?

Maladie serait bien le terme adapté quand on s’intéresse aux symptômes. Premier point important, l’épuisement professionnel s’attaque à tout individu peu importe sa profession. Il peut tout aussi bien être cadre, salarié, indépendant, travailler dans le public ou dans le privé … Bref, personne n’est à l’abris. Trouble du sommeil, difficulté à se concentrer, variation de poids, problème de peau et cardiaques, détérioration du rapport aux autres, sentiment d’inefficacité, déni, comportement à risque … les signes sont nombreux. Bien entendu, un de ces symptômes ne signifie pas burnout. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle celui-ci est souvent mal identifié par les proches tout comme la personne concernée. Le burnout est très souvent synonyme d’arrêt maladie de longue durée et d’impossibilité de reprendre le travail. Même après rétablissement, les victimes se voient souvent obliger de changer de lieu de travail.

  • Une reconnaissance qui tarde à venir

Aujourd’hui, le burnout revient de plus en plus souvent quand on parle de travail, de conditions de travail. Il existe d’ailleurs un test, Le Malash Burn Out Inventory (MBI), conçu en 1981 par des chercheurs américains et validé au niveau international. Il permet de mesurer, séparément, le degré “d’épuisement émotionnel”, de “dépersonnalisation” et d'”accomplissement personnel” au sein de son activité professionnelle.

Et pourtant, aujourd’hui le burnout n’est toujours pas reconnu comme une maladie du travail. Si, des projets de lois ont été déposé notamment en 2016 par Benoit Hamon ou encore par La France Insoumise en 2018, la reconnaissance tarde à devenir officielle. Concrètement cela signifie que le burnout n’est toujours pas inscrit dans le tableau des maladies professionnelles.  En conséquence, vous ne pouvez pas demander d’aide dans la prise en charge de votre guérison.

  • Alors que faire ?

Ceci nous amène tout de même à nous interroger sur la responsabilité des employeurs. Si le Code du Travail n’évolue pas, les tribunaux ont tout de même permis une avancée dans ce domaine. L’employeur est débiteur d’une obligation de sécurité, qui est une obligation de résultat. Cette obligation lui impose de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

En conséquence, la loi prévoit qu’il doit mettre en œuvre des mesures préventives telles que : éviter les risques et les combattre à la source, adapter le travail à l’homme, en particulier en ce qui concerne les méthodes de travail, tenir compte de l’évolution de la technique…

La jurisprudence prévoit ainsi une protection du salarié victime de burnout fondée principalement sur cette obligation de sécurité. La cour de Cassation est de plus en plus attentive au respect de cette obligation de sécurité. Elle protège désormais le salarié en arrêt maladie prolongé en raison d’un manquement de l’employeur lié à la surcharge de travail.

  • Quelle responsabilité pour nos employeurs  ?

D’ailleurs de plus en plus d’entreprises comment à s’intéresser au problème. Se mettent ainsi en place des formations apprenant à identifier mais surtout à prévenir le burnout. Enjeu d’autant plus crucial pour les entreprises, que la maladie est à l’origine de perte financières plus qu’importante en engendrant à la fois absentéisme et perte d’efficacité. Le coût social du stress professionnel en 2007 s’élevait à minima entre 2 à 3 milliards d’euros. Ces chiffres incluent les dépenses de soins, celles dues à l’absentéisme, aux cessations d’activité et aux décès prématurés. En 2014, le cabinet Technologia estime que 3,2 millions d’actifs sont en risque élevé de burn-out.

  • Mais alors d’où vient le burnout ?

Mais alors qu’est ce qui explique l’apparition de cette maladie très récente ? En effet, le terme de burnout apparait pour la première fois à la fin des années 60. Nell van de Ligt est experte en stress et burnout, fondatrice de la société Ligpunt qui forme les supérieurs désireux d’éviter les burnout de ces collaborateurs. Elle voit trois changements majeurs dans la société pouvant expliquer ce phénomène. Ces 40 dernières années nous sommes passés d’un travail manuel à un travail intellectuel ou nous sommes plus amenés à piloter qu’à exécuter. Combiné à une charge de travail qui augmente considérablement socialement, émotionnellement et intellectuellement, le travail est plus intensif. Il fait de plus en plus appel à l’individu sur le plan personnel, effaçant la dissociation entre travail et vie privée. L’attente d’une implication totale, même après les heures de travail renforce ce phénomène.

Alors vous l’aurez compris, le burnout n’est pas encore reconnu comme une maladie professionnelle mais il existe tout de même des moyens d’actions à la fois pour prévenir la maladie mais aussi en guérir.

lien vers un rapport de l’INRS ici

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