Mardi, cent femmes dont Catherine Deneuve défendaient dans le journal « Le Monde », « une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle » de la part des hommes. Mercredi, Caroline de Haas et une trentaine de militantes et militants féministes, contrecarraient leurs arguments dans une autre tribune publiée sur Franceinfo. Puis le débat franco-français s’est déplacé hors des frontières de l’hexagone. Quels ont donc été les réactions à cette tribune à l’étranger ?

Deneuve, Deneuve, Deneuve

La presse étrangère est unanime sur un fait, il n’est pas étonnant de voir Catherine Deneuve signer ce genre de tribune. En effet, il rappelle que l’actrice s’est faite connaître dans le film « Belle de jour » de Louis Buñel dans lequel elle incarne une jeune femme, si insatisfaite sur le plan sexuel, qu’elle va travailler dans un « bordel ».

De même, de nombreux journaux étrangers rappellent la polémique qu’avait déclenchée la comédienne française en mars dernier à propos de Roman Polanski. Elle avait à l’époque pris la défense du cinéaste -accusé de viol sur mineur depuis 1977 – sur le plateau de Quotidien.

Ce jour là, « la grande dame du cinéma français » avait réagit à la polémique quant à la nomination de Roman Polanski pour présider les Césars / Crédits : TF1

Pourtant le quotidien Italien « La Repubblica » publit la réaction de Samantha Geimer, la jeune femme qui accusait Roman Polanski de l’avoir violée . Cette dernière soutient Catherine Deneuve dans sa démarche.

Au contraire, l’actrice et réalisatrice italienne Asia Argento, figure du mouvement Time’s up aux Etats Unis, a critiqué violemment l’actrice française, « lobotomisée » selon elle.

La France , l’endroit de tous les possibles

De nombreux journaux, ont pointé le fait que ce débat ne pouvait avoir lieu qu’en France.

Le quotidien « Die Welt » le justifie par « la culture et la littérature »  française qui « se caractérise par le libertinage, la galanterie et la sexualité libre ». 

Le quotidien américain « The Atlantic » avance l’idée qu’en France « si vous donnez des noms, vous avez plus de chances d’être accusée de ‘collabo’ ou de ‘traître’.” Le journal met en perspective cette idée avec la mentalité des femmes anglo-saxonnes pour qui le fait « de ne pas être seule est source de réconfort et le fait de s’exprimer fait naître un sentiment de solidarité. »

Enfin, la BBC anglaise explique que la polémique témoigne d’un conflit générationnel entre les féministes  plus âgées « qui voient dans #MeToo une menace pour la libération sexuelle obtenue dans les années 1960 » et les plus jeunes pour qui « la lutte contre le harcèlement sexuel constitue la dernière étape dans le combat des droits de femmes ».

Dans tous les cas, cette tribune n’a pas finit de faire couler de l’encre.

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