Alors que l’industrie automobile s’enfonce dans une course aux technologies et aux options, affichant des prix de plus en plus exorbitants, Stellantis annonce la possibilité d’une relance de la Citroën 2 CV en version électrique. Derrière les rumeurs d’une « Deudeuche 2.0 », se cache un projet de taille : remettre au goût du jours cette voiture iconique.
Après la R4 et la R5 chez Renault, ou la 500 et la Panda chez Fiat, c’est apparemment au tour de Citroën de voir ses succès revisités. En effet, Stellantis, la maison mère de Citroën, a annoncé ce mardi 19 mai qu’elle envisage bel et bien de relancer la « Deudeuche », familière à tant de Français. Entre nostalgie, et sobriété énergétique, on vous dit ce que l’on sait sur ce projet.
L’héritage
En 1948, le patron de Citroën, Pierre Boulanger lançait la Citroën 2 CV (« deux chevaux ») avec un cahier des charges resté légendaire : quatre places, une consommation qui ne dépasse jamais vraiment les 4 ou 5 litres aux 100 km, la promesse de pouvoir transporter 50 kg de bagages à une vitesse de pointe qui pouvait s’élever jusqu’à 60 km/h (pour l’époque, c’était énorme !). Le tout pour le prix d’une poignée de salaires ouvriers. À ces caractéristiques révolutionnaires pour leur temps, s’ajouterait aujourd’hui l’électricité.
Près de 80 ans après la sortie de sa célèbre Citroën 2 CV, la « Toute Petite Voiture » (TPV) s’apprête à faire son grand retour. Chez Citroën, l’idée d’un modèle ultra-accessible, déjà surnommé « Deudeuche 2.0 » et qui fera probablement partie du « projet E-Car », réjouit le public.
Pourquoi maintenant ?
Dans les années 2010, les normes de sécurité européennes deviennent si strictes et coûteuses qu’intégrer électronique et équipements nécessaires aux petites voitures (type Citroën C1 ou Peugeot 108) coûtaient trop cher aux constructeurs. Ces modèles ne permettaient plus de faire assez de bénéfices et ont donc été mis au placard.
Néanmoins, dernièrement, une décision qui concerne l’Union Européenne a été prise à Bruxelles. En 2025, à la suite d’une pression de la part des constructeurs, le Parlement a finalement créé une sous-catégorie de voitures spéciale. La M1E, catégorie réservée aux véhicules électriques et de moins de 4,20 mètres, garantit aux constructeurs une stabilité de la réglementation de dix ans. Il faut également que les véhicules soient produits en Europe pour appartenir à cette catégorie. Cette stabilité garantit en fait aux constructeurs que les lois ne changeront pas pour eux pendant dix ans.
Il est aussi intéressant de noter que ces petites voitures électriques émettent peu de CO2 en comparaison de leurs équivalents thermiques, ce qui peut permettre aux constructeurs d’atteindre des quotas, et d’éviter des amendes…
Le « projet E-Car »
Le « projet E-Car » est le nom du programme officiel lancé par le groupe Stellantis pour concevoir et produire une toute nouvelle génération de petites voitures électriques abordables. Inspiré du concept des « kei cars » japonaises, ce projet s’appuie directement sur la nouvelle réglementation européenne « M1E » pour redynamiser le segment des mini-citadines.
La production de ces véhicules devrait débuter en 2028 dans l’usine de Pomigliano en Italie. Si Stellantis prévoit de décliner ce projet sous plusieurs de ses marques pour recréer des voitures populaires historiques, ce sont bien Citroën et Fiat (avec une petite Panda électrique) qui se disputent la priorité sur ce projet.
En résumé : ce que l’on attend
La Deudeuche 2.0 est un projet audacieux. Citroën s’apprêterait avec cette relance à ressusciter l’un des modèles phares de la marque en l’adaptant aux enjeux contemporains. Autant du côté de l’énergie avec un passage à l’électrique, que du côté du prix avec son budget estimé inférieur à 15 000 €, la nouvelle Deux chevaux promet de réjouir les conducteurs avec des petits budgets qui souhaitent tout de même passer à l’électrique.