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C’est quoi “La Rafle”, ce film important disponible sur Netflix ?

Réalisé en 2010, le film « La Rafle », racontant l’une des histoires les plus tragiques sous l’Occupation, est disponible sur Netflix depuis le 16 juillet. On vous raconte.

La rafle : Le Pitch

Réalisé par Roselyne Bosch, porté par Mélanie Laurent, Jean Reno et Gad Elmaleh, ce film raconte l’histoire du jeune Joseph, 11 ans, dans le Paris occupé de 1942. En ce mois de juin, Jo doit porter l’étoile jaune pour aller à l’école. Entre la gentillesse d’un voisin brocanteur et l’impolitesse d’une boulangère, lui, ses amis et leurs familles essaient de vivre normalement sur la Butte Montmartre. Ils se croient à l’abri, mais le 16 juillet 1942, tout bascule. Ce film retrace alors le drame de la rafle du Vel’ d’Hiv.

C’est quoi la rafle du Vel’ d’Hiv ?

Les 16 et 17 juillet 1942, plus de 13 152 personnes juives, dont 4 051 enfants et 5 801 femmes sont arrêtées à Paris et en banlieue par la police et la gendarmerie françaises sous les ordres du gouvernement de Vichy. Environ 8 160 victimes ont été entassées pendant 5 jours au Vélodrome d’Hiver, un stade couvert du 15e arrondissement, sans eau potable, avec très peu de nourriture et dans des conditions sanitaires désastreuses. Les familles ont ensuite été transférées vers des camps du Loiret comme Beaune-la-Rolande ou vers le camp de Drancy, avant d’être déportées vers Auschwitz par 15 convoi différents. Aucun des 4 051 enfants raflés n’est revenu vivant. Cet événement tragique reste aujourd’hui l’un des symboles les plus sombres de la Shoah en France.

La Rafle : une rupture avec le mythe de « résistantialiste »

Pendant des décennies, la France a mis en valeur, à travers un discours officiel idéalisant le fait que la nation aurait été massivement résistante, une image bien éloignée de la réalité, alors même qu’elle traversait l’une des périodes les plus sombres de son histoire. Bien que le discours du président Jacques Chirac en 1995 ait reconnu la responsabilité de l’État français dans la déportation des Juifs, les films ont entretenu le mythe en montrant une France héroïque et unie dans la Résistance, et omettant de mettre directement en scène la complicité de la police de Vichy avec le IIIème Reich.

« Monsieur Klein et Le Guichet du Louvre étaient des tentatives qui ne cherchaient pas à raconter frontalement les événements. Surtout, ces films n’allaient pas jusqu’à montrer les camps français, comme celui de Beaune-la-Roland (…) Cela me perturbait, je ne comprenais pas pourquoi cela n’avait jamais été fait, tout en me disant que c’était peut-être tout simplement infaisable, qu’on ne pouvait pas raconter une telle histoire », a confié la réalisatrice Roselyne Boch.

Roselyne Boch sur le tournage du film La Rafle

Un point de vu immersif

Roselyne Bosch a voulu placer la caméra à hauteur d’enfant. L’objectif était de rendre le drame compréhensible et émotionnellement frappant pour le grand public, tout en reconstituant rigoureusement les décors, notamment en reconstituant une partie du Vélodrome d’Hiver.

« Je voulais que ce soit raconté à travers les enfants et que cet enfant me conduise de la rafle jusqu’au camp de Beaune-la-Rolande. J’avais beaucoup de difficulté à trouver ce type d’enfant. Pour moi il était évident que ce petit Joseph soit le vecteur, le messager à travers lequel j’allais pouvoir raconter l’ histoire de tous ces gosses, de ces 4000 enfants, qui ont disparu dans cette tourmente. » a avoué la réalisatrice.

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