Alors qu’aujourd’hui les Etats-Unis n’ont jamais été aussi fracturés sous la présidence de Trump, c’est dans ce contexte que le pays s’apprête à fêter les 250 ans de sa proclamation d’indépendance, retour sur la guerre d’indépendance des Etats-Unis, époque dans laquelle les 13 colonies d’Amérique se sont révoltées face à l’occupation anglaise.
Les origines des 13 colonies
Avant les 13 colonies, c’était quoi ?
A la suite de la découverte des Amériques par les européens en 1492, des expéditions sont organisées pour continuer d’explorer ces régions mystérieuses du Nouveau Monde. Elles comptent principalement des Espagnols et des Français, dans un premier temps, suivis de près par les Anglais , les Portugais, les Suédois, les Néerlandais et les Italiens.
Après ces expéditions menées par les puissances européennes en 1493, l’une des premières colonies européennes permanentes, St Augustine, est construite en Floride en 1595 par les Espagnols, après d’importants combats avec les peuples autochtones. En s’installant de manière permanante, les puissances européennes ont pour objectif de découvrir de nouvelles richesses, en évangélisant en parralèle les communautés rencontrées.
En 1607, les Anglais, menés par John Smith, batisent Jamestown sur les côtes de la Virginie actuelle.
En 1620, un groupe de puritains fuit l’Angleterre et met les voiles pour la Nouvelle-Angleterre. En effet, ce groupe étant en profond désaccord avec la direction que prenait l’Église d’Angleterre, désirait purifier et réformer l’Église d’Angleterre du catholicisme. Ces protestants anglais sont arrivés au Massachusetts, où ils ont créé Plymouth.
Les Britanniques s’implantent ainsi sur ces terres qui deviennent bientôt la Nouvelle-Angleterre.
C’est au tour des Néerlandais, en 1626, de bâtir la Nouvelle-Amsterdam, dans la région qui deviendra plus tard New York en 1664.
S’ensuivent de nombreuses vagues migratoires de citoyens européens qui souhaitent participer à ce pan de l’histoire et commencer une nouvelle vie.
Pourquoi ont-elles été créées ?
En 105 ans, l’Angleterre a fondé 13 colonies sur la côte atlantique de l’Amérique par des particuliers ou des compagnies privées qui avaient reçu une autorisation du roi d’Angleterre.
Les raisons de la création des 13 colines sont multiples. D’abord, pour des motivations économiques incluant la recherche de ressources rentables et d’opportunités commerciales, comme on le voit dans des colonies comme la Virginie, créée pour la culture du tabac. Puis pour la liberté religieuse qui a joué un rôle crucial dans la fondation de colonies comme le Massachusetts, fondé par des puritains.
Fondé par des puritains cherchant refuge contre les persécutions religieuses en Angleterre, et la Pennsylvanie, établie par William Penn comme refuge pour les Quakers.
De plus, certaines colonies comme la Géorgie ont été créées à titre d’expériences sociales ou comme tampons contre les territoires espagnols. Au fil du temps, ces colonies ont développé leurs propres identités et structures sociales. Cependant, elles étaient liées aux objectifs économiques et politiques de l’expansion et de l’influence britannique dans le Nouveau Monde.
4 juillet 1776, la Déclaration d’indépendance américaine | Quand l’histoire fait dates | ARTE
Comment l’Empire Britannique a-il pu acquérir ces terres ?
Le traité de Paris de 1763 met fin à la guerre de 7 ans entre la Grande-Bretagne vainqueur et la France vaincue. Ainsi, la domination anglaise se consolide sur le nord de l’Amérique du nord. La France est alors contrainte de céder ses territoires nord-américains à l’Angleterre.
Les raisons de la colère des colons
Des conflits politiques mettent le feu aux poudres entre les colonies et la métropole.
Le Stamp Act
En mars 1765 le Parlement britannique impose aux 13 colonies américaines le premier impôt direct : le “Stamp Act” (acte du timbre). Les colons sont, par conséquent, contraints de payer une taxe sur tous les documents imprimés comme les journeaux, les documents juridiques, les magazines ou encore les cartes à jouer.
Le Tea Time
A Boston en 1773, les colons détruisent une cargaison de thé, créant une émeute en guise de réaction contre la politique fiscale anglaise mettant ainsi toute la région sous administration militaire britannique. Par conséquent, les anglais mettent en vigueur des lois punitives déstinées à punir Boston après le Boston Tea Party.
La proclamation du roi accroît la crise
De plus, en 1763, le Roi George III interdit l’installation à l’ouest des Appalaches afin de préserver la paix avec les amérindiens ce qui agace fortement les colons américains.
The Patriot, le chemin de la liberté (2000) – Bande annonce
Le déclenchement de la guerre d’indépendance
Dans leur quête de liberté, les colons décident de prendre les armes. Les premiers affrontements armés ont lieu en avril 1775, ce qui marque le début de la guerre de l’indépendance.
Au fil du temps, le conflit s’amplifie pour devenir une véritable guerre civile et internationale. En effet, dans ce conflit, une puissance étrangère décide de soutenir la liberté des colons : la France.
La naissance des Etats-Unis
C’est le 4 juillet 1776 que les représentants des 13 colonies votent la Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique. Cette proclamation est un acte politique et symbolique puisque à cette époque, la Grande Bretagne ne reconnaissait pas encore les Etats-Unis comme état indépendant.
Enfin, après huit années de guerre, les anglais vaincus et contraints d’abdiquer, signent en 1783 le Traité de Paris permettant la reconnaissance des Etats-Unis.
Après la guerre d’indépendance
Après la ratification du traité de Paris, les États-Unis se sont retrouvés fragilisés. En effet, le pays était gouverné par les articles de la Confédération, adoptés en 1781, qui créaient une union très floue entre les 13 Etats. Ce système avait de nombreuses faiblesses puisque le Congrès ne pouvait pas lever d’impôts directement, il ne possédait pas de pouvoir exécutif central, il n’avait pas d’armée nationale permanente et pour finir les dettes de guerre étaient énormes et non remboursées.
L’expansion des territoires des Etats-Unis au nord-ouest
Le 3 juillet 1787, le Congrès adopte l’Ordonnance du Nord-Ouest, de son nom complet : “une ordonnance pour le gouvernement des territoires des États-Unis au nord-ouest de la rivière Ohio.”
La crise et la Convention de Philadelphie (1787)
En 1786, le gouvernement montre qu’il est trop faible pour maintenir l’ordre à la suite de la rébellion des agriculteurs de Shays endettés dans le Massachusetts.
Après cette révolte, les délégués des États se sont réunis à Philadelphie en 1787 pour réviser les Articles et ont fini par rédiger une toute nouvelle Constitution, qui a alors créé un gouvernement fédéral beaucoup plus fort, avec trois pouvoirs séparés : exécutif, législatif, judiciaire.
La constitution est ratifiée en 1789. Ainsi, Georges Washington devient le premier président des Etats-Unis, incarnant l’unité et son prestige militaire durant la guerre.
Avec les années, le pays passera de 13 colonies à 50 Etats qui sont ajoutés progressivement à l’Union. Le dernier Etat à rejoindre l’Union sera Hawaii en 1959.
Sur les traces de la révolution américaine à Philadelphie
La ville de Philadelphie, en Pennsylvanie incarne l’indépendance des Etats-Unis puisque c’est ici qu’a été proclamé l’indépendance des Etats-Unis. Dans cette ville figure le Parc national historique de l’indépendance, préservant plusieurs sites associés à la révolution américaine et à l’histoire fondatrice de la nation. À quelques rues se tient le Musée de la Révolution américaine qui raconte les batailles qui ont conduit à la naissance des États-Unis. On peut également retrouver la cloche appelée Liberty Bell, un symbole de l’indépendance américaine situé à Liberty Bell Center à Philadelphie.