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La Chine vote sa première loi antiterroriste

Surveillance d’internet, élargissement des pouvoirs de l’armée chinoise, limitations à la liberté de la presse. Telles sont les principales mesures de la loi votée le 27 décembre par la Chine dans le cadre de la lutte antiterroriste. Les Etats-Unis se montrent inquiets face à certains points de la loi.

Loi antiterroriste Chine

 

Que contient la loi ?

L’armée populaire de libération sera désormais autorisée à intervenir à l’étranger lors d’opérations antiterroristes. Elle pourra par exemple déployer ses forces dans l’Est Turkestan (ou région autonome ouïghoure du Xinjiang) en cas de menace ou de violences.

Les médias se verront opposer l’interdiction de reporter des détails concernant d’éventuelles attaques terroristes. Les autorités chinoises craignent que les images soient sujettes à imitations et inspirent la violence à des individus. De plus, les images « cruelles et inhumaines » doivent être évincées du paysage médiatique pour veiller à conserver la dignité des victimes.

Les entreprises sont sommées d’épauler le gouvernement dans la prévention et dans les enquêtes sur de potentielles attaques en décryptant des informations contenues dans leurs bases de données. Sont concernées les entreprises chinoises ainsi que toute entreprise étrangère menant des activités dans le pays.

Chine/antiterrorisme

Adoption dans un contexte de tensions

Cette loi a été adoptée alors que l’Empire du milieu traverse une forte période de tensions. Selon An Weixing, chef du département antiterroriste du ministère de la sécurité publique, il y aurait une menace terroriste sérieuse, surtout en Turkestan oriental. La région de l’Ouest chinois est en proie aux séparatistes ouïghours, une minorité musulmane qui se dit victime de persécutions. L’Etat chinois, lui, considère les attaques perpétrées comme des actes terroristes. Il estime nécessaire d’apporter un cadre légal à la lutte contre ces violences.

Inquiétude américaine


Barack Obama s’est dit inquiet quant aux dispositions que prévoit cette loi. Il a exprimé qu’elle ferait « plus de mal que de bien ». Le Président des Etats-Unis s’est notamment montré perplexe quant à la mesure qui oblige les entreprises étrangères à communiquer des informations au gouvernement. La crainte concerne d’éventuelles violations de la vie privée et de la propriété intellectuelle. Hong Lei, porte-parole du ministre des Affaires étrangères chinois s’est voulu rassurant lors d’une  conférence de presse le 23 décembre: « Le gouvernement chinois veille à assurer l’équilibre entre la lutte contre le terrorisme et la protection des droits de l’homme ». De plus, l’homme politique rétorque que le partage d’informations d’entreprises étrangères est aussi pratiqué par l’Etat américain.

Chine-USA

La leçon de morale américaine est étonnante. Le Patriot act de 2001 édicte en effet que les entreprises doivent assistance aux institutions antiterroristes américaines: l’ouverture des données y est aussi de mise. L’Etat américain travaille donc en collaboration avec des entreprises nationales telles que Google, Facebook, Yahoo, ainsi qu’étrangères, comme Orange. C’est sans oublier les révélations d’Edward Snowden à propos du programme PRISM, vaste programme de surveillance d’entreprises mais aussi d’individus américains et étrangers. Cela en dehors de tout cadre légal. Ceux qui se veulent « gendarmes du monde » manqueraient-ils d’appliquer les principes qu’ils défendent?

Maïlys Khider

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