Tout le monde l’attendait depuis l’accord du 4 Mars passé avec les socio-démocrates, c’est désormais officiel. Angela Merkel a été réélue pour un quatrième mandat. Où s’arrêtera t-elle ?

 

« J’accepte l’élection », avec ces mots, Angela Markel est repartie pour 4 ans à la tête de l’Allemagne. Après 6 mois sans majorité, la chancelière sortante avait enfin trouvé une coalition avec le SPD.
Aujourd’hui, 364 députés lui ont accordé leur confiance, sur les 688 votes considérés valables. Ce scrutin ne cache la fragilité de cette victoire. La nouvelle chancelière obtient la majorité à seulement 9 voies près. C’est surtout sa propre majorité qui ne la plébiscite plus, 35 votants de l’entente ne l’ont pas soutenue.

 

Un quatrième mandat déjà compliqué

La troisième « grande coalition » menée par la chancelière sortante va être dur à contrôler. Angela Merkel se trouve fragilisée par sa politique d’ouverture aux migrants. Elle a perdu une partie de l’opinion publique en ouvrant le pays aux demandeurs d’asile musulmans. D’autres reprochent à la fille de pasteur d’incarner l’immobilisme devant les changements qui touchent la société mondiale. La percée de l’AFD, parti d’extrême droite, constitue un problème de taille pour celle qui s’est allié avec la gauche allemande.
Son défi sera désormais de donner des repères à une population en proie à « la mondialisation et la numérisation accélérée de l’économie ».
À l’échelle européenne, il faudra montrer la capacité de l’Allemagne a être un leader, suite au Brexit et à la montée des populismes.

Une élection inédite

Jamais l’Allemagne n’avait eu besoin d’autant de temps afin d’établir son gouvernement. L’article 39 de la constitution allemande stipule : « le Bundestag se réunit au plus tard le trentième jour qui suit l’élection, ce qui laisse du temps aux différents groupes parlementaires pour constituer une coalition de gouvernement. ». 
Or pour ce scrutin, les partenaires ont trouvé un accord au début du mois, cent soixante et onze jours après les législatives du 24 septembre 2017. 

Jusqu’où ira Angela Merkel ? 

Après 12 ans, 3 mois, et 22 jours, réélue pour un quatrième mandat, il est légitime de se questionner sur l’infinie longévité de l’‎Hambourgeoise. Suivant l’article 63 de la Loi Fondamentale, « le chancelier ou la chancelière fédéral-e est élu sans débat par le Bundestag sur proposition du président de la République fédérale. » Il semblerait qu’Angela Merkel puisse se représenter autant qu’elle le souhaite, à condition que son nom soit proposé à l’Assemblée par le président. Aujourd’hui, il s’agit de Frank-Walter Steinmeier.
Il s’agit certainement de son dernier mandat pour les spécialistes. À 63 ans, elle est de plus en plus isolée, même dans son camp conservateur.
Même l’alliance arrachée à la gauche ne prouve pas une union sacrée de la nation face aux extrêmes.
Pour preuve, une clause de sortie de la coalition existe, le SPD pourra s’il le souhaite désapprouver Angela Merkel dans 2 ans. De quoi prédire une fin prématurée, c’est une possibilité sérieuse.

 

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