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Coronavirus : Amazon sous pression

Avec ses centaines d’employés travaillant en simultané malgré un manque de moyens pour limiter la propagation du virus, les entrepôts d’Amazon sont sous tension depuis le début de la crise sanitaire.

Alors que le confinement est sur toutes les lèvres depuis presque un mois en France, pour les salariés d’Amazon, rien n’a vraiment changé.

Les syndicats de l’entreprise dénoncent des conditions de travail dangereuses dans les entrepôts du géant de la distribution en ligne qui entraînent l’infection de plusieurs employés, telles que l’absence de protection (gants, masques, gel hydro-alcoolique), la vente de produits qui ne sont pas de première nécessité, etc.

Plusieurs centaines d’entre eux ont même décidé de faire valoir leur droit de retrait en raison de leurs conditions de travail, en expliquant que les risques de contamination sont importants dans l’entrepôt :

  • les distances de sécurité ne sont pas respectées et la désinfection des talkies-walkies et scannettes laisse à désirer,
  • le système de pause, à la même heure pour tout le monde, favorise également le rapprochement des salariés et la transmission du virus.

Face aux manques de mesures de protection, la CGT a d’ailleurs déposé plainte pour mise en danger de la vie d’autrui. Les syndicats appellent depuis l’annonce du confinement à la fermeture des entrepôts, et dans ce contexte explosif, le vice-président européen de l’entreprise en charge des opérations, Roy Perticucci, a quitté le navire jeudi 19 mars, tout comme la directrice de l’entrepôt de Saran (près d’Orléans), lundi 23 mars.

Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire est depuis monté au créneau contre Amazon en prenant directement à parti le géant du e-commerce, dénonçant des « pressions inacceptables sur les salariés ».

De son côté, la firme américaine répond que « la santé et la sécurité de [ses] employés, partenaires et clients restent [ses] priorités absolues » avant d’affirmer : « Nous respections tous les droits de nos salariés, dont le droit de retrait lorsque les conditions sont remplies ».

La justice rappelle Amazon à ses responsabilités

Le syndicat Sud-Solidaires s’est lancé dans un bras de fer judiciaire contre Amazon devant les tribunaux français, avec pour objectif d’obtenir la fermeture de tous les entrepôts en France.

Le tribunal n’est pas allé aussi loin, mais sa décision sonne comme une sévère remontrance.

Mardi 14 avril, le tribunal judiciaire de Nanterre a imposé à Amazon France de restreindre son activité aux commandes de produits alimentaires, médicaux et d’hygiène, tant que la société n’aura pas apprécié correctement les risques auxquels sont exposés ses salariés, du fait de la pandémie de Covid-19. Pour le tribunal, Amazon a en effet « de façon évidente méconnu son obligation de sécurité et de prévention de la santé des salariés ».

L’entreprise a rapidement manifesté son désaccord avec les conclusions du tribunal, mais elle ne s’arrête pas là. Au lendemain de cette condamnation, Amazon a fait parvenir un nouveau communiqué pour détailler un peu plus ses réflexions. Aucune décision drastique n’a été prise pour le moment, mais l’entreprise étudie « les conséquences de cette décision et les options disponibles ».

Avant d’ajouter : « notre interprétation suggère que nous pourrions être contraints de suspendre l’activité de nos centres de distribution en France ».

L’entreprise fait valoir ici l’argument des emplois qu’elle génère. On peut imaginer qu’Amazon compte utiliser ce discours pour peser sur la table des négociations. Sans aller jusqu’à parler de menace, on peut affirmer que le géant pose ici un dilemme qu’il compte bien exploiter à son avantage.

L’entreprise a annoncé ce mercredi soir qu’elle allait fermer ses sites français pour 5 jours. Dans plusieurs messages publiés ce mercredi sur Twitter, l’entreprise, qui redit son désaccord avec cette décision de justice, répétait que « rien n’est plus important que la sécurité de (ses) collaborateurs », évoquant la mise en place de mesures de sécurité.

De nouveaux points de crispation pointent. Mercredi, les syndicats plaidaient pour un maintien à 100% du salaire des quelque 10. 000 préparateurs de commandes le temps de la fermeture. Ce qu’envisage bien Amazon, mais avec des discussions tendues sur qui assumerait cette promesse : l’entreprise ou l’État, via le dispositif de chômage partiel. Le bras de fer n’est pas terminé.

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