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Culte | Celui qui débriefe Friends, la sitcom culte des années 1990

Avant l’épisode spécial scellant les retrouvailles des personnages, on revient sur Friends, la comédie-culte qui a marqué l’histoire de la télévision.

C’est quoi, Friends ? Six jeunes gens dans la vingtaine habitent dans le centre de New York : certains sont colocataires, tous sont amis et ils se retrouvent régulièrement chez les uns ou chez les autres, quand ils ne sont pas dans le café du Central Perk. Il y a Monica (Courteney Cox), chef dans un restaurant ; son frère Ross (David Schwimmer), professeur de paléontologie qui collectionne les divorces; le sarcastique Chandler (Matthew Perry) ; son colocataire et meilleur ami Joey (Matt LeBlanc) un acteur médiocre ; Phoebe (Lisa Kudrow), une masseuse / chanteuse hippie excentrique ; et enfin Rachel (Jennifer Aniston), serveuse depuis qu’elle a planté son futur mari devant l’autel. Unis comme les… six doigts de la main, ils partagent leurs joies et leurs peines, se disputent parfois mais se soutiennent toujours en cas de coup dur. 

Friends reste l’une des comédies les plus populaires de l’histoire de la télévision : les aventures de ce groupe de six amis new-yorkais ont séduit des millions de spectateurs à travers le monde, faisant de ses acteurs jusqu’à lors inconnus de véritables stars et marquant durablement les sitcoms qui ont suivi. Les retrouvailles de la petite bande, ce mois-ci sur HBO Max, sont l’occasion idéale de revenir sur cette série mythique qui reste sans conteste l’une des meilleures sitcoms à ce jour. En guise d’introduction, on revoit le générique avec la géniale I’ll be there for you interprétée par le groupe The Rembrandts.

Martha Kauffman et David Crane, deux producteurs qui se sont rencontrés lors de leurs études à l’Université, avaient créé ensemble en 1990 la série Dream On. Avec le producteur Kevin S. Bright, ils ont ensuite essuyé deux échecs consécutifs ( The Powers that Be et Family Album) mais ils ne se sont pas découragés pour autant. En 1994, ils proposent pas moins de trois projets à trois chaînes différentes : ABC et Fox ne sont pas intéressées, mais celui qu’ils présentent à NBC retient l’attention des programmateurs. Successivement baptisée Insomnia café, Friends like us et Six of one, la série sera finalement intitulée Friends. Le pilote, dont la réalisation est confiée à James Burrows (Cheers), convainc définitivement la chaîne qui décide de diffuser la série dans l’une de ses cases phare, le Jeudi à 20h30 entre Dingue de toi et Seinfeld. Le succès est immédiat : Friends se classe dans le top dix des audiences dès sa première saison, avec plus de vingt millions de téléspectateurs en moyenne. Au cours des dix saisons, elle restera toujours au sommet, chose rare sur une si longue période.

Rachel fait son entrée dans le Central Perk et dans Friends

Friends commence par l’irruption de Rachel au Central Perk : affolée, en robe de mariée, elle a planté son fiancé devant l’autel. Issue d’une famille aisée, gâtée par ses parents, elle n’a jamais travaillé de sa vie et  c’est la première décision importante qu’elle prend.  A travers Rachel, on découvre alors les autres personnages de la série : son amie d’enfance Monica dont elle va devenir la colocataire ; le frère de celle-ci, Ross, qui a toujours eu le béguin pour elle ; Chandler avec son ami et colocataire Joey ; enfin la fantasque Phoebe. Nous venons de faire la connaissance des Friends, et nous ne les quitterons plus durant les 10 saisons qu’a duré la série. 

L’univers de Friends tourne autour de ces six personnages et de quelques lieux emblématiques : principalement le Central Perk et les deux appartements qu’occupent respectivement Monica et Rachel, et Joey et Chandler. Deux endroits littéralement opposés : d’un côté du couloir, le grand appartement des filles, propre et bien rangé avec sa cuisine ouverte et son canapé accueillant ; en face, celui des garçons, plus petit, avec un baby-foot, un frigo rempli de bières, deux fauteuils face à l’écran plat, des accessoires de décoration aussi surprenants qu’un lévrier géant à roulettes – et, même à un moment donné, un canard et un poussin.

Rachel, Joey, Ross, Phoebe, Chandler et Monica

La série joue constamment avec la relation entre les six personnages, la dynamique entre eux prenant progressivement de l’ampleur et chacun d’eux gagnant en nuances et évoluant au fil des saisons. C’est un clan, un groupe fermé : ils sont six, et les personnages secondaires qui établissent une relation personnelle avec l’un ou l’autre des amis doivent, d’une manière ou d’une autre, gagner l’approbation des autres. 

Les épisodes de Friends, tournés en direct devant un public dans la grande tradition des sitcoms américaines, portent tous un titre commençant par « The one… » (Celui qui, en Français). Mais ils ne comportent pas une intrigue principale et des intrigues secondaires ; toutes sont sur le même plan. Des petites histoires pleines de grands moments comiques, souvent devenus cultes. Les références ne diront rien à ceux qui n’ont pas vu la série, mais parmi les autres, personne n’a oublié le pantalon en cuir de Ross, le tatou de Hanoukka, la dinde de Thanksgiving de Monica, la « routine » des Geller, le célébrissime « pivot ! »… entre autres. Friends s’est aussi appuyé sur des situations ou gags récurrents comme la relation chaotique de Chandler avec l’insupportable Janice, l’inénarrable chanson Smelly Cat de Phoebe, l’évocation du « gros tout nu » de l’immeuble d’en face, ou les efforts de Joey pour faire carrière en tant qu’acteur jusqu’à ce qu’il obtienne le rôle du Dr Drake Ramore dans un soap opera.

D’autres épisodes sont construits autour d’une histoire unique, avec souvent les six amis divisés en deux groupes opposés en fonction de la situation : les garçons contre les filles,les célibataires contre les couples, ceux qui connaissent un secret et les autres. On pense par exemple à l’épisode où les filles et les garçons parient leurs appartements respectifs ou au magnifique match de football américain lors du Superbowl. 

Progressivement, ces arcs narratifs classiques (malentendus et quiproquos, gags visuels,  jumelle maléfique, triangle amoureux) laissent aussi la place à des intrigues plus sérieuses et moins situationnelles, qui exploitent à merveille la relation que les personnages ont forgées entre eux et avec les téléspectateurs. Tout en approfondissant les personnages, les scénaristes jouent avec les grandes caractéristiques qui les définissent : la superficialité (supposée) de Rachel, la maniaquerie de Monica, la bêtise de Joey, les sarcasmes de Chandler, l’excentricité de Phoebe ou les maladresses de Ross, par exemple.  

En plus des six amis, rendons justice à un autre personnage récurrent de la série, le propriétaire du Central Perk : Gunther, follement amoureux de Rachel, mais qui n’a même jamais osé lui déclarer sa flamme. Et citons au passage quelques-uns des nombreux guests qui sont apparus dans la série : Brad Pitt (alors mari de Jennifer Aniston), George Clooney, Noah Wiley, Tom Selleck, Julia Roberts, Jean Claude Van Damme, Brooke Shields, Bruce Willis, Reese Witherspoon ou encore le chanteur Chris Isaak.

Quand les médecins de Urgences s’invitent dans Friends

Au-delà des intrigues comiques anecdotiques, il y a de nombreux éléments de continuité dans la dynamique du groupe. Au début, les relations se limitent à des liens d’amitié ou tout au plus à un flirt innocent ; au fur et à mesure, des relations plus intimes se développent : on assiste au rapprochement entre deux personnages, au début de leur romance gardée secrète, la réaction de leurs quatre camarades lorsqu’ils découvrent la relation en question, l’évolution du couple avec des hauts et des bas. Des histoires qui courent sur plusieurs épisodes voire sur toute la série dans le cas de Ross et Rachel, la série jouant habilement avec le « will they, won’t they ? » et la frustration qu’il provoque. Mais si les relations se sont consolidées ou ont évolué (Rachel et Ross ont même eu un enfant ensemble), la dynamique du groupe n’a pas changé : les six amis continuent à s’épauler et s’entraider malgré quelques disputes ou divergences.  

Outre la qualité des scénarii et l’humour omniprésent, l’atout majeur de Friends vient sans conteste de ses acteurs : leur talent et l’alchimie parfaite entre eux expliquent en grande partie le succès de la série. Il y a donc Jennifer Aniston qui incarne Rachel, stéréotype de la girl next door séduisante (on a tous une copine ressortie de chez le coiffeur avec la coupe « à la Rachel ») et beaucoup plus débrouillarde que ce qu’on pourrait croire au début ; Courteney Cox alias Monica, figure maternelle du groupe, obsédée par l’ordre et le contrôle ; Lisa Kudrow interprète la fantasque Phoebe et aussi sa sœur jumelle Ursula (rôle qu’elle avait déjà tenu dans Dingue de Toi). Du côté des garçons, Matt Le Blanc joue Joey, un acteur médiocre et séducteur impénitent, aussi naïf et bébête que gentil et sincère (rôle qu’il reprendra dans le spin off Joey) ; Matthew Perry dans celui de Chandler, un type complexé et peu sûr de lui qui se protège à coup de sarcasmes et d’ironie ; enfin, David Schwimmer est Ross, un professeur de paléontologie réputé dont le travail n’intéresse personne dans le groupe, follement amoureux de Rachel qu’il va tenter de conquérir pendant une bonne partie de la série.

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Malgré le succès d’audience et l’immense popularité qui n’ont jamais faibli, David Crane et Martha Kauffman commencent à envisager la fin de la série au cours de la neuvième saison, considérant que celle-ci commence à s’essouffler. Ils décident donc que la dixième saison sera la dernière, malgré le souhait des acteurs et de la chaîne de continuer au-delà. Chose assez rare pour être soulignée, les six acteurs sont toujours restés soudés, négociant conjointement pour obtenir des salaires égaux – à savoir, pour la dernière saison, le chiffre stratosphérique de 1 million de dollars par épisode. Le dernier épisode, justement, rassemble pas moins de 50 millions de téléspectateurs : c’est une fin parfaite, totalement dans l’esprit de la série, qui conclue magnifiquement l’histoire et un chapitre de la vie des personnages avec une ultime scène aussi simple et logique qu’émouvante.

Les adieux de Friends dans l’une des dernières scènes

Au final, on pourrait avancer mille raisons expliquant le succès et la popularité de Friends : l’humour, la dynamique parfaite entre les personnages, le rythme enlevé… Mais pour les gens de ma génération, adolescents dans les années 1990, il y a une autre explication : nous regardions Friends parce que, au moment où nous approchions de la vie d’adulte avec son lot de responsabilités, nous voulions faire partie de la bande. So no one told you life was gonna be this way : nous aussi, nous voulions un groupe d’amis sur qui compter, avec qui partager les joies et les peines…. On s’est tous identifiés à ce qu’ont traversé nos six héros – et soyons honnêtes, on s’est tous demandé auquel des six on ressemblait le plus. (Pour ceux que ça intéresse, je suis indéniablement une Rachel.)

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Friends était – et est toujours – une série exceptionnelle. L’une des meilleures comédies de l’histoire de la télévision, de celles qui vous font rire aux éclats durant chacun de ses 236 épisodes de vingt minutes L’apparente simplicité de la série, avec ce petit groupe de six amis, cache un scénario à la mécanique complexe et parfaitement rodée, qui exploite tous les ressorts de la comédie. Et en dix saisons, Friends n’a jamais perdu en qualité, restant constante dans l’excellence sans jamais lasser. Amis à l’écran, les personnages de Friends sont aussi devenus les nôtres ; ils le sont encore, à l’aube de leurs retrouvailles. 

Friends.
236 épisodes de 25′ environ.

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Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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