Le président des Etats-Unis a demandé au ministère de la justice d’enquêter pour savoir si le FBI a surveillé ou essayé d’influencer la campagne présidentielle américaine.

« Je réclame et je le ferai officiellement dès demain, que le ministère de la Justice se penche sur la question de savoir s’il y a eu une ingérence ou une surveillance du FBI pendant la campagne électorale de Trump à des fins politiques et si des membres de l’administration [de Barack Obama, ndlr] ont adressé des requêtes en ce sens »

Depuis plusieurs jours, Donald Trump dénonce avec fermeté  la « chasse aux sorcières » que représente selon lui « l’enquête russe » du procureur spécial Robert Mueller. Il évoque, sans présenter d’éléments de preuve, la théorie selon laquelle sa campagne aurait été « infiltrée » pour des raisons politiques.

D’après le New York Times, le FBI a bien demandé à l’époque à un informateur de rencontre deux membres de l’équipe Trump. Carter Page et George Papadopoulos. Mais il l’a justement fait pour enquêter sur d’éventuels liens entre ces derniers et la Russie.

La demande de Mr Trump intervient suite à une avalanche de longs tweets matinaux dans lesquels il s’en prend, pêle-mêle, à Hillary Clinton, aux démocrates, au New York Times… Depuis un an, Robert Mueller a inculpé des ressortissants et entreprises russes pour leur rôle dans une campagne de désinformation sur les réseaux sociaux en 2016 visant à augmenter les chances de victoire de Donald Trump. Quatre membres de la campagne Trump 2016 ont aussi été poursuivis, mais pour des délits qui ne sont pas directement liés à une éventuelle collusion.

Adam Schiff, membre démocrate de la Commission du renseignement à la Chambre des représentants, a estimé dimanche que les affirmations du président américain sur un soi-disant « espion » au sein de sa campagne étaient une « absurdité ».

Le journal The Intercept a affirmé dimanche que le nom de l’indicateur du FBI serait Stefan Halper. Ex-agent de la CIA, M.Halper travaille actuellement à l’Université de Cambridge. Il a fait partie du scandale de la présidentielle de 1980, quand le QG de Ronald Reagan avait été accusé d’avoir espionné l’administration de Jimmy Carter au moyen d’agents de la CIA.