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Education en France : quelles solutions pour remédier à un système en crise ?

Alors que l’on connait une crise de notre système éducatif en France : échec de l’égalité des chances, inégalités sociales, remise en cause des rythmes scolaires,… Xavier Niel (patron de free) a ouvert la semaine dernière une école gratuite et accessible à tous. L’école « 42 » propose une nouvelle forme d’éducation directement en lien avec l’entreprise et un bassin d’emploi.

La semaine dernière, près de 900 élèves faisaient leur rentrée à «42», école destinée aux futurs génies de l’informatique. “42” c’est l’investissement personnel d’un homme ; Xavier Niel, 10ème fortune de France, à investis 70 millions de sa fortune personnelle pour donner une chance à des personnes éloignées du système scolaire. Tout les profils sont, en effet, acceptés bacheliers ou non (40 % des étudiants n’ont pas le bac). Les élèves suivront l’enseignement du codage et du langage informatique. Mais c’est surtout une révolution dans le système éducatif français que propose le patron de free. Puisque c’est tout d’abord, répondre à la demande d’emploi dans un secteur d’avenir où il manque 7000 personnes. Et c’est ensuite, répondre à un système éducatif en crise, comme en témoigne Xavier Niel, dans un édito. « Aujourd’hui, le système français ne marche pas. Il est coincé entre d’une part l’Université, qui propose une formation pas toujours adaptée aux besoins des entreprises mais qui est gratuite et accessible au plus grand nombre, des écoles publiques très sélectives qui n’admettent que ceux ayant suivi une formation scientifique ou technologique (parfois avec mention au bac) et d’autre part les écoles privées, chères, dont la formation est assez qualitative mais laisse sur le côté de la route le plus grand nombre de talents, voire de génies, que nous pourrions trouver en France. » L’entrepreneur français tente ni plus ni moins de faire fonctionner l’ascenseur sociale. Mais la volonté de Xavier Niel, est aussi, de proposer un enseignement conforme au monde de l’entreprise, ce que ne propose pas, en général, les écoles et les universités françaises, selon lui. Par ailleurs, « 42 » encourage le travail en équipe, essentiel à la vie d’une entreprise.

Tout comme «42 », on pourrait citer d’autres exemples, comme le chef étoilé Thierry Marx, qui lancé également en début de semaine une école de boulangerie. Huit personnes ont été sélectionnées après sélection de leur projet professionnel. Pour le chef, « la boulangerie est un bassin d’emploi formidable ». Et Thierry Marx n’est pas à son premier coup d’essais, il avait lancé en 2012 une école de cuisine gratuite destinée à des jeunes sans diplômes ou demandeurs d’emploi.

Autre exemple, Airbus forme à Toulouse ses futurs ingénieurs aéronautiques. Le constructeur européen à créer son lycée professionnel, avec à la clé un contrat à la fin de la formation pour les élèves.

Renforcer les liens entre éducation et entreprises

Ces exemples illustrent l’idée d’une éducation financée par les entreprises. Ainsi, un système éducatif français tourné vers des entreprises avec des moyens, est pourrait être une solution pour lutter contre une certaine obsolescence de notre système, et proposer des formations vers des secteurs d’avenir. Mais surtout vers des bassins d’emploi. Peut-être faudrait-il également intégrer l’éducation avec des entreprises locales et régionales, ou encore avec les collectivités locales. Car le fort taux de chômage chez les jeunes, doit nous amené à repenser notre système d’enseignement.

Inégalités sociales

Mais l’ambition, est également d’assurer l’égalité des chances et la méritocratie, dans un pays qui peine à le faire. Pour preuve, les enfants d’enseignement ont 14 % de chance supplémentaire d’obtenir leur bac. Et ces inégalités se forment tôt, elles apparaissent dès l’école maternelle. On observe également, des inégalités d’accessibilité au bac selon sa catégorie sociale. Une nouvelle fois l’école de Xavier Niel constitue une petite révolution. Car « 42 » se base sur l’égalité des chances et la méritocratie. Pas de frais de scolarité à débourser et pas de diplômes nécessaires pour les étudiants, l’école est en ce sens la plus élitiste de France selon Niel, rappelant que sur les 1000 élèves 50000 avaient passé le concours d’entrée. « On a conservé 3 000 candidats (dont un tiers n’ont pas le bac, NDLR) à qui nous avons fait passer un deuxième examen sur un mois, beaucoup plus intensif, qui s’appelle la « piscine » ». « D’un côté, il y a l’aptitude logique. De l’autre, la volonté de réussir », « Est-ce que j’ai la motivation de m’en sortir en bossant de quatre cents à cinq cents heures pendant un mois ? », souligne t-il dans un entretient accordé au “Parisien”.

Les notes : une spécialité française

Par ailleurs, toujours avec l’exemple de « 42 ». L’école ne délivre pas de diplôme. Pour Xavier Niel, l’essentiel avoir un diplôme n’est pas important, mais ce qui est essentielle est d’avoir un savoir-faire. « Selon moi, la véritable question que les jeunes doivent se poser : « Est-ce que je suis à même d’être le meilleur, quel que soit mon parcours ? », dit-il. De quoi pouvoir élargir le débat, à l’attachement en France à un mode éducatif basé sur les évaluations et les notes. Plus largement, il y a une réflexion sur les conséquences de ce système de l’examen permanent. Les notes pouvant être la cause de décrochages scolaires, avec des élèves qui baissent les bras ne voyant pas de résultats positifs.

Que peut-on améliorer ?

Le moins que l’on puisse dire, les interrogations concernant notre modèle scolaire sont nombreuses. Dans la vague actuelle des contestations sur les rythmes scolaires pour l’école élémentaire. On pourrait de même se poser la question pour les lycéens. Nombreux sont ceux qui estimes avoir des journées trop chargées. Dans certains établissements, les élèves peuvent avoir jusqu’à neuf heurs de cours dans la journée et peuvent finir à 18 H. dans ces cas de figure, il est donc difficile pour les étudiants de rester attentif en fin de journée, mais également de concilier cours et devoirs le soir à la maison. Des classes moins surchargées offriraient des conditions de travaille plus propices. Aujourd’hui elle oscillent entre 30 et 35 élèves. Autre proposition de la part de nombreux lycéens, avoir une période de stage en entreprise. En France, les élèves sont confrontés au monde du travail pendant seulement une semaine en dernière année de collège. Cela permettrait aux élèves d’affiné leur choix concernant leur avenir professionnelle.

Neuf étrangers sur 10 choisissent la France

Pour autant, le tableau de l’éducation française n’est pas totalement noir. D’après une étude Campus de France, neuf étudiants étrangers sur 10 plébiscitent la France. Les atouts cités sont en premier lieu la qualité de la formation proposée (51%), la réputation de nos établissements (37%), ou la valeur de nos diplômes (35%). L’intérêt culturel de la France prend également une part important dans la venue des étrangers. A l’issus de leur séjour, 90% des étudiants sont satisfait voire très satisfait, malgré des faibles possibilités pour travailler ensuite en France et le coût de la vie sur place. Le plébiscite des étudiants étrangers représente donc une satisfaction pour notre système universitaire en France, ce qui est très positif sur le plan économique. Cette année, la France accueille plus de 289 000 étrangers. Selon Pierre tapie, ancien président de l’Essec, 500 000 étudiants supplémentaires, c’est 8 à 10 milliards d’euros de PIB qui seront générés directement par leur formation et leur vie sur le territoire ».

A lire aussi sur notre site : L’édito Tech : 42, une école pas scolaire pour un sou !

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