Le chef d’Etat péruvien, Martin Viscarra, a peut-être trouvé la solution pour endiguer les trafiquants de drogue et autres guerreros qui zonent à la frontière colombienne. Ce lundi, le Président a imposé l’état d’urgence pour 60 jours, et compte bien mettre fin à tous ces réseaux illégaux.

Une opération conjointe avec le pays limitrophe, la Colombie. En aucun cas, cette annonce apparaît comme une surprise pour le gouvernement voisin. Voilà trois semaines que les deux pays discutent d’une telle décision. « La coopération avec le Pérou ne pourrait pas être meilleure, nous avons des dialogues permanents« , soulignait le ministre de la Défense colombien, Louis Carlos Villegas.

L’objectif : démanteler l’important trafic de cocaïne, généralement en provenance de Colombie -1er exportateur mondial- qui exporte vers les Etats-Unis ou vers l’Europe.

Quelles sont les forces en présence ?

La zone concernée -la province de Putumayo- est depuis des années disputée par différents cartels. Ces gangs tentent de s’approprier la région pour mieux dominer le trafic, et profitent de la jungle amazonienne pour mettre en place des laboratoires de cocaïne.

Mais les trafiquants ne sont pas les seuls à envier ce territoire. Parmi les 7000 ex-guerreros, anciens membres des Farc, aujourd’hui réinsérés dans la vie civile grâce à l’accord de paix de 2016 signé avec le gouvernement, près de 1200 hommes ont rejoint la dissidence. Ces derniers continuent le combat pour renverser le pouvoir conservateur qui règne depuis des décennies en Colombie. Cette zone frontalière leur est rapidement devenu un endroit stratégique qu’il faut conquérir à tout prix.

50 personnes déjà arrêtées

Pour faire face à la menace, Martin Viscarra, président péruvien assure que “nous allons défendre notre souveraineté et notre territoire, nous allons utiliser le pouvoir de la force pour le faire.” Dans sa déclaration, le dirigeant a annoncé que la coopération avec les forces colombiennes se déroule à merveille : “Plus de 50 personnes ont été arrêtées, la plupart d’entre elles étant des Colombiens qui se livrent au trafic de drogue.”

Du maquis aux urnes

L’ex-guérilla des Forces armées révolutionnaire de Colombie [Farc], a déposé les armes en novembre 2016, suite à un accord signé à la Havane. Depuis, l’idéologie marxiste n’a pas disparu, mais s’est transformée en parti politique du même acronyme : la Force alternative révolutionnaire commune. Leur leader, Timoleón Jiménez, alias “Timochenko”, s’était même présenté à la présidentielle 2018, avant de se retirer pour des raisons de santé.

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