Depuis quelques jours, une députée démocrate de New York documente son parcours de congélation des ovocytes sur les réseaux sociaux. La démarche d’Alexandria Ocasio-Cortez relance le débat sur le choix de la maternité.
À 36 ans, Alexandria Ocasio-Cortez surnommée “AOC” décide de congeler ses ovocytes. La députée démocrate de New York, qui n’exclut pas une candidature à la présidentielle de 2028, évoque sa décision sur ABC, samedi 9 août. “Je garde ma vie plutôt privée, mais j’ai pris la décision de commencer à congeler mes ovocytes”, explique-t-elle.
Depuis, AOC se filme en train de s’injecter des hormones dans le ventre. Elle partage ces moments sur les réseaux sociaux avec, parfois, une touche d’humour : “Aujourd’hui, nous faisons des oeufs”, lance-t-elle depuis sa cuisine.
La députée reconnaît toutefois bénéficier d’une situation privilégiée. Elle débourse entre 8 000 et 9 000 dollars au total, sans prise en charge de son assurance. AOC affirme faire ce choix pour “avoir plus de contrôle sur (s)a vie” et attirer l’attention sur les inégalités d’accès à cette technique.
Comment fonctionne la congélation des ovocytes ?
Les ovocytes étant destinés à devenir des ovules, l’objectif est de multiplier les chances d’avoir un enfant plus tard. Pour autant, la méthode ne garantit pas une future grossesse.
La technique repose sur une stimulation des ovaires. Pendant une dizaine de jours, des injections quotidiennes d’hormones permettent de faire mûrir plusieurs ovocytes en même temps.
Les ovocytes matures sont prélevés par voie vaginale, sous échographie et avec une anesthésie. Ils sont ensuite congelés très rapidement et conservés dans de l’azote liquide pour éviter la formation de cristaux de glace.
Pourquoi le choix d’AOC fait-il polémique ?
AOC dénonce un contexte où l’accès aux soins reproductifs est de plus en plus contesté aux Etats-Unis. Défenseuse du droit à l’avortement, elle estime qu’il est important pour les responsables politiques normaliser de telles expériences “pour les femmes qui travaillent à travers le pays”.
Le commentateur conservateur, Matt Walsh juge la démarche “complètement absurde et à contre-courant”. Le porte-parole de Turning point USA, Andrew Kolvet estime, lui, que ce type de message participe à la “dégringolade des taux de fertilité”.
Ces voix défendent une vision traditionnelle : les femmes devraient avoir des enfants plus jeunes, plutôt que de repousser la maternité grâce à la congélation des ovocytes. Ils considèrent que la maternité est un devoir pour elles et ce, avant l’université ou le travail.
La réaction n’est pas unanimement négative chez les conservateurs. Une proche de l’entourage de Donald Trump, Katie Miller, salue la démarche sur X : “Si une femme veut préserver son droit à avoir des enfants, nous devons le saluer. »
Pour elle, la congélation des ovocytes s’inscrit dans un contexte de baisse de la natalité. Avec 1,57 enfant par femme en 2025, le taux de fécondité aux États-Unis n’a jamais été aussi bas.