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FESTIVAL NIKON 2014 : “On peut faire très beau avec très peu”

Pour sa quatrième édition, le festival amateur de courts métrages a dépassé toutes ses espérances : près de 900 films sont en lice. Au milieu de la bataille aux soutiens, prenons la température du côté des réalisateurs.

 

«Je suis un souvenir : faites ressurgir le passé qui vous marque aujourd’hui en moins de 140 secondes.»

 

Les conditions de participation ressortent sur le site classieux aux couleurs noir et jaune de Nikon. Les modes de sélection annoncés sont pourtant rudes : sur les 878 courts, 50 seront retenus et visionnés par le jury. Parmi eux, 40 choisis pour leur «intérêt artistique» par un comité, et les 10 plus vus et soutenus de la toile.

nuitComment donc faire pour se hisser dans le top ten ? « J’ai inscrit ma vidéo dès le premier jour du festival, il y a déjà quasiment deux mois, alors je n’imaginais pas qu’aujourd’hui je serais toujours parmi les 20 courts métrages les plus soutenus», nous confie Chloé, qui a signé le film Je suis une nuit. «Au début je pensais qu’il n’y aurait que mes amis pour voter mais je me suis vite rendue compte que ce court métrage touchait des personnes que je ne connaissais pas du tout et c’est cela qui fait très plaisir.»

La solution serait donc de laisser sa chance au film lui-même. C’est du moins ce que défend Maxime, qui a écrit, réalisé et interprété Je suis loin : « Je pense d’une part avoir eu de la chance en ce qui concerne la communication car elle a été efficace. D’autre part, le film a eu son propre effet.» Notifications sur les réseaux sociaux, mails, coups de téléphone, tous les moyens sont bons…

loinMais le cinéma dans tout ça, n’est-ce qu’une histoire de clics ? Pour Chloé, qui fait partie de la boîte Les lapins de l’espace, le concours a un côté exaltant : «On adore se trouver de nouveaux challenges ! On venait de finir un boulot pour des clients et on avait quelques jours de libre devant nous, donc on s’est lancés. Parfois avec les projets pro, on ne peut pas toujours se lâcher autant car le client pose très souvent des conditions.»

Pour Jean-Baptiste et Jeanne, qui défendent leur court Je suis un enfant, Nikon leur a permis d’approfondir une collaboration : «Nous avions travaillé en commun sur le festival du court métrage en 48h. Comme le résultat final de notre film nous avait assez frustré, on s’est rabattu sur le festival Nikon pour repartir sur des bases totalement neuves.»
enfantAvec le succès du festival, Jeanne garde un œil averti sur les nombreux courts : «Tous ces films nous permettent de repérer ce qui nous plaît dans un court en tant que spectateur. Pour ma part, et a posteriori, je regrette ne pas avoir pris plus de risques dans la mise en scène.»

Entre angoisse et joie, le festival Nikon, c’est surtout une exposition de son travail. Pour Maxime, c’est 100% bénéfique : «Grâce à cette visibilité, je reçois chaque jour des messages d’encouragements, de critiques… Et tout ceci est constructif.» Guillaume, le réalisateur de Je suis une poignée de mains, garde cependant un peu plus de distance : «Ça m’a fait peur, et en même temps ça m’a confirmé le bien fondé de ma démarche.»

poigneeEn effet, la course au succès devient rude à mesure que le compte à rebours approche de la fin. Selon Jeanne : « Plus on avance dans la compétition, plus elle est rude. Beaucoup de films publiés sur le tard ont vraiment un gros potentiel et une très belle mise en scène.» Ce qui anime ces réalisateurs en herbe ou déjà expérimentés, c’est au fond de communiquer. «J’avais envie de transmettre un message qui me tient à cœur pour prôner l’élargissement des esprits. Même si mes moyens étaient limités et mon équipe réduite, ma démarche a fonctionné. On peut faire très beau avec très peu. On est loin de ce cinéma fantasmé avec une armada de techniciens !» ajoute Guillaume.

Autant de profils différents qu’il devient impossible de faire un choix sans être partial. En attendant, cette fenêtre de créativité aura permis de faire bouger une génération de jeunes cinéastes. Pour le plaisir, nous avons demandé aux cinq interviewés de prendre la place du jury, et de ne choisir qu’un seul court métrage autre que le leur.

Et vous, lequel choisiriez-vous ?

Le choix de Chloé
Je suis un tombeur
“Il est bien filmé, les acteurs ont été bien dirigés La réalisatrice à réussi à nous surprendre en partant d’un synopsis hyper simple. C’est drôle, pas comme beaucoup de films qui parlent de mort, d’accidents et de chaises roulantes…
Les choix de Jean-Baptiste et Jeanne
Je Suis Éphémère
“Extrêmement bien réalisé, et avec une histoire vraiment bien trouvée. Très original !”
Je Suis Le Souvenir de Gally
Les choix de Maxime
Je suis…
Je suis indéfinissable
Les choix de Guillaume
Je suis un été
“Il y a une alchimie qui se crée avec la voix off dont les répliques sont issues d’une chanson de Claude Nougaro et l’image qui est magnifique.”

Je suis un soupir
“Le thème de la perte me transporte. J’aime le fait que la fin soit véritablement ouverte et sujette à plusieurs interprétations, pas seulement ouverte car inachevée.”

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