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François Hollande : quel visage pour la primaire ?

L’ombre de François Hollande plane sur la primaire de la gauche. Désavoué par l’opinion comme par la gauche, concurrencé par ses ex-ministres Macron et Montebourg, le président joue la montre. Mais dans l’éventualité d’une candidature, il devra composer avec son passé douloureux pour se créer un nouveau visage de candidat. Et espérer faire mentir une défaite programmée.

Si François Hollande veut être candidat à la primaire, il va devoir la jouer fine.

Novembre 2008 paraît si loin. François Hollande achève onze ans de présidence d’un Parti Socialiste alors divisé, en pleine agonie. Cet ancien d’HEC et énarque, issue de la Promotion Voltaire (1980), est raillé en «fraise des bois» par Laurent Fabius. Taxé de «Flanby» par les Guignols et de «Schtroumpf hilare» par Jean-Luc Mélenchon. Pourtant, trois ans plus tard, le député de Corrèze et Maire de Tulle est désigné candidat du PS à la présidentielle. Il bat au second tour Martine Aubry avec 56% des voix contre 44%. Progressivement, il estompe son image d’homme de la synthèse molle et de l’immobilisme et se présente comme un candidat neuf.

Du challenger inattendu au champion de la gauche

Propulsé dans les sondages, François Hollande s’accroche. Il dissémine l’idée d’une présidence normale. Il se fait chantre de l’anti-sarkozysme, substituant à la synthèse molle, le consensus. « J’inverserai la courbe du chômage » assure-t-il, avant de désigner son « ennemi », la finance mondiale. Le candidat Hollande martèle ses promesses à coups d’anaphores, rendues célèbres par son discours « Moi Président ». Le candidat Hollande fait rêver la gauche d’une alternance forte et crédible. L’homme de la synthèse devient celui qui apaise. Rassembleur, il offre du « changement maintenant » et bat Nicolas Sarkozy au second tour avec 51% des voix.

Le candidat Hollande en meeting à Nantes, le 9 octobre 2011, lors de la primaire socialiste.

Le candidat Hollande en meeting à Nantes, le 9 octobre 2011, lors de la primaire socialiste.

François Hollande : fracturer pour mieux régner

Mais pendant cinq ans au sommet du pouvoir, François Hollande révèle un tout autre visage. En dépit d’actions emblématiques, comme l’adoption de la loi du 17 mai 2013 sur le « mariage pour tous », l’accord de Paris à l’issue de la COP21 ou l’abandon des négociations opaques du TAFTA, le quinquennat de François Hollande fracture. Sur le terrain des valeurs d’abord, avec la déchéance de nationalité, abandonnée, où le président surfe bassement sur la vague des attentats pour s’affirmer comme leader de « l’unité nationale ». Il amorce le début de la division de la gauche.

En politique étrangère, François Hollande use d’un interventionnisme effréné. Dès 2013, Hollande envoie des troupes au Mali, puis au Sahel et en Irak l’année suivante et en Syrie dès septembre 2015, en riposte aux attentats de Paris. Une posture de chef de guerre, pour tenter de retrouver une autorité mise à mal par une surexposition médiatique et les déboires de sa vie privée dans l’épisode Gayet. Ensuite, sur le terrain diplomatique, François Hollande se voit reprocher une absence de vision et le déclin de la France au niveau européen.

Notamment, un accord amer pour endiguer l’afflux de réfugiés avec une Turquie en proie à un délire autoritaire. Sur le terrain socio-économique enfin, l’inefficacité des politiques de l’emploi passe mal. Les lois Macron puis El-Khomeri, adoptées à coups de 49:3 autoritaires, marquent un tournant social-libéral assumé et très contesté par la rue et la majorité. Une réforme qui achève de scinder la gauche en des gauches, plurielles et contradictoires.

Fillon, la « divine surprise »

Puis vient le livre confession, “Un Président ne devrait pas dire ça” de Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Le président se raconte et défend son bilan. Impopulaire, obligé de recadrer son Premier Ministre en exercice qui se dit « prêt à mener le combat de 2017 ». Mais le président, tombé au plus bas, n’est pas encore déchu.

Qualifiant de « divine surprise » l’adversaire Fillon, François Hollande se trouve face à une personnalité clivante sur qui il pourrait capitaliser en cas de candidature. En pariant, scénario idéal dont il est en partie l’auteur, sur l’éclatement des voix à gauche. Le chef de l’Etat s’imagine peut-être déjà triomphant, face avec Marine Le Pen au second tour de 2017. Reste à savoir sous quel visage peut-il désormais se présenter.

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Co-Responsable et rédacteur du pôle Politique. Étudiant en journalisme au CELSA, je me destine principalement au photojournalisme et à la radio. Passionné de photographie.
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