Ce 15 mai, l’émotion était à son comble sur la Croisette. Alors qu’il venait présenter sa toute première réalisation hors compétition en tant que réalisateur, Vol de nuit pour Los Angeles, la star américaine John Travolta a créé l’événement. À 72 ans, l’acteur américain se voit remettre une Palme d’Or honorifique surprise pour l’ensemble de sa carrière lors du Festival de Cannes.
Orchestré par Thierry Frémaux, cet hommage inattendu vient couronner une immense carrière et un statut d’icône de la pop culture. Bouleversé, John Travolta a fait face à une standing ovation mémorable, les larmes aux yeux. Une consécration pour cet acteur aussi polyvalent du grand écran. Pour comprendre l’impact de ce géant aux pas de danse inégalés, retour sur les cinq longs métrages les plus importants de sa carrière.
1. Saturday Night Fever (La Fièvre du samedi soir, 1977)
Avant décembre 1977, John Travolta est un jeune acteur prometteur. Il est alors principalement connu pour son rôle de lycéen désinvolte dans la série télévisée Welcome Back, Kotter. Après la sortie du film de John Badham, Saturday Night Fever, il devient instantanément une icône planétaire. En incarnant Tony Manero, un jeune italo-américain de Brooklyn qui combat l’ennui et la morosité en devenant, le week-end, le roi de la piste de danse, Travolta contribue a populariser le disco. La bande originale du film a elle aussi aidé à développer le genre, avec Stayin’ Alive ou Night Fever par les Bee Gees. L’album du film est d’ailleurs encore aujourd’hui parmi les bandes originales les plus vendues au monde.
Au-delà des chorégraphies légendaires, des musiques originales et du mythique costume blanc, l’acteur livre une performance dramatique d’une intensité surprenante. Ce rôle lui vaut, à seulement 23 ans, une nomination à l’Oscar du meilleur acteur. Le mythe Travolta était né.
2. Grease (1978)
Si Saturday Night Fever a fait de lui une star, Grease transforme John Travolta en un monument intemporel de l’histoire du cinéma. Adaptée de la comédie musicale de Broadway, cette teen romance rétro le propulse dans la veste en cuir de Danny Zuko, le leader des T-Birds, face à l’iconique Olivia Newton-John (Sandy).
Le succès est phénoménal. Travolta y déploie une palette complète de performances : il chante, danse et fait chavirer les cœurs avec une assurance inégalée. Les titres You’re the One That I Want et Summer Nights restent aux sommets des classements mondiaux. À ce moment là, à la fin des années 70, Travolta est l’acteur le plus rentable et adulé d’Hollywood.
3. Blow Out (1981)
Après l’euphorie des comédies musicales, les années 80 s’ouvrent sur des choix artistiques plus risqués ou boudé du public. C’est dans ce contexte de premiers échecs, comme avec le film Le Temps d’une romance, que Travolta rencontre le réalisateur Brian De Palma pour un thriller politique : Blow Out.
Il y incarne Jack, un ingénieur du son qui enregistre sans le vouloir le bruit d’un accident de voiture qui se révèle être un assassinat politique. Travolta livre ici ce que beaucoup de critiques considèrent comme sa prestation dramatique la plus bouleversante. Bien que le film ait été un échec commercial à sa sortie, il a acquis au fil des ans le statut de chef-d’œuvre. La critique, lors de la sortie, passe globalement à côté de la dimension politique et se concentre sur le genre du thriller, vu et revu. Ce rôle prouvait indéniablement que Travolta n’était pas qu’un corps dansant, mais un acteur qui peut atteindre une certaine profondeur.
4. Pulp Fiction (1994)
Au début des années 90, la carrière de Travolta est au point mort, enchaînant les productions mineures. C’est alors qu’un jeune réalisateur prodige et cinéphile, Quentin Tarantino, décide de lui offrir le rôle de sa vie. Il incarne Vincent Vega, un tueur à gages héroïnomane, las et philosophe.
Le triomphe de Pulp Fiction à Cannes (Palme d’Or 1994) et au box-office mondial orchestre l’un des come-backs les plus spectaculaires de l’histoire du cinéma. La scène de twist mythique au bras d’Uma Thurman fait un clin d’œil énorme à son passé de danseur, tout en le réinventant en gangster. Travolta décroche sa seconde nomination aux Oscars et redevient instantanément l’acteur le plus convoité de l’industrie.
5. Face/Off (Volte-Face, 1997)
Porté par la vague post-Pulp Fiction, Travolta enchaîne les succès (Get Shorty, Broken Arrow). Cependant, c’est sa collaboration avec le maître du cinéma d’action hongkongais, John Woo, dans Face/Off, qui marque l’apogée de sa seconde période de gloire.
Dans ce blockbuster au concept mémorable, il incarne Sean Archer, un agent du FBI obsessionnel qui se fait greffer le visage de son pire ennemi, le sociopathe Castor Troy (joué par Nicolas Cage). Ce double rôle permet à Travolta d’alterner entre le héros torturé et le psychopathe sadique en roue libre. Le film est un immense succès critique et public, incarnant l’âge d’or du cinéma d’action stylisé des années 90.
De l’effervescence des pistes de danse de Brooklyn à la virtuosité des dialogues de Tarantino, John Travolta aura traversé les époques en marquant le cinéma de sa démarche unique. Si sa filmographie comporte évidemment des bas, ces cinq réussites artistiques sécurisent sa place aux côtés des plus grandes figures du cinéma.