Lors de présentation à la presse de la saison 18 de Scènes de ménages, nous avons eu le plaisir d’échanger avec Gérard Hernandez aka Raymond. Un échange qui nous a particulièrement touchés.
La grande nouveauté pour Raymond cette saison, c’est qu’il retrouve son fils, Franck…
Gérard Hernandez : Oui, c’est une nouveauté, mais c’est une catastrophe quand même ! Parce que c’est un petit voyou. Il est parti avec la caisse, il est parti en Australie, et il revient en disant : « Je suis désolé ». Le problème, c’est que Raymond n’en veut plus. Son rêve, c’est qu’il foute le camp et qu’il reparte en Australie ou où il veut. Et ça a donné du peps à la série. Il avait pris un coup dans l’aile. Il dirigeait toujours sa maison, mais là, il est redevenu machiavélique pour que l’autre foute le camp !

On le voit dans une scène où il lui dit : « Il ne fallait pas revenir pour me dire au revoir, tu peux repartir »…
Gérard Hernandez : Voilà, ça c’est Raymond ! On a retrouvé le Raymond.
Il vous manquait ce Raymond là ?
Gérard Hernandez : Tout est agréable à jouer si c’est bien écrit et s’il y a une situation. Mais changer de situation, c’est bien aussi. Avant, il y avait une sacrée mécanique avec Patrick [Préjean] : j’étais méchant avec lui, je lui faisais des tas de vacheries, c’était ma tête de turc. Mais là, avec mon fils, il est plus cruel. Plus cruel que méchant, je trouve. Et ça, c’est bien.
Comment ça s’est passé avec Bruno Solo ?
Gérard Hernandez : Très bien ! C’est l’agité du bocal, il est speed. Moi j’aime bien, parce que rien ne m’ébranle en réalité. En tant que comédien, on peut me faire jouer avec n’importe qui. J’ai joué avec des mauvais, avec des très bons, des excellents… Mais c’est bien de changer un petit peu. C’est comme une partie de tennis : si vous jouez avec le même tout le temps, vous savez d’avance ce qu’il va faire. Mais là, on ne sait pas, et c’est très bien.
Est-ce que vous pourriez nous décrire le personnage de Franck ?
Gérard Hernandez : C’est un voyou. C’est un voyou qui a fait les 400 coups, qui se débrouille en faisant des petites affaires… Un escroc aux petits bras, il n’a pas une grande envergure. Ce sont des petites escroqueries miteuses. Après, pour la suite, je ne sais pas ce qui va se passer, je n’ai pas encore lu les textes de la prochaine saison. Mais j’aimerais qu’il continue à être voyou avec moi, qu’il essaie de m’entourlouper, et que moi je fasse tout pour qu’il foute le camp !
Je me pose souvent la question du « combat de trop »
Dans une télévision où l’on montre moins les gens à partir d’un certain âge, vous êtes l’un des personnages qui suscite le plus d’affection et de tendresse. Qu’est-ce que ça vous fait ?
Gérard Hernandez : Je trouve ça hyper intéressant et touchant. Mais il y a une chose que je déteste, c’est la pitié. Je n’aimerais pas qu’on dise : « T’as vu, à son âge… » Ça m’emmerde. Je me pose souvent la question du « combat de trop ». Le grand drame de ma vie, c’est que je suis très lucide et je me vois dégringoler. J’espère être assez lucide pour me dire à un moment donné : là, ce n’est pas de la pitié que tu veux. Ce que je veux, c’est faire rire, être aimé, mais pas avoir de la pitié.
Quel est le plaisir renouvelé chaque saison de reprendre le tournage de Scènes de Ménages ?
Gérard Hernandez : Je dis toujours : je ne suis pas resté pendant 17 ans dans cette série par hasard. C’est que j’y étais bien. L’équipe est formidable, ils sont d’une bonté et d’une gentillesse avec moi… C’est une famille. Dès que quelque chose ne va pas ou que quelqu’un me voudrait du mal, je sens qu’ils me protègent.
Qu’est-ce que Scènes de Ménages vous a appris sur votre métier, malgré toute la carrière que vous aviez déjà derrière vous ?
Gérard Hernandez : Quand on m’a proposé Scènes de Ménages, je vivais du théâtre et du doublage. C’était mon métier, un certain train-train. Et on pourrait se dire que Scènes de Ménages est devenu un train-train depuis 17 ans… Eh bien non ! Il y a toujours quelque chose qui se passe, toujours quelque chose de nouveau à défendre. Et dans les moments difficiles que je peux vivre, c’est ma bulle d’oxygène. Quand je suis Raymond, tout va bien