Récompensé d’un Ours d’argent au Festival du Film International de Berlin, le prochain long-métrage de François Ozon risquait de voir sa distribution en salle reportée pour des raisons judiciaires.

Prévue mercredi prochain, le possible report de la sortie de Grâce à Dieu se retrouvait aujourd’hui entre les mains de la justice. Et pour cause, le dernier projet du réalisateur français de 51 ans était étudié ce lundi 18 février par le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris. La raison à cela : la mention du nom du père Bernard Preynat dans le film. Ce prêtre lyonnais, mis en examen depuis janvier 2016 pour de présumés actes pédophiles, attend lui aussi son jugement qui devrait avoir lieu en fin d’année.

Grâce à Dieu retrace l’histoire de plusieurs victimes du père Preynat, qui plusieurs décennies après leurs agressions, décident de s’exprimer ouvertement en dénonçant les agissements de l’homme d’Église. Ensemble, ces anciens scouts créent « La Parole Libérée », une association ouverte à toutes les victimes du groupe scout Saint-Luc. Les acteurs Melvin Poupaud, Denis Ménochet et Swann Arlaud interprètent Alexandre, François et Emmanuel, les trois hommes à l’origine de cette lutte.

La présomption d’innocence comme mot d’ordre

Dans le long-métrage, les noms des victimes ont été modifiés mais pas ceux de Bernard Preynat, ni du Cardinal Barbarin et de la diocésaine Régine Maire, tous deux également jugés pour ne pas avoir dénoncé les actes du prêtre. Leur procès se tiendra le 07 mars. « Dans le film, Bernard Preynat est-il présenté comme coupable ? Assurément oui. Or mon client est placé sous le statut de témoin assisté pour les faits de viol. A-t-il été jugé coupable par la justice ? Non. » déclarait vendredi devant la justice l’avocat du père septuagénaire, considérant ainsi que le film allait « à l’encontre de la présomption d’innocence dont bénéficie son client ».

Au final, François Ozon et les distributeurs du long-métrage peuvent souffler. Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris a autorisé la sortie de Grâce à Dieu dans nos salles obscures ce mercredi 20 février.