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Hantavirus : où en est-on de l’épidémie ?

Ce lundi 18 mai, le MV Hondius a accosté au port de Rotterdam. Cet accostage marque un épilogue pour l’alerte sanitaire qu’est l’hantavirus.

Les hantavirus forment un groupe de 38 souches connues. Ces dernières circulent majoritairement en Asie, en Europe et en Amérique. Pour une vingtaine d’entre elles, une transmission à l’homme est possible. Cette transmission se fait le plus souvent par inhalation de poussières contaminées par les sécrétions d’animaux porteurs d’une souche du virus.

Selon les autorités, le premier cas identifié est un septuagénaire néerlandais passionné d’oiseaux. Sur les quatre derniers mois précédant l’embarquement, il avait effectué un voyage par la route entre novembre 2025 et le 1er avril 2026. Il avait alors traversé le Chili, L’Uruguay et l’Argentine. L’hypothèse la plus sérieuse est qu’il a contracté le virus en Patagonie. Là bas il aurait été en contact des rongeurs sauvages avant de monter sur le MV Hondius.

C’est la souche Andes qui nous préoccupe ici. C’est la seule des 38 souches identifiées à pouvoir se transmettre d’humain à humain. Elle exige un contact étroit et prolongé avec une personne en phase virémique (la période qui précède de deux jours l’arrivée des signes cliniques et qui s’étend jusqu’à sept jours après).

Les particularités du virus

La maladie évolue en deux phases. La première, la phase prodromale, dure trois à six jours et ressemble à un syndrome grippal. Le sujet infecté est atteint d’une fièvre entre 38 et 40 °C, de maux de tête, de douleurs musculaires et de nausées. Viennent ensuite les symptômes cardiopulmonaires, associés à une létalité de 30 à 60 %.

Autre particularité du virus, sa période d’incubation s’étend entre 4 et 42 jours après l’exposition. Cette variabilité extraordinairement large, comparée aux 5 à 7 jours d’un virus grippal, explique la durée des quarantaines imposées.

Ce qu’on ne sait pas encore

Aucun traitement spécifique ni vaccin n’est encore disponible contre l’infection à l’hantavirus, bien que de nombreux laboratoires y travaillent et obtiennent des résultats prometteurs. Seuls deux vaccins ciblant des souches spécifiques existent. Ces derniers sont autorisés en Chine et en Corée du Sud, avec une efficacité modérée.

À ce stade, aucune mutation particulière associée à une augmentation de la transmissibilité ou de la virulence n’a encore été identifiée. Plusieurs analyses phylogénétiques, qui étudient les évolutions des relations entre organismes, sont encore en cours. Les scientifiques ne savent pas encore comment le virus s’est propagé à bord du MV Hondius, ni si la souche a évolué.

L’hantavirus en France : risque-t-on quelque chose ?

En France, une croisiériste testée positive est toujours en réanimation à l’hôpital Bichat. 26 cas contacts ont également été recensés. Ces derniers sont tous négatifs et sans symptômes.

Au-delà de l’affaire du Hondius, l’hantavirus circule en France depuis des décennies en silence. Une centaine de personnes l’attrapent chaque année sur le territoire, jusqu’à 320 lors des pics épidémiques. La souche française, appelée Puumala, est bien différente de celle présente à bord du MV Hondius. Elle ne se transmet pas d’humain à humain et tue beaucoup moins. Le risque est davantage concentré dans le quart nord-est du pays, chez les personnes qui ouvrent des bâtiments fermés où des rongeurs ont séjourné. L’OMS est claire sur la situation globale : « Pour l’instant, rien n’indique que nous assistions au début d’une épidémie de plus grande ampleur. » Le risque pour la santé mondiale reste faible, mais la vigilance reste de mise.

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