A LA UNEEntrepreneurFemmesFrance

C’est quoi la cérémonie « Ingénieuses » ?

Mardi 19 mai après-midi, s’est tenue la 16e cérémonie « Ingénieuses ». Une cérémonie qui récompense les projets des ingénieures, des étudiantes-ingénieures et des écoles, qui visent à favoriser la mixité dans les métiers scientifiques et technologiques. Retour sur cette remise de prix.

Les filles réussissent mieux leur scolarité que les garçons, selon une étude de la DEEP de 2026, « Filles et garçons sur le chemin de l’égalité, de l’école à l’enseignement supérieur ». Dans ce rapport, il est indiqué que 89 % des filles obtiennent le brevet contre 83 % des garçons, et 85 % décrochent le baccalauréat contre 75 % des garçons. Pourtant, elles se tournent beaucoup moins dans des carrières scientifiques et d’ingénieures. Des filières pourtant considérées comme représentant l’excellence.

C’est face à ce constat que la CDEFI (Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs) et ses partenaires, ont lancé en 2010 l’opération « Ingénieuses ».

Cette opération a pour objectif de mettre en valeur les projets d’ingénieures, d’étudiantes-ingénieures et d’écoles ingénieures qui s’engagent à favoriser la mixité dans le milieu scientifique et technologique.

Des chiffres alarmants

Emmanuel Duflos, président de la CDEFI et directeur de l’école EPF, indique qu’un tel événement est essentiel pour faire avancer les choses. En 2016, il y avait 28% de femmes dans les écoles, contre 72% d’hommes. En 2026, il y a 29% de femmes dans ce cursus, contre 71% d’hommes. 24% des ingénieurs en activité sont des femmes. Il reste alors une grande marge de progression, avant qu’il n’y ait la mixité souhaitée.

Selon une étude publiée en 2025, plus de 40% des femmes qui souhaitent poursuivre leur cursus vers la voie scientifique, afin de devenir par la suite ingénieure, sont dissuadées de poursuivre dans cette filière. Un chiffre considéré comme inquiétant par la CDEFI.

D’après Emmanuel Duflos, plus de mixité signifie plus de progrès technologiques, plus d’innovations qui permettent de répondre aux besoins de la société, mais également une réindustrialisation et un renforcement de la souveraineté. Pour lui, plus de parité est égal à une vision plus humaniste du monde scientifique et technologique.

L’ambition du projet « Ingénieuses » est de valoriser le travail, de faire émerger des nouveaux modèles (role model) et de mettre en lumière ces projets.

Il existe des disparités selon les spécialités. D’après les chiffres communiqués par Clémence Bernard (directrice de l’école EBI), il y a environ 63% de femmes en chimie, plus de 80% en biologie et moins de 20% en informatique et dans le secteur des transports.

Selon une étude, 63% des étudiantes en ingénierie et 53% des femmes techniciennes ou ingénieures ressentent un syndrome de l’imposteur.

15 ans de l’opération

Lors de cette 16e cérémonie, 10 prix ont été décernés, dans différentes catégories.

Afin de déterminer les 16 nominées reçues dans la salle, ainsi que les 10 lauréates, un double jury a été mis en place. Une vingtaine de lycéens volontaires issus de classes de la seconde à la terminale du lycée Jean Rostand de Villepinte (93) ont sélectionné le projet lauréat du prix lycéen 2026. Pour les neuf autres catégories, ce sont les partenaires et soutiens qui ont examiné l’ensemble des candidatures.

Le jury du lycée Jean Rostand de Villepinte remettant le prix lycéen 2026

Pour l’édition 2026, 62 projets d’écoles d’ingénieures ont été déposés par 52 écoles et campus. Il y a eu 84 candidatures d’élèves-ingénieures France et Afrique du Nord, ainsi que 72 candidatures de femmes ingénieures.

Depuis la création de l’opération « Ingénieuses », 532 projets ont été déposés par les écoles (52 lauréates), 1223 élèves ont candidaté (25 lauréates) et 758 ingénieures ont déposées un dossier (21 lauréates).

Les lauréates, édition 2026

Catégorie élèves-ingénieures France : Tayina DAOU, élève-ingénieure en performance industrielle à CESI.

Tayina DAOU, lauréate 2026 dans la catégorie élèves-ingénieures France

Catégorie élèves-ingénieures Afrique du Nord : Ghita BERRADA, élève ingénieure à l’ENSAM Rabat (Maroc).

Catégorie femme-ingénieure : Aude LEMAR-VERRIER, diplômée de Grenoble INP – Ensimag, actuellement Product team manager et Product owner chez Antidot.

Catégorie femme-ingénieure junior : Judith SASPORTES, diplômée de CY Tech, actuellement fondatrice et présidente des Éditions Optimist.

Catégorie femme-ingénieure du numérique : Corinne TOGNETTY, diplômée de l’INSA Toulouse, actuellement Head of DTIT Excellence Office chez STMicroelectronics.

Catégorie école d’ingénieur·es / lycéen : l’ISEP, pour son projet « Hackathon IA, Mixité & Inclusion »

Catégorie école d’ingénieur·es / original : 3iL Ingénieurs, pour son projet « 3iElles – Ingénieures »

Catégorie école d’ingénieur·es / mobilisation : ESIEE Paris, pour son projet « Et si Ingénieur s’Ecrivait avec un E »

Catégorie école d’ingénieur·es / étudiant : l’ENM, pour son projet « Un avenir ensoleillé et respectueux »

Catégorie école d’ingénieur·es / prix spécial : Centrale Nantes, pour son projet « Ingénierie : pour un avenir au féminin »

Les 10 écoles nominées présentes sur scène

Ce qu’il faut en retenir

Pour les maitres de cérémonie, il faut enlever la peur de se lancer, de ne pas être à la hauteur, de ne pas être parfaite, de ne pas être légitime. Il faut oser accomplir ses choix et ses désirs.

Ce qui est particulièrement revenu au fil des discours des maitres de cérémonies, des partenaires et soutiens, ainsi que ceux des lauréates, est qu’il est essentiel de se soutenir et de soutenir les autres. Ce soutien, cette sororité, peut passer par le mentorat, les sponsors, mais aussi par les roles model. Ces roles model sont essentiels pour donner envie aux jeunes filles et aux jeunes femmes de se lancer dans une carrière scientifique, tout en pouvant s’identifier ou se rattacher à une figure, une ingénieure qui les inspire.

Questionnée sur ce qui lui a donné envie de devenir ingénieure, quel a été le déclic, Tayina Daou répond : « Le déclic, c’est ma mère qui me l’a donné quand elle m’a demandé si j’étais capable de citer le nom d’une femme ingénieure qui a réussi là où je voulais aller. J’étais incapable de répondre à cette époque. J’ai donc décidé de me lancer pour devenir le role model de jeunes filles à Mayotte. »

About author

Journaliste
Related posts
DOSSIER - THEMAFrance

C'était quoi "La Brise de Mer" en Corse ?

A LA UNEBasket

NBA : Pourquoi Donald Trump a été sifflé lors de Knicks - Spurs ?

A LA UNEFaits Divers

Pourquoi la maman de Rosa porte plainte contre Darmanin ?

A LA UNEPolitique

Qui est Karim Bouamrane nouveau candidat à la Présidentielle ?

Retrouvez VL. sur les réseaux sociaux