À peine croyable. Une loi entrée en vigueur ce lundi 15 octobre, interdit aux sans-abri de dormir dans les espaces publics en Hongrie. La police est désormais autorisée à faire partir les personnes sans domicile fixe (SDF) et à « démanteler cabanes et abris de fortune« .

Cette loi a été décrétée par le gouvernement du Premier ministre hongrois, Viktor Orban. Le parlement hongrois a approuvé un amendement constitutionnel le 20 juin dernier qui interdit la « résidence habituelle dans un espace public« . Depuis 2013, dormir dans la rue pouvait déjà être sanctionné, d’une contravention de 500 euros.

L’objectif de cette loi est de servir « les intérêts de la société dans son ensemble », a déclaré Attila Fulop, secrétaire d’Etat aux Affaires sociales. Et de s’assurer que « les sans-abri ne se trouvent pas dans les rues la nuit et que les citoyens peuvent circuler dans l’espace public sans entraves« .

En Hongrie, les SDF ne pourront plus dormir dans la rue (Crédit : Giphy)

 

 

 

 

 

Une loi jugée « cruelle et incompatible avec la loi internationale relative aux droits de l’homme » par l’ONU et d’autres associations. Zoltan Aknai, directeur des services sociaux à Budapest à déclaré : « Il n’y a pas beaucoup de choses interdites dans notre Constitution. Mais parmi elles, il y a le trafic d’êtres humains et les actes de terrorisme. Aujourd’hui, vivre dans la rue est considéré comme étant presque aussi grave. Ce qui signifie donc qu’être très pauvre et ne pas avoir d’endroit où dormir devient illégal. ».

Quant à Tessza Udvarhelyi, manifestante, c’est le désarroi : « Ce sont les gens, qui sont déjà les plus malchanceux, qui vivent dans les pires conditions et qui n’ont même pas de maison, qui sont frappés à coups de pied, mis en prison, leurs biens personnels sont confisqués et détruits. Ça n’a pas de sens.« .

Selon le Figaro, « le texte stipule même que tout SDF déjà averti trois fois par la police en moins de trois mois peut être interpellé au quatrième avertissement. »

Seulement 11.000 places serait disponibles dans les centres d’hébergement d’urgences gérés par l’État, alors qu’il est compté au moins 20.000 sans-abri…

En septembre, une rare procédure a été ouverte par le Parlement européen contre la Hongrie. Elle pourrait, « en théorie« , conduire à des sanctions.

À lire aussi : Lazare, l’association qui veut réconcilier SDF et jeunes actifs