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« Hyper Sarkozy » : L’Hyper-Communication en politique a -t elle fait son temps ?

Hyperprésident, Hypermédiatisé, Hypercommunicant, hyper hyper hyper… Que Nicolas Sarkozy ait marqué de son empreinte l’histoire de la cinquième république ne fait aucun doute. Président d’un nouveau genre, celui -ci s’attachait dès sa campagne en 2007 à occuper l’espace médiatique jusqu’à saturation.
Mais Nicolas Sarkozy a surtout compris que les médias sont le nerf de la guerre politique. Il a également compris que l’homme politique n’est plus un tribun mais un communicant. Que la médiatisation de la société a conduit les élus à changer leur manière de communiquer. Être à l’origine des polémiques mais aussi en avoir le dernier mot, commenter l’actualité mais surtout la créer, le président sortant voulait être partout, affirmant vouloir « dépoussiérer la politique ».

« C’est être nulle part que d’être partout »
Sénèque

Mais s’exposer à outrance dans les médias, c’est accroître le risque d’erreurs communicationnelles et de dérapages. Et durant son quinquennat, Nicolas Sarkozy en a commis quelques une : en 2008, au Salon de l’agriculture, il adresse un « Casse toi pauvre con » à un homme qui ne daignait pas le saluer. Deux ans plus tard, lors d’une visite à Chambery, il lançait à un jeune  un menaçant « fais pas le malin ». Selon Bastien Millot, ancien membre du cabinet de Jean François Copé et expert en communication politique, que le président ait pu répondre à ses attaques n’est pas digne d’un chef de l’État. Au contraire, un haut dirigeant politique doit paraître  calme, posé, pour renvoyer à la population l’image d’un homme serein, capable de réflexion. En jouant la carte de l’agressivité, Nicolas Sarkozy a déçu l’opinion publique sur ce terrain là.

Le CSA ne l’arrête pas

En période électorale, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel veille au respect de l’égalité des temps de paroles et de l’exposition médiatique entre les candidats. Mais en demandant la tenue de trois débats le soir des résultats du premier tour de la présidentielle, Nicolas Sarkozy en contourne les règles, sans basculer pour autant dans illégalité. De fait, il persiste dans sa stratégie « hypercommunicante ».  Endossant contre son gré le rôle du challenger, celui qui a marqué les esprits dans le débat face à Ségolène Royal en 2007 a tout intérêt à montrer ce dont il est capable, à être vu, à être entendu.

Dominique Strauss Kahn ou les vertus du silence

« Plus la parole est rare, plus elle porte de valeur ». Pour Bastien Millot, plus un homme politique intervient dans les médias, moins il est écouté. Aussi, le cas DSK donne de la substance à l’archaïsme de la stratégie hypercommunicante : crédité à près de 47% d’intention de vote avant le 14 Mai et l’affaire du Sofitel, l’ancien directeur du FMI qui suscitait une attente exceptionnelle dans l’opinion publique, a toujours très peu communiqué et s’est toujours attaché à garder officieuse sa candidature aux primaires. D’abord pour des raisons statutaires mais aussi pour des raisons stratégiques. Loin des yeux, près du cœur, Monsieur Sarkozy la surexposition aux médias n’est pas une fin en soi.

 

Tristan Molineri

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