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Indiana Jones and the last soundtrack | Seriefonia

A l’occasion de la sortie du dernier volet d’Indiana Jones, émission spéciale sur le plus célèbre archéologue du cinéma !

[« SérieFonia : Season V : Opening Credits » – Jerôme Marie]

[« EXTRAIT SONORE : The Last Crusade »]

[« The Temple of Doom, The Atari Game : Opening Credits » – John Williams]

C’est la dernière émission de la saison… et c’est SérieFonia ! Non, non… Ne cherchez pas à changer les réglages de votre chaîne, de votre baladeur ou de votre ordinateur : tout est normal et sous contrôle… J’ai juste voulu vous surprendre un peu en ouvrant cette spéciale Indiana Jones avec la reprise du fameux thème de John Williams dans sa version vidéoludique de 1985 ! C’était pour l’adaptation du second film, Indiana Jones et le Temple Maudit… et c’était pour les systèmes Atari. Mais vous vous en doutez… Si nous consacrons une nouvelle émission à Indy, c’est naturellement suite à la sortie sur les écrans du cinquième et ultime volet cinématographique de ses aventures… Indiana Jones et le Cadran de la Destinée !

[« The Dial of Destiny – New York, 1969 » – John Williams]

Je ne sais pas si vous l’aurez remarqué, mais l’orchestration est ici sensiblement plus sombre… Un peu plus lourde de sens. La fameuse Raiders March sonne différemment. L’heure n’est plus à la seule action décomplexée. Ce film… et sa musique… constituent un Adieu. Au personnage, bien sûr, mais aussi à un cinéma comme on n’en fait plus. Et même si George Lucas et Steven Spielberg ne sont plus aux commandes, il apparait vite évident que Le Cadran de la Destinée est conçu comme un épilogue plus que comme une énième aventure. Alors… Pertinent ou pas ? Réussi ou pas ? Avant de vous donner quelques éléments de réponses, je vais commencer par vous rediffuser le SérieFonia de 2019, dans lequel je retraçais déjà une bonne partie de l’Histoire musicale du célèbre archéologue, tout en rappelant qu’elle est loin… très loin… de se limiter au seul grand écran…

[« SérieFonia, Saison 2018-2019 – Pastille 21 »]

Retour en 2023… Ou plutôt… en 1944. Car fidèle à la tradition James Bondienne visant à doter chaque film d’une longue séquence d’introduction spectaculaire, Le Cadran de la Destinée ne fait pas exception à la règle… et offre aux fans de la première heure une dernière occasion de découvrir leur héros en pleine action, et dans la fleur de l’âge grâce à la (pas encore totalement au point mais néanmoins sympathique) technique du de-aging, tandis qu’il essaie de secourir son ami, le Professeur Basil Shaw en le tirant des griffes de l’armée Nazi tout en mettant la main sur un artefact pour le moins singulier… Musicalement, ça se traduit par une foultitude de références aux films précédents… voire même à quelques œuvres « cousines » telles que Star Wars… Comme ici…

[« The Dial of Destiny – Germany, 1944 » – John Williams]

Vous les voyez les Stormtroopers qui courent un peu partout dans l’étoile noire de l’Episode IV ? Mais, bien sûr, on pense également à cette mythique scène de poursuite cheval-camion dans le désert des Aventuriers de l’Arche Perdue…

[« Raiders of the Lost Ark – Desert Chase » – John Williams]

Ou encore à cette autre poursuite, toujours dans le désert mais sur un tank celle-ci, dans Indiana Jones et la Dernière Croisade. Souvenez-vous, ça donnait ça…

[« The Last Crusade – On the Tank » – John Williams]

Tandis qu’aujourd’hui, toujours dans le morceau « Germany, 1944 », ça donne ça…

[« The Dial of Destiny – Germany, 1944 » – John Williams

Rien que le titre… « Allemagne, 1944 », relève du p’tit coup de génie pour qui se souvient de la série télé. En effet, durant les deux premières saisons, chaque épisode portait le nom d’une ville et de l’année durant laquelle l’action prenait part… De fait, cette séquence d’introduction peut instantanément être considérée comme un épisode de la vie d’Indy à part entière… comme un court-métrage avec son début, son climax et sa conclusion. Mais ce n’est pas la première fois que télé et ciné se répondent ainsi ! Par exemple, combien d’entre vous se doutaient que le diamant qu’il tente d’obtenir du fourbe Lao Che en ouverture du Temple Maudit…

[« The Temple of Doom – Indy Negociates » – John Williams

… Lui avait déjà échappé bien des années plus tôt, lorsqu’au sortir de la Première Guerre Mondiale, il se lançait sur les traces dudit « œil de paon » dans le double épisode « Treasure of the Peacok’s Eye », mis en musique en 1995 par Steven Bramson…

[« The Young Indiana Jones Chronicles – Treasure of the Peacock’s Eye » – Steven Bramson

De même, dans le quatrième opus, Indiana Jones et le crane de cristal, l’aventurier raconte à son fils qu’il a jadis « bourlinguer avec Pancho Villa »… référence directe à la première version du pilote de la série… tandis qu’est également dévoilé son passé d’espion… autant durant la Première que la Seconde Guerre Mondiale… ce qui a donné lieu à bon nombre de succulents épisodes… à l’image de « Espionnage Escapades », dont la partition était l’œuvre de Laurence Rosenthal…

[« The Young Indiana Jones Chronicles – Espionnage Escapades » – Laurence Rosenthal

Bref, il y a absolument tout ça dans « Germany, 1944 »… sans même parler des premières réminiscences de la Raiders March elle-même…

[« The Dial of Destiny – Germany, 1944 » – John Williams

Je rappelle que John Williams a composé ça à 90 ans. Quelle pêche ! Quelle énergie ! Naturellement, il est secondé à l’orchestration par William Ross (le même que sur Harry Potter et la chambre des secrets)… & Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre ces derniers jours, sa partition pour cet INDY 5 est parfaitement en place… Peut-être un peu plus exigeante et moins immédiatement évidente que par le passé, j’en conviens… Mais réellement d’une grande maestria, dès lors que l’on veut bien prêter l’oreille… Que dire, par exemple, de ses accents Wagnériens sur le thème d’Helena, la filleule du Docteur Jones, qui va de nouveau le pousser vers l’aventure ?

[« The Dial of Destiny – Helena’s Theme » – John Williams]

Ce morceau, visiblement l’un des favoris de Williams puisqu’il en propose pas moins de deux variations au sein de l’album de la bande originale, est majoritairement construit selon le modèle du très fameux mouvement chromatique ascendant développé par Richard Wagner… A savoir, une note de basse au-dessus de laquelle les trois intervalles quarte augmentée, sixte augmentée et neuvième augmentée constituent l’accord en tant que tel… Notamment dans son Tristan & Iseult… C’est pourquoi certains spécialistes le surnomment même l’accord de Tristan… Je l’sais parce que c’est mon pote Jerôme Marie, le compositeur de tous les génériques de SérieFonia, qui me l’a dit… Et en plus, écouter du Wagner quand on parle d’un film qui traite du Nazisme… Bah… c’est tout sauf hors sujet, en fait…

[« Tristan und Isolde – Prelude » – Richard Wagner]

N’empêche qu’il est étrange ce thème d’Helena… Ouvertement romantique, il ne reflète en rien la personnalité du personnage incarné par Phoebe Waller-Bridge. Elle qui est plutôt intrépide… et bien plus guidée par ses désirs de richesse que par sa bonne conscience… En tout cas au début… Aucune notion de romantisme là-dedans… Peut-être a-t-il été conçu pour une scène coupée… ou pour une des fins alternatives retirées du montage final ? L’avenir nous le dira… Ma théorie personnelle est que Papy John a justement tenu à exprimer beaucoup de choses à travers ce dernier volet musical. Non seulement de la saga mais possiblement également de sa carrière. En cela, l’appréhension de la BO est moins facile que celles des opus précédents. En comparaison, Le Royaume du Crane de Cristal regorgeait de nouveaux thèmes forts et immédiatement identifiables… A commencer par celui du crâne, d’ailleurs…

[« The Kingdom of the Crystal Skull – Call of the Crystal » – John Williams]

Ou celui de la méchante, Irina, incarnée par Cate Blanchet…

[« The Kingdom of the Crystal Skull – Irina’s Theme » – John Williams]

Mais au-delà de ses figures féminines, la saga Indiana Jones reste avant tout LA définition-même du cinéma d’Aventure avec un grand A… et des grands moments de découvertes à tendances mystiques que cela implique. Voilà pourquoi je vous propose un petit enchaînement thématique. J’aurais pu mettre en relief les alliés… ou les ennemis d’Indy… Les artefacts… Les séquences d’actions… Mais au lieu de ça, je préfère insister sur ces instants – absolument magiques – où notre héros bascule entre réalité et fantastique. Entre terreur et émerveillement. Comme à l’occasion de l’ouverture de l’Arche à la fin des Aventuriers de l’Arche Perdue… L’un des plus grands moments musicaux de la saga tout entière…

[« Raiders of the Lost Ark – The Miracle of the Ark » – John Williams]

Dans Le Temple Maudit, c’est en approchant la magie noire des Pierres de Sankara, que beaucoup considèrent pourtant à tort comme le principal enjeu du film, qu’il peut ensuite retrouver les enfants enlevés au village et réduits à l’esclavage par un sorcier capable de faire battre votre cœur en dehors de votre poitrine tout en vous contraignant à l’observer…

[« The Temple of Doom – Approaching the Stones » – John Williams]

Que dire encore de cet instant de grâce, littéralement, lorsqu’il se retrouve face au Chevalier protecteur du Saint Graal, dans l’espoir de choisir… judicieusement… la coupe du Roi des Rois et d’user de ses pouvoirs de guérison pour sauver la vie de son père ? La encore, c’est tellement fort musicalement…

[« The Last Crusade, The Amiga Video Game – Knight of the Holly Grail » – John Williams]

Oups ! Mon doigt a encore ripé vers l’adaptation en jeu vidéo. Faut dire qu’on y a tous joué à celui-là. Mais trêve de plaisanterie… et revenons-en au morceau d’origine…

[« The Last Crusade – Wrong Choice, Right Choice » – John Williams]

Magnifique… Dans Le Royaume du Crâne de Cristal, il va jusqu’à faire une rencontre du troisième type interdimensionnelle pour comprendre que le trésor véritable des cités d’or n’était pas… l’or, justement. Mais la connaissance… Tout ça en plus de s’être découvert un fils, bien entendu…

[« The Kingdom of the Crystal Skull – Temple Ruins and The Secret Revealed » – John Williams]

Si je vous remets bien tous ces instants en mémoire, c’est pour insister un chouïa lourdement sur le fait que la saga Indiana Jones ne s’est jamais contenter de surfer avec la notion de fantastique… voire de science-fiction… Comme nous le rappelait d’ailleurs la pastille rediffusée tout à l’heure, il a même rencontré Dracula dans la série télé… Aussi, le dernier tiers du Cadran de la Destinée s’inscrit-il parfaitement dans la continuité de tout ce qui a été entrepris auparavant. Et John Williams, fidèle à lui-même, n’hésite pas à combiner candeur et mystère, tout en allant puiser dans l’héritage musical d’un cinéma plus lointain encore que le sien… Et ce, pour des raisons évidentes… Comment ça, je spoile ?! Hé, je vous rappelle que ça s’appelle Le Cadran de la Destinée !

[« The Dial of Destiny – Battle of Syracuse » – John Williams]

A ceux qui clament haut et fort que Papy Williams n’a plus la pêche… Que cette dernière partition est anecdotique, voire molle et totalement ratée… Si, si, je vous jure, y en a qui osent… Je répondrais simplement : n’oubliez pas que l’on n’est plus dans la collaboration Williams/Spelberg… Que le héros n’est plus ce fringuant jeune homme qui jouait de son fouet pour sauter des précipices… C’est pourquoi le recours à la Raiders March est ici beaucoup plus discret… subtile mais pas absente pour autant, elle intervient en réalité à de nombreux moments… Seulement, pas au travers de l’emphase qu’on a pu lui connaître… Un choix, délibéré, qui fait clairement parti de la note d’intention générale, visant à accompagner le personnage au bout de son arc… au bout de sa quête personnelle…  

[« The Dial of Destiny – Centuries Joins Hands » – John Williams]

Vous l’avez entendu ? Il était là le thème… Repensé, restructuré… pour mieux dire Adieu à un héros des temps passés. Indiana Jones et le Cadran de la Destinée, c’est le dernier bastion doux-amer de la musique de film qui m’a bercé… celle qui, à travers ses nombreux motifs et ses vastes orchestrations savait nous raconter, différemment mais pleinement, la même histoire… Pas juste la surligner. Aussi, opter pour la retenue, en passant par la sagesse d’une certaine forme de minimalisme… quitte à perdre un peu de monde en route… était très certainement la meilleure chose à faire. Harrison Ford a plus de 80 ans… Indy, de son côté en a 70… Il aurait été tout simplement stupide que le compositeur cherche à lui rendre les 17 ans qu’il avait lorsqu’il se laçait à la poursuite du Phantom Train of Doom, sous la baguette de Joel McNeely…   

[« The Young Indiana Jones Chronicles – The Phantom Train of Doom » – Joel McNeely]

Ou encore lorsqu’il se battait dans les tranchées de la Bataille de la Somme, en 1916, cette fois sous l’impulsion musicale de Frédéric Talgorn…

[« The Young Indiana Jones Chronicles – Trenches of Hell » – Frederic Talgorn]

Vous l’aurez compris… Bien qu’il puisse facilement diviser, Je vous conseille vivement de vous rendre en salles pour voir Indiana Jones et le Cadran de la Destinée qui, bien plus qu’un film numéro 5, est en réalité la conclusion de dizaines et dizaines d’aventures, aux visages et réalisateurs multiples, partagées entre cinéma, télévision, jeux, romans, et même comics… Et, bien entendu, d’en écouter religieusement la bande originale… Tout en vous disant bien qu’une seule fois ne suffira pas pour en percevoir toute l’originalité… savante et finalement plus proche du travail effectué sur La guerre des mondes, AI ou encore Minority Report, plutôt que de s’inscrire dans une certaine forme de continuité attendue. C’est pourquoi je vais moi-même vous quitter en douceur… D’abord sur le thème de Marion tel qu’entendu dans le tout premier film… Puis sur celui du Père… Henry Jones Senior… Môsieur Sean Connery… qui fait son apparition dans le troisième… Que beaucoup, dont moi, continuent à considérer comme le plus parfait d’entre tous… Indiana Jones et la Dernière Croisade. Après quoi, histoire de finir malgré tout en fanfare, je vous rediffuserai le SérieFonia qui était spécifiquement dédié à la création de la Raiders March en 2019. Voilà, c’est fait… Adieu Indy… Tu es toi-même entré dans l’Histoire… Et même si finalement tu ne pars pas en chevauchant vers le soleil couchant… On peut s’avérer chanceux de t’avoir eu à nos côtés durant toutes ces années… Bon été à tous… Rendez-vous à la rentrée… et d’ici là… Fortune et gloire.

[« Raiders of the Lost Ark – Marion’s Theme » – John Williams]

[« The Last Crusade – Father’s Study » – John Williams]

[« SérieFonia, Saison 2019-2020 – Pastille 06 »]

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Journaliste spécialiste des musiques de films et de séries sur VL
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