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Interview – Donia Eden en mode Pretty Woman dans Les Michetonneuses

France 2 profite de l’été pour déstocker des unitaires restés sur les étagères à l’image des Michetonneuses où l’on se régalera de suivre Donia Eden en mode Pretty Woman.

C’est quoi Les Michetonneuses ? Elles sont trois jeunes femmes venues d’horizons différents. Si Eden (Donia Eden) et Maya sont superbes. Anissa, souffre d’obésité naissante. La première cesse de « michetonner », la seconde continue, Anissa aurait bien voulu mais ses rondeurs la freinent… Elles tiennent à leur liberté, rêvent d’amour. Banlieusardes, elles investissent Paris en dépensant ce qu’elles gagnent en produits de luxe. La mode est leur patrie. La vie va chambouler cette situation quand Anissa est arrêtée pour avoir volé un sac de marque… Une comédie dont les femmes sont les héroïnes.

Cet unitaire tourné en 2018 part d’un postulat assez efficace : suivre 3 jeunes héroïnes qui veulent soit se sortir de leur condition, soit assumer ce qu’elle font ou même réaliser leur rêve. Le casting change de ce que l’on peut voir souvent en prime : jeune et issu de la diversité comme on dit, il fait un bien fou. Le soucis majeur de Les Michetonneuses tient plutôt à un gros soucis de rythme et de montage : tout va beaucoup trop vite et affiche parfois un sérieux manque de cohérence dans les actions des personnages. Si on aime ces 3 héroïnes, seule Donia Eden a réellement quelque chose à défendre sur la longueur et elle le fait de la meilleure des manières : tour à tour forte, émouvante, séduisante et magnétique, elle porte littéralement le film, renforcé par le couple qu’elle incarne avec le toujours excellent Nicolas Briançon qui se la joue assez malicieusement Richard Gere dans Pretty Woman. Et ça tombe bien, Eden est une sorte de croisement entre l’héroïne de Million Dollar Baby (en moins tragique) et surtout Vivian dans Pretty Woman. Si le film rate le coche et aurait sans doute mieux réussi à être un pilote de série, il contribue à nous démontrer une fois de plus que Donia Eden en a sous le pied, est une superbe comédienne et qu’on veut la voir encore plus dans un rôle de premier plan.
On a d’ailleurs voulu en savoir plus sur ce rôle avec elle.

DONIA EDEN (Eden), NICOLAS BRIANÇON (XAVIER DE LOUHAN)

Un premier rôle en prime sur France 2, c’est important pour une jeune comédienne. C’est arrivé comment ?

J’ai tout simplement passé un casting après que l’on m’ait parlé de ce projet, un casting avec mon partenaire Nicolas Briançon et un autre un peu plus tard. J’ai été très intéressé par ce film car il y avait beaucoup de signes auxquels m’attacher et qui me faisaient dire que je devais le faire. Elle s’appelle Eden comme moi, on avait le même âge au moment du tournage (27 ans), elle est danseuse et boxeuse, j’ai également beaucoup pratiquer de danse … et de boxe. Tout concordait pour que je fasse Les Michetonneuses.

Comment vous a-t-on présenté ce projet et surtout de rôle d’Eden ?

On m’a dit qu’on allait suivre 3 jeunes femmes, 3 michtos à différents stades dans leur vie mais que le film se garderait bien de porter un jugement moral sur ce qu’elles font ou sur ce qu’elles veulent. Parmi ces 3 michtos, on a Eden qui en a assez de michtonner et qui veut vivre de sa passion pour la boxe. Une autre assume ce qu’elle fait et la 3ème ne le fait pas mais adorerait. J’ai beaucoup aimé le fait qu’il y a une façon très saine de parler des femmes et de la question du choix dans ce film. J’ai aussi été beaucoup intrigué par le virage plus “romantique” que prenait le film par la suite avec mon personnage.

Il y a une double lecture dans le film : à la fois on a 3 femmes qui assument leur choix mais aussi dans cette ère post #MeToo, 3 femmes qui michetonnent, ça peut faire grincer des dents. On y pense aux réactions que ça peut générer ?

Bien sûr qu’on y pense. Mais elles ne font pas ça pour s’en sortir, elles font ça car elles aiment ça. C’est donc une toute autre perspective. Au départ c’est un vrai plaisir de faire ça et elles sont parfaitement maîtresses de leur destin, sans jamais se laisser faire. Si il faut se défendre, elles n’hésitent jamais à jouer des poings et à rendre. Dans le cas d’Eden, elle n’a plus envie de dépendre des mecs et c’est son choix à elle, et rien que pour ça, on n’a pas le droit de la juger.

Il y a beaucoup de Pretty Woman dans Les Michetonneuses mais ces femmes ne sont pas des prostituées, elles sont plus des escorts non ?

C’est exactement ça. D’ailleurs on le voit dans le film : à un moment Eden se retrouve chez un mec pour boire un verre après être sortie avec lui, il aimerait aller plus loin et elle dit non. C’est elle qui pose ses règles dès le départ. C’est une jolie fille, qui prend des verres, accompagne des hommes et ça peut aller plus loin mais ça c’est elle qui le choisit.

Vous comprenez ces choix que font ces femmes ?

Comprendre oui sans problème. Mais est-ce que j’aurai pu moi le faire, franchement je ne pense pas. Mais je ne porte aucune jugement sur celles qui le font. En fait michetonner c’est comme aller à un date où par galanterie, le garçon invite sauf que là c’est tous les jours (rires). Vous avez vu je le vend bien le film !? (rires). Donc oui je comprend sans être capable de le faire.

Il y a une pression de se retrouver en prime sur France 2 ?

J’ai surtout hâte d’avoir des retours sur ce film car j’en suis fière. Pression non car j’ai déjà eu le plaisir de faire des primes mais plutôt une excitation. Même si c’est vrai que dans celui-ci, j’ai un rôle plus important et que forcément ça peut changer des choses. Je pense et j’espère que ça va m’apporter d’autres projets c’est certain, que l’on va voir mon travail sur ce film. J’ai beaucoup aimé le travail de confiance et de liberté que le réalisateur a fait avec moi sur ce film.

Si vous réfléchissez à ce que vous aimeriez faire dans de futurs projets, ce serait quoi ?

J’aimerai jouer un vrai rôle de composition, comme jouer un mec ou une folle qui veut tuer tout le monde. Ou à l’inverse total, jouer dans une grosse comédie dans un rôle à l’opposé de ce que je suis. Et sinon, au théâtre, mon rêve serait de me mettre en scène dans la peau de Frida Khalo, une femme fascinante. Enfin, je suis en train d’écrire un long métrage sur le monde la justice.

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Rédacteur en chef du pôle séries, animateur de La loi des séries et spécialiste de la fiction française
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