Sa présence dit toute sa volonté, son visage couleur rouge sang témoigne de la violence des combats. Lui, c’est Sami Abas. Comme tant d’autres combattants peshmergas, il est là pour chasser Daech de la ville de Mossoul. Appuyés par des forces spéciales américaines, lui et ses hommes continuent leur progression. Ils ont libéré des villages sur la route de Mossoul. Mardi, les soldats kurdes se sont emparés de Khazir, village situé à une vingtaine de kilomètres de la ville. Mais la bataille est loin d’être finie, le plus dur est sans doute à venir.

 « Mossoul sera une bataille difficile. Il y aura des avancées et des revers », a prévenu le président américain Barack Obama

Les kurdes doivent faire face à la détermination des djihadistes. Malgré le fait que certains soient coupés de leur ligne de ravitaillement, les hommes de l’organisation État islamique résistent. Retranchés à l’intérieur de villages, ils sont prêts à tout. La peur d’être déchiqueté par leur propre ceinture d’explosifs ne se lit pas sur leur visage. Pour ces hommes, dureté et brutalité sont les maîtres mots. En face, les combattants kurdes confrontés à la violence sont constamment en alerte face aux soldats embusqués. Certains des peshmergas sont fatigués de cette guerre qui s’enlise. Ils prennent conscience de la dureté de ce conflit. Le danger et l’attente sont le quotidien de ces soldats. Des liens se forment entre ces combattants kurdes. Entourés de généraux pour lesquels l’apprentissage et la rigueur militaire sont primordiaux, Sami Abas et ses hommes ont le sens du devoir, pour défendre l’Irak. Cette discipline leur permet d’atténuer la peur du danger.

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Convoi de peshmergas en direction de Khazir, base d’où partiront des opérations pour l’offensive de Mossoul. Laurence Geai pour Le Monde

La conquête de Mossoul reste sensible

« On les attend tranquillement », ironise Sami qui observe les démineurs arpenter à pas de loup, les yeux rivés sur le sol, pour détecter d’éventuels engins piégés. Un de ses amis affirme que « les djihadistes ne semble plus avoir le moral, ils paraissent affaiblis ». Depuis le début de l’offensive (17 octobre 2016), les forces kurdes partant de l’est sont parvenues à s’emparer d’une dizaine de villages. En route vers Mossoul, ils sont appuyés par l’armée irakienne qui progresse, elle, par le sud. Tandis que la coalition internationale fait usage de sa puissance aérienne. Mais la réalité du front est plus complexe. La conquête de Mossoul (1,2 millions de civils) reste sensible. L’ONU craint un possible désastre humanitaire. Détruisant psychiquement et physiquement combattants et civils, cette grande offensive pourrait durer « des mois » selon le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Source image : photo prise par Laurence Geai pour Le Monde