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Iran-Etats-Unis : Au sommet d’un conflit mondial

Le général iranien Ghassem Soleimani a été tué par les États-Unis sur le sol irakien, vendredi 3 janvier à Bagdad. Réponse ce mercredi 8 janvier où l’Iran a attaqué des bases américaines en Irak. Signe d’un réveil d’un conflit latent entre les deux puissances. Les tensions s’accumulent au Moyen-Orient et les États-Unis surenchèrent. Les ambassadeurs de l’OTAN se sont réunis mais rien ne semble arrêter l’escalade entre les deux pays. Quels sont les enjeux de cette crise ? Décryptage.

Un jeu d’alliances, des discours de guerre.

En Iran, les funérailles du général considéré comme la tête pensante de l’armée iranienne sont révélatrices : il sera désormais impossible de faire marche arrière tant les discours des membres du gouvernement de l’Iran sont bellicistes. Une riposte est annoncée, puis mise en application ce mercredi 8 janvier. Une réponse qui fait écho dans la région puisque le Hezbollah libanais a confirmé son alliance avec le gouvernement iranien. L’Irak quant à lui, très fragilisé par une longue crise politique, a voté le départ des troupes américaines de son sol. Et les divisions iraniennes semblent être oubliées puisqu’un consensus de la population se dessine autour d’une seule et même chose : l’anti-américanisme.

Trump n’a qu’un mot à la bouche : l’affrontement et la menace frontale devant l’Iran. (AFP/Jim Watson)

Washington reste néanmoins confiant ; conscient que le rapport de force lui est largement favorable. En effet, le discours du président américain Donald Trump n’est pas freiné par les jeux d’alliances régionaux. Il se dit prêt à attaquer « 52 sites historiques et culturels iraniens ». Benyamin Netanyahou, Premier ministre israélien, a soutenu ces annonces, réaffirmant sa position au Moyen-Orient : l’Iran est son ennemi numéro 1.

Quelles conséquences ?

Pascal Boniface, géopolitologue et directeur de l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques, le confirme : « La crise entre l’Iran et les États-Unis n’engendrera pas de confrontations d’armées et l’armée américaine ne suivra pas le scénario de la guerre d’Irak en 2003 ». Le projet des États-Unis est tout autre : faire tomber le régime iranien en l’étranglant économiquement. Mais l’Iran ne restera pas immobile, en témoigne les bases américaines récemment visées par les missiles iraniens. Des affrontements sont à envisager au travers de milices à la botte du régime iranien.

La conséquence secondaire pourrait toucher les européens. En effet, l’Iran risque fortement d’abandonner l’accord sur le nucléaire de 2015 qui maintenait un certain équilibre dans la production nucléaire de la région. Donald Trump avait cependant, en 2018, dénoncé cet accord et entamé une stratégie de pression contre l’Iran, de façon isolée. Français, Britanniques et Allemands ont maintenu des discussions tant bien que mal avec Téhéran. Mais désormais, il semble difficile d’imaginer l’Europe, même accompagnée de l’OTAN, imposer la voie de la raison dans ce conflit. L’arme nucléaire demeurant central dans l’enjeu d’un rapport de force plus ou moins équitable.

La faute à qui ?

Mais Donald Trump est loin d’être l’alpha et l’oméga du conflit Iran-Etats-Unis. Il est certain que les relations se sont réchauffées durant la présidence à deux mandats d’Obama, qui s’appuyait sur une stratégie claire : ouvrir le dialogue pour tourner la page de la simple liste malsaine des pays appartenant à « l’axe du mal » établie par son prédécesseur. Ce tournant diplomatique, avec l’accord-base international sur le programme nucléaire iranien de 2013 comme point de pivot, est marqué par l’affirmation de la part des USA d’un allié crédible et fiable au Moyen-Orient. Chose que refuse catégoriquement l’actuel président américain. Les menaces militaires pleuvent. Donald Trump a pris des risques. L’avenir nous dira s’ils sont inconsidérés.

Les iraniens ont oublié la contestation contre la classe politique et sont rassemblés contre les Etats-Unis. (REUTERS / Nazanin Tabatabaee)

Ce conflit va-t-il marquer la fin de la présence américaine dans la région ? Washington va-t-il choisir de rapatrier les troupes sur place sous la menace iranienne ou après une victoire claire ? Enjeu de taille pour le président américain qui va bientôt entrer en période électorale. Une victoire sur cette crise serait un pas de plus pour un second mandat et permettrait d’affirmer une fois de plus son ascendance dans le camp républicain.

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