Tout Pour Réussir

Isabelle Ithurburu : “La télé, c’est juste le moyen de faire quelque chose qui me passionne”

Isabelle Ithurburu

 

Tout Pour Réussir, dix minutes d’interview avec Saad Merzak. Un retour sur la carrière d’une personnalité du monde médiatique, artistique ou économique, et les raisons de son succès. Aujourd’hui Saad reçoit Isabelle Ithurburu. Elle est la présentatrice de l’émission Le Tube chaque samedi à 12h45 sur Canal +, et du Canal Rugby Club tous les dimanches à 18h45 sur Canal + également. Ce lundi 18 septembre, elle va présenter La nuit du Rugby à l’Olympia.

Saad Merzak : C’est votre deuxième saison à la tête de l’émission media Le Tube, quel bilan faites vous de la saison passée ?

Isabelle Ithurburu : Un bilan plutôt positif à titre personnel, c’était un véritable challenge de sortir du rugby après 6 années dédiées à ce sport. Personnellement, je suis très contente parce que ça s’est bien passé, les abonnés de Canal + et les téléspectateurs n’ont pas été forcément choqués. J’avais très peur du mélange des genres, même si je trouve qu’il y a beaucoup de ressemblances et de points communs; mais j’avais peur de la vision du rugby et des média. Bref, j’ai été, je pense, accepté, par les gens qui aime Le Tube, et les gens du rugby ne sont pas trop déçus ça va.

S.M : Justement qu’est-ce qui vous a donné envie d’accepter ce challenge, le rugby et les médias c’est vraiment deux trucs opposés ?

I.I : C’est deux trucs opposés, mais pas pour moi, parce que j’ai toujours accepté de parler du rugby car c’était une passion. Je n’avais pas forcément eu l’idée d’être journaliste, mais quand on m’a dit « Est-ce que tu es d’accord pour parler de ta passion tous les jours à la télé, avec des gens qui adorent ça, face à des gens qui adorent ça ? » évidemment j’ai sauté sur l’occasion. Quand on m’a dit « Ca serait bien que tu fasses petit à petit autre chose que du rugby, pour toi, pour t’enrichir », j’avais dit « Oui, mais attention faut pas que ça soit complémentent à l’opposé ». Pour moi Le Tube, déjà c’était une émission de qualité, et les médias c’est une passion aussi : je suis une enfant de la télé, je travaille et je baigne dedans depuis plusieurs années. Ca ne me paraissait pas fou, et comme je dis souvent j’ai l’impression de parler d’un truc qui fait plaisir au gens, qui les divertit. Que ce soit le rugby ou les médias il n’y a rien de grave, il n’y a rien de trop sérieux, c’est plutôt des petites passions.

S.M : Et justement, elle vient d’où cette passion pour le rugby, parce que quand on est une femme c’est plutôt rare ?

I.I : Attention ne dites pas ça, vous êtes fou ! (rires) C’est pas vrai, allez dans les stades de rugby, il y a beaucoup de femmes qui aiment ce sport, c’est beaucoup plus familial que pas mal d’autres sports ! Je n’ai jamais eu cette manière de voir le public du rugby. Comme j’y vais depuis toute petite, j’ai toujours vu des femmes, je ne me suis jamais sentie de trop ou pas acceptée. Alors que quand je suis allée dans des stades de foot, ce n’était pas toujours le cas; mais dans les stades de rugby il y a beaucoup de femmes. C’est mon papa qui était fan de ce sport, il n’avait pas trop l’occasion d’aller au stade car il travaillait tous les jours dans l’épicerie, mais moi je regardais les match à la télé avec lui. Dès que j’ai eu l’âge de pouvoir aller au stade avec les copains, j’allais au stade à Pau. En fait je viens d’une ville très rugby, voilà la réponse à votre question (rires)

S.M : Lundi grand événement, ça sera la 14e édition de La Nuit du Rugby, dans quel état d’esprit vous sentez-vous ?

I.I : J’ai hâte, chaque année je regarde la date, j’adore cette soirée, je l’adorais déjà à l’époque où je ne la présentais pas. Mais j’étais invitée déjà, j’avais beaucoup de chance au tout début de ma carrière à Canal +, et j’ai beaucoup de chance d’être invitée à présenter cette soirée depuis 6 ans maintenant. Donc j’ai hâte, en plus chaque année ça brille un petit peu plus : on avait déjà l’Olympia, là on reste à l’Olympia mais c’est vrai que le format s’adapte encore plus à la télé parce qu’on est diffusé en direct sur Canal + Sport. Du coup ça me parle encore plus, j’ai vraiment l’impression d’animer un vrai beau show de rugby à la télé.

S.M : Alors justement c’est votre 6e édition en tant que maîtresse de cérémonie, est-ce que l’exercice est très différent par rapport à une émission comme Le Tube ou le Canal Rugby Club, y a t-il des choses plus compliquées ou différentes à gérer qu’une émission en plateau ?

I.I : Alors je ne dirais pas plus difficile, c’est très différent, c’est quelque chose de plus guindée, c’est classe, faut pas trop déborder. Ca laisse peut-être moins de place à la spontanéité, je parle pour moi, parce que par contre on a quand même l’avantage d’avoir des remettants très différents, donc je peux aller gratter à chaque fois sur ces personnes là. Mais alors ça ne me met pas la pression car j’ai l’impression d’être en famille en fait, c’est ce que je me dis chaque année, j’ai face à moi tous les gens que je croise toute l’année. Alors là il y a des gens qui regardent la télé mais c’est quand même les mêmes abonnés, en principe, qui nous regardent le week-end. Donc pour moi je suis en famille, j’ai pas peur de faire une bourde, les gens me connaissent je crois et ceux qui sont dans la pièce me connaissent.

S.M : Alors revenons un peu sur le début de votre carrière, vous aviez plutôt envie de devenir chanteuse, on se souvient de votre passage dans l’émission La Nouvelle Star, est-ce que c’est toujours un de vos rêves la chanson ?

I.I : Pas du tout, je n’ai jamais voulu devenir chanteuse (rires). Moi j’ai toujours voulu travailler très vite, à dix-huit ans j’ai quitté mes parents et j’ai trouvé des études qui m’ont envoyée dans des entreprises. J’ai eu une enfance très terre à terre, avec des parents qui travaillaient beaucoup, donc moi je voulais travailler et je voulais tellement travailler que je voulais gagner de l’argent de poche. Donc une des manières c’était d’accompagner mon frère, qui lui voulait être musicien, donc de temps en temps je chantais, je prenais quelques petits cachets comme ça dans son groupe. Et vraiment, parce que je faisait ça dans le Sud-Ouest, je vous assure que je n’ai jamais demandé à monter à Paris, c’était mes copains qui m’avaient inscrite à La Nouvelle Star. Je vous assure, regardez l’émission en direct, vous allez comprendre que je ne suis pas faite pour ça. Je me suis plantée parce que j’avais peur, parce que je n’ai pas le talent. Non j’ai jamais voulu être chanteuse, je n’ai jamais essayé derrière de recommencer ou quoi que ce soit. Voilà, ça reste pas vraiment un bon souvenir en plus, mais c’est pas très grave, ça me traîne au basque : si j’avais su que je ferais de la télé après, je n’aurais jamais fait La Nouvelle Star (rires)

S.M : Mais alors vous seriez peut-être mieux en tant que présentatrice, est-ce que « La Nouvelle Star » c’est une émission qui pourrait vous plaire à présenter ?

I.I : On m’a contactée quand ils ont commencé à imaginer le retour de la nouvelle star sur M6, mais non, ils ont compris assez vite. Bizarrement, ce n’est pas mon genre d’émission, pour moi la télé c’est juste le moyen de faire quelque chose qui me passionne : parler de rugby ça me passionne. Alors qu’être sur un concours assez cruel, en plus moi j’ai un mauvais souvenir de cette émission… Non, être la personne qui annonce les mauvaises nouvelles, ça ne me plairait pas du tout.

S.M : Alors vous Isabelle vous n’avez pas fait d’école de journalisme, est-ce que vous pensez qu’aujourd’hui c’est toujours possible pour les jeunes d’apprendre le métier de journaliste sur le tas ou c’est une époque révolue ?

I.I : Alors c’est toujours possible de l’apprendre sur le tas, mais c’est beaucoup moins facile d’avoir la place que j’ai eu ou l’opportunité que j’ai eu. Je m’en rends compte aujourd’hui : je pense vraiment que quelqu’un qui n’a pas fait d’école, aujourd’hui si il est bien encadré et dans un bon service, ce qui m’est arrivé – j’ai été bien guidée en interne à Canal – je pense vraiment que c’est possible. Par contre c’est vrai que c’est beaucoup plus dur d’avoir une chance aujourd’hui, il y a beaucoup plus de demandes qu’avant. Je pense notamment aux filles : moi si j’ai eu ma chance, c’est parce que c’était encore une époque où il y avait peu de filles qui demandaient à être journaliste sportive. Et forcément au lieu de chercher des filles qui sortaient d’école, qu’ils ne trouvaient pas, ils ont cherché une fille qui aimait le sport et ils se sont dit on va essayer.

S.M : Et en particulier le rugby, parce qu’il y a beaucoup de journalistes femmes qui présentent du foot mais le rugby c’est rare…

I.I : Alors moi on m’a mise au foot, enfin à l’omnisports comme on dit, mais c’est vrai que l’omnisports en France sur Canal c’est le foot à 90 %. Et j’étais contente on va dire, mais ils voyaient très bien mes yeux s’enflammer quand j’avais le droit de parler de rugby deux minutes. Donc ça a duré deux ans et au bout de deux ans j’ai eu beaucoup de chance: il y a eu la Coupe du Monde 2011. Canal avait besoin de lancer une nouvelle émission et ils m’ont donné ma chance : là j’ai plus quitté le rugby. J’étais sur Infosport au début donc c’était vraiment tous les sports et je sais qu’ils cherchaient des fille à l’époque. Aujourd’hui il y a plein de filles qui postulent, mais des vraies passionnées et des vraies journalistes.

S.M : Entre Le Tube et le Canal Rugby Club, à quoi ressemblent vos journées de travail en fait ?

I.I : A beaucoup de travail, mais ça c’est le cas de beaucoup de gens je pense, par contre mes semaines, elles sont pleines (rires)

S.M : Comment ça s’organise, c’est à dire que le début de semaine vous êtes sur le Canal Rugby Club et ensuite le jeudi vous commencez Le Tube ?

I.I : Ah non j’aimerais pouvoir faire ça mais c’est pas possible, c’est très compliqué. Je ne vais pas me plaindre, mais comme Le Tube en gros se prépare du lundi au vendredi et le rugby du jeudi au dimanche, vous avez bien compris qu’à un moment il n’y a plus de jours libres. Donc j’arrive à souffler le mardi on va dire, mais le lundi en fait c’est des journées où comme tous les journalistes on débriefe, donc moi j’ai le double débrief : Le Tube l’après midi et le rugby le matin. Mardi on va dire que je dors et dès le mercredi je repars plus sur Le Tube, parce que je tourne Le Tube le vendredi matin donc faut que je le prépare le mercredi et le jeudi. Et dès le vendredi fin de tournage je me rhabille et je pars au rugby tout le week-end. Donc grosse semaine mais c’est passionnant.

S.M : Avant de se quitter on rappelle que la nuit du rugby a lieu ce lundi 18 à partir de 19h15 sur Canal + Sport, vous savez déjà qui sont les stars qui seront présentes pour cette soirée ?

I.I : Oui je peux vous donner quelques noms. On a des comédiens du cinéma : Kad Merad, grand passionné de rugby, François-Xavier Demaison, Julie Gayet – beaucoup de gens se demandent si elle viendra accompagnée ou non – puis on a des sportifs de renom, je pense à Camille Lacourt, aux joueuses de rugby de l’équipe de France, Romain Bardet, Miss France …


Crédit photo : Stéphane Grangier / Canal+

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