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La crise de l’euro, baroud d’honneur du dollar ?

Il est bon ton aujourd’hui de cracher sur l’Euro, cette monnaie idéaliste, surpranationale, est aujourd’hui il paraît en danger… On nous répète que la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne, les PIGS, par leurs problèmes structurels endémiques  nous coulent tous. Cependant si le danger était ailleurs, et que notre soi disant naufrage cachait un autre immensément plus inquiétant . Alors peut-être que ce serait notre grand frère, le dollar, qui nous poignarde dans le dos.

 

Saviez-vous que la Grèce ne représente que 2 % du PIB européen ?
Saviez-vous que la Californie et la 6ème/7ème puissance économique mondiale, et qu’elle représente 17 % du PIB Américain ?
Saviez-vous que la situation Californienne est bien plus préoccupante que la situation grecque ?

Myret Zaki propose dans son livre la fin du dollar : Comment le billet vert est devenu la plus grande bulle spéculative de l’histoire une analyse iconoclaste fortement critique quant à la toute puissance du Dieu Dollar.  On peut entre autre y lire qu'”il est la monnaie d’une économie déclinante, arrivée au point de son vrai visage : celui d’une arme du désespoir, utilisée par une grande puissance malade, qui a trop longtemps caché l’état désastreux de son économie derrière sa planche à billet.”

Et en effet le constat qu’elle dresse est édifiant et préfigure un avenir très inquiétant, car si la Grèce à l’heure actuelle subit la cure d’austérité la plus dure de son histoire, les Etats-Unis d’Amérique eux font marcher la planche à billet, et continuent toujours de dépenser à un rythme inquiétant alors que les rentrées d’argent n’augmentent pas . La crise de l’euro, la fermeté allemande et les solutions que les européens et les Grecs tentent d’apporter à la crise de la dette souveraine s’oppose totalement à la politique américaine. L’Allemagne souvent critiquée pour sa rigueur, même parfois pour sa rigidité voir son égoisme se caractérise par une gestion rationnelle de ses déficits, tandis que la réponse Américaine à la crise a été d’emprunter plus afin de relancer la croissance, croissance donc qui ne repose plus sur la production de richesse, mais la dette d’une économie entière.  Oui mais alors quel rapport entre les USA et la crise de l’Euro ? Pour répondre à cette question il faut d’abord répondre à celle-ci :

Comment rembourser ses créanciers ?
– La Grèce s’impose l’augmentation de ses recettes, et la baisse drastique de ses dépenses. Mais doit tout de même emprunter pour se refinancer dans l’immédiat.

– Les USA empruntent sur les marchés toujours plus d’argent par la vente des bonds du trésor américains, ne subissent pas de cure d’austérité et comptent sur la relance de la consommation et une croissance future élevée et hypothétique pour rembourser sa dette.

Jusqu’ici c’est assez simple, oui mais alors pourquoi les USA arrivent à mieux se financer sur les marchés que la Grèce, parce que les taux d’intérêts sur les obligations américaines sont plus faibles que les obligations grecques qui ont grimpé ces derniers mois . Et comment maintenir des taux d’intérêts bas ? Il faut que la demande en obligations américaine soit très forte. Soit, alors que font les autorités américaines ? Elles achètent elles -même une importante partie d’obligations afin de faire croire à une demande forte, publient des perspectives économique plus ou moins retouchées et de plus en plus suspectes à coup d’ajustements statistiques tandis que les marchés anglos-saxons tentent de provoquer la chute du grand rival du dollars , l’euro .

Si avant la crise la valeur de l’Euro ne cessait de s’apprécier sur les marchés du change c’était simplement le signe de l’enthousiasme des investisseurs étrangers (principalement les banques centrales asiatiques ) qui étaient très soucieuses de diversifier leurs réserves de devises (principalement constituées de dollars) , les parts des transactions en euros augmentaient alors rapidement tandis que le dollar perdait de plus en plus de sa majesté.
Lorsque que les premiers ministres grecs et espagnoles hurlaient au complot et accusaient les spéculateurs de jouer contre l’euro, ils était loin de l’hystérie ou de l’imagination collective  : l’attaque des spéculateurs appuyés par la complaisance des agences de notation contre des pays au poids économique marginal au niveau européen, a provoqué en effet une onde de choc, et découragés les investisseurs de prendre des obligations de ces pays-là, entrainant avec eux une situation compliquée pour l’ensemble de la zone euro. Ce qui a eu pour conséquence direct la hausse des intérêts sur la dette grecque notamment et une méfiance vis à vis de l’Euro, déviant ainsi l’attention des difficultés américaines et le maintient de taux bas sur les obligations américaines, le dollar confirmant sa stature de valeur sûre.

En outre si le maintient d’une demande forte en obligations américaines et donc d’intérêts bas est donc une question de sécurité nationale pour les USA, qui prennent en otage l’ensemble du monde entier en faisant payer leur dette par des investisseurs étrangers déboussolés. Une faillite américaine, entrainerait des pertes gigantesques sur le niveau des réserves sino-japonaises presque condamnées à toujours investir dans une économie malade pour espérer garder intact les sommes précédemment investies. De cette manière, les autorités américaines en s’endettant toujours plus tente de favoriser une consommation à crédit dans une société ou le taux d’épargne avoisine les 0 %, la paupérisation de la population augmente de plus en plus. Alors croissance, il y a, sans austérité elle n’a pas été brisée, mais sur quoi repose-t-elle ? Pour un dollar de croissance, les Etats-Unis ont 6 dollars de dettes qu’un jour il faudra payer…

Car rien n’est moins sûr que la supercherie tienne encore longtemps, si la locomotive consommatrice américaine était nécessaire à l’économie mondiale, voilà que les pays émérgents sentant le piège  (à cons) et stimulent leur demande intérieure. Quant à l’Europe Myret Zaki est sereine, une politique rigoureuse même si elle est difficile à vivre, la préserve d’une bulle à l’américaine, de plus en analysant plus attentivement les problèmes structurels semblent être bien plus importants aux Etats-Unis. Elle n’est pas la seule, d’ailleurs, aujourd’hui les meilleurs amis (intéressés) de l’Europe ne sont plus les USA mais la Chine, et le Japon qui croient en la capacité de redressement de la Zone  Euro et qui financent massivement les nouvelles émissions d’euros bonds.

Si Moody’s et les autres agences de notation baissent régulièrement la note des obligations de pays de la Zone euros en perspective, malgré des signaux alarmants, elle n’en font rien pour les obligations américaines. Etrangement, il y a déjà plus d’un an que la seule agence de Notation chinoise l’a déjà abaissée…

Pour conclure, et il est tellement rare de l’entendre qu’il faut le répéter ici, selon Myret Zaki, l’austérité si elle est difficile à vivre (et injuste mais ca c’est un problème de répartition, et d’efforts partagés), a parfois du bon, car elle permet de limiter les excès comme une sorte de régime alimentaire. Les Etats-Unis eux ont décider de donner à leur économie obèse encore plus de big macs jusqu’à ce que le malade explose, entrainant avec lui les autres économies mondiales… (dommage collatéral de la globalisation )

La fin du Dollar, un livre passionnant, qui révèle les coulisses d’un monde ou parfois l’hypocrisie et la manipulation médiatique arrive à détourner l’attention des véritables problèmes. Myret Zaki “est rédactrice en chef adjointe du magazine économique Bilan. Elle a été responsable du supplément financier  du quotidien Suisse le temps.”

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