Donald Trump a annoncé vendredi 10 août qu’il doublerait les taxes de douanes sur l’aluminium et l’acier en provenance de la Turquie. Cette décision a fait chuter drastiquement la valeur de la monnaie turque qui a dépassé les six unités par dollar.

image-graphique

évolution de la devise turque par rapport au dollar

 

La lutte nationale

Erdogan a appelé ces concitoyens à participer à la « lutte nationale », pour stabiliser la valeur d’une monnaie qui a baissé de 40% depuis le début de l’année. En particulier, la journée du vendredi 10 Août a vu la monnaie perdre 16% suite à l’annonce de l’augmentation des droits douaniers aux Etats-Unis sur l’aluminium et l’acier turcs. Les investisseurs ont alors craint une crise monétaire imminente et aurait échangé leurs livres turcs contre des dollars.

«Si vous avez des dollars, des euros ou de l’or sous votre oreiller, allez dans les banques pour les échanger contre des livres turques. C’est une lutte nationale», a-t-il lancé dans un discours à Bayburt (nord-est). Cette injonction a pour but d’augmenter la demande de livre turque et donc d’agir sur les marchés pour la revaluer.

Cependant, de nombreux économistes assurent qu’il faut relever les taux d’intérêt, plus efficaces pour contrer l’inflation que l’appel à la « lutte nationale ».

Les causes de cet effondrement spectaculaire

Premièrement, la détention à Ankara d’un pasteur américain a suscité des tensions diplomatiques entre les deux pays. L’effondrement de la monnaie y serait en partie liée. Plus tôt dans la semaine, la rencontre entre les ambassadeurs des deux pays n’ont abouti sur aucun débouché pour apaiser les tensions. Cela faisait craindre de nouvelles sanctions des Etats-Unis pour augmenter la pression et faire relâcher le pasteur. Les investisseurs se seraient donc inquiétés par rapport à cette éventualité.

De plus, les marchés avaient des doutes quant à l’indépendance de la banque centrale turque par rapport au gouvernement. En « ennemi » autoproclamé des taux d’intérêt, Erdogan assume des positions peu orthodoxes. Celles ci pourraient aussi expliquer la défiance des marchés envers le gouvernement.

La crainte que la crise ne se propage en Europe

Un article du Financial Times affirme que la Banque centrale européenne s’inquiète de la contagion de cette crise monétaire. Certaines banques européennes comme l’allemande Deutsche Bank et Commerzbank, l’italienne UniCredit et Intesa Sanpaolo et l’espagnole Santander, très présentes en Turquie, étaient dans le rouge ce matin.

A lire aussi: Turquie: Erdogan réélu dès le premier tour