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L’immense Jerry Goldsmith | Seriefonia

Pour ce nouvel opus de Seriefonia, nous revenons sur la carrière d’un géant parmi les géants : Jerry Goldsmith à qui l’on doit de nombreuses partitions.

C’est la sixième saison déjà… Et c’est toujours SérieFonia…

[« SérieFonia : Season VI : Opening Credits » – Jerôme Marie]

[« EXTRAIT SONORE : ALIEN »]

[« Alien – Nothing to Say » – Jerry Goldsmith]

Si vous comptez parmi les plus fidèles de l’émission, vous aurez inévitablement constaté qu’en plus de 7 ans d’existence, son format a plusieurs fois évolué… D’abord ½ heure en plateau, avec l’ami Alexandre Letren, à partir de 2017… suivie d’une pastille de 5 à 6 minutes, diffusée au milieu de La loi des Séries entre 2018 et 2020… avant de s’épaissir un peu entre 2021 et 2022 à travers une durée nouvelle de 15 minutes… puis d’en arriver à sa forme actuelle d’environ 45 minutes depuis la saison dernière. Si je vous rappelle tout ça, c’est pour justifier un peu ce qui va suivre… Car si j’ai bien conscience d’avoir déjà consacré plusieurs numéros aux œuvres de… Jerry Goldsmith… Son aussi incroyable qu’inoubliable carrière méritait bien que l’on s’y attarde encore un peu plus… en profondeur…   

[« Basic Instinct – Crossed Legs » – Jerry Goldsmith]

Oui, j’ai volontairement enchainé entre « en profondeur » et la scène mythique du croisé-décroisé de Basic Instinct… C’est ce qu’on appelle vulgairement une transition graveleuse… Et j’assume pleinement… Jerry Goldsmith, je vous en avais donc déjà un peu parlé en 2019 dans une pastille spéciale The Omen (La Malédiction), puis plus précisément en 2020 à travers celle exclusivement consacrée à ses travaux dans l’animation… et enfin, il occupait naturellement une place de choix dans la spéciale Planète des Singes de 2022. J’ajouterai d’ailleurs le replay des deux premières en toute fin d’émission ; histoire de faire de celle-ci la plus complète possible. Alors… Jerry Goldsmith… C’est près de 55 ans de musique à l’image… Quelques 200 films… une vingtaine de séries télé… autant de téléfilms… 18 nominations à l’Oscar… Pour un seul remporté… 9 nominations aux Golden Globes… Pour zéro victoires… Hein ? Quoi ? Oui, je sais… ça paraît dingue…   

[« Papillon – Theme From Papillon » – Jerry Goldsmith]

Ça, c’était le thème de Papillon, de Franklin J. Schaffner, avec Steve McQueen et Dustin Hoffman en 1973. Nominé mais pas récompensé. Il s’était incliné face à Nos plus belles années, réalisé par Sydney Pollack et composé par Marvin Hamlisch… Bon, moi, perso, cette année-là, je l’aurais donné au Jour du Dauphin de Georges Delerue… Mais bon, à chacun son goût et son jugement… D’ailleurs, Goldsmith lui-même en a souvent eu de bien tranchés ! Des musiques pour le cinéma, il disait qu’elles sont « presque toujours médiocres ». Un adage qu’il appliquait également à ses propres compositions ! Selon lui, il n’y a que 5 grandes partitions par an et 5 chefs-d’œuvre par décennie ! Le reste demeurant assez creux. Gageons que ces propos datent du début des années 90… Perso, en 2024 – et depuis un certain temps déjà – je verrai ces chiffres amplement à la baisse ! Je dis ça, je dis rien… Parce que, rien qu’en parcourant sa filmographie à lui… je vous en trouve moi des chefs-d’œuvre ! Eh bien plus que 5 en 10 ans !

[« Patton – End Titles » – Jerry Goldsmith]

Tenez, rien que dans les années 70… qu’il ouvrait avec Patton, que vous venez d’entendre… il y avait aussi Papillon, Chinatown, Le lion et le Vent, La Malédiction 1 et 2, Alien, Star Trek : le film… Ah bah tiens, ça fait déjà 8. 8 Chefs-d’œuvre. Et je ne mache pas mes mots. Alors… fausse modestie ou conviction profonde ? Il n’empêche que c’est bien grâce à son admiration envers une des œuvres de ce genre « mineur » qu’il aura souhaité finalement poursuivre dans cette voie… Car c’est en 1945, en découvrant le Spellbound d’Alfred Hitchcock, et surtout la partition de Miklós Rózsa, qu’il trouve sa vocation…

[« Spellbound – Main Title » – Miklós Rózsa]

Spellbound, ça donnait ça. Et Jerrald King Goldsmith, né le 10 février 1929 à Los Angeles, n’a alors que 16 ans et quelques années de leçons de piano derrière lui, notamment sous la tutelle du concertiste Jakob Gimpel. Après quoi, il se lance dans l’apprentissage de la composition et de l’art du contre-point grâce à l’enseignement de Mario Castelnuovo-Tedesco… compositeur italien, également professeur d’autres grands noms tels que Henri Mancini et… John Williams. Celui que se rebaptise plus tard plus simplement Jerry Goldsmith intègre ensuite le University of Southern California, mais préfère néanmoins poursuivre son cursus au Los Angeles City College dans la mesure où il y entrevoit plus de débouchés potentiels… Et ce, même s’il a pu assister à des cours donnés par Miklós Rózsa en personne durant son court séjour dans le premier établissement ! Mais grand bien lui en pris, en définitive, car après plusieurs stages et assistanats variés, le département musical de CBS lui ouvre ses portes dès 1950… Il commence ainsi à se faire la main sur différentes séries radiophoniques, très en vogue à l’époque, et se fait particulièrement remarquer grâce à son entrainant thème pour Frontier Gentleman…    

[« Frontier Gentleman, Luke Slaughter – Theme » – Jerry Goldmsith]

Bien qu’il débute à la radio, son travail pour l’image commence dès 1954, lorsque l’une de ces séries audio, The Lineup, est repensée pour la télévision. Au même moment arrive Climax!, autre programme à caractère anthologique, le plus souvent tourné et retransmis en direct (toujours sur CBS), dont il se voit confier l’illustration musicale d’une dizaine d’épisodes… à commencer par celui diffusé le 21 octobre 1954… et intitulé… Casino Royale ! Adapté pour la télévision par Antony Ellis d’après le roman de Ian Fleming, il s’agit bien là de la toute première version des aventures de l’agent 007, avec les comédiens Barry Nelson en « Jimmy » Bond et Peter Lorre en Le Chiffre…

[« Climax!, Casino Royale – End Titles » – Jerry Goldmsith]

Détail amusant : au cours des différentes saisons, il partagera les génériques avec ses confrères Alex North et Bernard Herrmann… et alternera de nouveau les compositions avec ce dernier à l’occasion de celle qui représente assurément le premier vrai tournant de sa carrière : l’unique… l’irremplaçable… l’inégalée… Quatrième Dimension, créée par le tout aussi unique, irremplaçable et inégalé… Rod Serling.

[« The Twilight Zone – Main Title # 1 » – Bernard Herrmann]

Alors là, c’était Bernard Herrmann, justement, avec le tout premier thème de la série à l’occasion de sa saison 1. Et saviez-vous que Herrmann n’aimait pas… mais alors pas du tout… la musique de Goldsmith ? Lui qui répétait sans cesse à Alex North qu’il « perdait son temps avec ce Goldsmith, qui n’irait pas loin de toute façon » ! Aussi, lorsque se déroule la 49ème cérémonie des Oscars le 28 mars 1977, la tension est à son comble lorsque Jerry Goldsmith s’y retrouve en compétition avec non pas une mais deux partitions signées Bernard Herrmann ! Obsession, pour Brian De Palma, et Taxi Driver pour Martin Scorsese… Eh pan ! Même à deux contre un, c’est bel et bien celui qui n’était pas sensé aller bien loin qui rafle la statuette avec La Malédiction ! Ceci dit, le compositeur refuse d’y voir une quelconque forme de revanche… Néanmoins, lorsque c’est lui qui pend la succession de la saga Psychose (avec Psychose II en 1983, soit 8 ans après la disparition d’Herrmann), il ne peut s’empêcher de penser : « S’il avait su, il en serait devenu plus aigri qu’il ne l’était déjà ! »…

A écouter aussi : La loi des séries s’la raconte : Rod Serling, l’homme d’une autre dimension

[« Psycho II – Mother’s Room » – Jerry Goldsmith]

Mais là, je brule des étapes… Alors, revenons-en à La Quatrième Dimension. Car, entre 1960 et 1964, c’est bien là qu’il développe peu à peu son propre style à travers des épisodes aussi marquants que The Four of Us are Dying ou The Invaders (en saison 2) et qu’il se fait remarquer par un certain Franklin J. Schaffner… et The Invaders, ça ressemblait à ça…

[« The Twilight Zone, Season 2 – The Invaders » – Jerry Goldsmith]

C’est à cette occasion qu’il se fait remarquer par un certain Franklin J. Schaffner… qui prépare alors son tout premier long-métrage : Les loups et l’agneau ou The Stripper en VO. Nous sommes alors en 1963.

[« The Stripper – A Change of Heart » – Jerry Goldsmith]

Le compositeur, qui a pourtant déjà quelques beaux titres derrière lui, comme Seuls sont les indomptés, L’homme de Bornéo et, surtout, Freud, passions secrètes de John Huston, ne se doute alors pas encore de l’impact que cette rencontre aura sur sa vie ; tant au niveau personnel qu’artistique… De Schaffner, Goldsmith dira qu’il était son meilleur ami… et celui qui lui a proposé les travaux les plus formidables. Un des seuls avec qui la musique de film prenait un sens artistique. Celui pour qui il a mis le plus de force à écrire de la musique… envers lequel il s’est investi sans aucune retenue… et qui lui a permis de composer ses meilleures partitions… Et vous savez quoi ? Eh bah ça s’entend…

[« Lionheart – Robert and Blanche » – Jerry Goldsmith]

C’était le thème de Robert et Blanche pour Lionheart, en 1987. Il s’agit d’ailleurs de leur dernière collaboration commune puisque c’est Henri Mancini qui signera l’ultime film du cinéaste, Welcome Home, en 1989… Année trop chargée du côté de Goldsmith pour qu’il puisse répondre à la demande. Ensemble, ils ont donc également collaboré sur Patton en 1970 et sur Papillon en 1973. Mais il y a également eu Islands in the Stream, en 1976…  

[« Islands in the Stream – It is All True » – Jerry Goldsmith]

Ou encore The Boys from Brazil… deux ans plus tard…

[« The Boys from Brazil – Suite » – Jerry Goldsmith]

Mais la quintessence de leur collaboration… La plus libre et la plus expérimentale… Et définitivement la plus culte… reste sans aucun doute… La Planète des Singes en 1968. Dont Goldsmith signera également le troisième opus, Les évadés de la Planète des Singes en 1971, cette fois réalisé par Don Taylor… Et si la saga a été par la suite accompagnée par d’autres grands noms tels que Leonard Rosenman et Lalo Schifrin, l’original restera toujours l’original…

[« Planet of the Apes – No Escape » – Jerry Goldsmith]

En ces fin d’années 60 et début d’années 70, et bien qu’étant de plus en plus reconnu au cinéma, Jerry Goldsmith continue de régulièrement composer pour la télé. Notamment, sur l’épisode pilote d’Anna et le Roi, proposée sur CBS entre septembre et décembre 1972. Et c’est intéressant à plus d’un titre car le roman, en grande partie autobiographique, écrit en 1944 par Margaret Landon, a d’abord été adapté par John Cromwell dès 1944, avant de devenir une comédie musicale composée par Richard Rodgers et dont la première eu lieu à Broadway en 1951, avec déjà Yul Brynner dans le rôle du Roi. Il reprendra ensuite son rôle chanté dans le long-métrage réalisé par Walter Lang en 1956… Puis, de nouveau dans la série télé… mais sans chansons. Malheureusement, en dépit du succès de l’œuvre et du spectacle musical qui affiche toujours complet quelque part dans le monde… la série est totalement boudée… et se voit annulée après seulement 13 épisodes…  

[« Anna and the King, Pilot – Anna Arrives » – Jerry Goldsmith]

Histoire de contrebalancer… Notons que, de son côté, la série Room 222, produite pour ABC entre septembre 1969 et janvier 1974, a connu quant à elle pas moins de 113 épisodes. Pas tous composés par Goldsmith, loin s’en faut, mais encore une fois, c’est lui qui posait les bases avec le tout premier : Richie’s Story, réalisé par Gene Reynolds…

[« Room 222 – Richie’s Story » – Jerry Goldsmith]

On lui doit aussi les musiques des Agents très spéciaux et de Voyage au fond des mers… Parmi ses autres belles collaborations régulières, comment ne pas citer Michael Crichton ? Pour qui il signe, par exemple, Morts suspectes, avec Michael Douglas et Geneviève Bujold en 1978…

[« Coma – Disco Love Theme » – Jerry Goldsmith]

Toute une époque… Après quoi, il y eu La grande attaque du train d’or, avec Sean Connery et Donald Sutherland dès l’année suivante…

[« The Great Train Robbery – No Respectable Gentleman » – Jerry Goldmsith]

Puis encore Runaway : l’évadé du futur… en 1984… un bon nanar futuriste comme on les aime… avec Tom Selleck en chasseur de robots ménagers devenus des machines à tuer…

[« Runaway – Theme » – Jerry Goldmsith]

En 1983, Jerry Goldmsith rencontre brièvement le réalisateur Joe Dante, alors en charge du segment « It’s a Good Life » pour le film tiré de La Quatrième Dimension et produit par Steven Spielberg et John Landis… Dante cherche alors un nouveau compositeur car il ne parvient pas à s’entendre avec Pino Donnagio, qui ne parle qu’italien et avec qui les rapports se sont tendus de film en film… à savoir Piranha et Hurlements. Ils ne le savaient pas encore, mais Goldsmith et Dante étaient alors à l’aube d’une aventure cinématographique et musicale résolument hors normes…

[« Twilight Zone, The Movie – Cartoon Monster » – Jerry Goldsmith]

Ainsi, Jerry Goldsmith verra en Joe Dante un authentique écho visuel au sens de l’humour et de l’absurde qu’il aime exprimer au sein de ses compositions. En cela, les tonalités (ou éléments) électroniques qu’il a progressivement développés à compter de la fin des années 70, épousent à la perfection les univers excentriques du cinéaste et participent, toujours en fusion avec l’orchestre, à la subtile et si jubilatoire bizarrerie de leur œuvre commune… Voyez plutôt… Enfin… Ecoutez…

[« Gremlins – Too Many Gremlins » – Jerry Goldmsith]

Gremlins, toujours produit par Spielberg en 84, est le premier véritable film du tandem compositeur/réalisateur. Et on y retrouve déjà des bribes de La Quatrième Dimension… En plus grand, en plus décomplexé, en plus provoquant… Ce qui sera toujours le cas avec Gremlins 2 en 90…

[« Gremlins 2 – Teenage Mutant Gremlins » – Jerry Goldsmith]

Allez, c’est parti, on se fait plaisir… avec un p’tit bout de tout et dans l’ordre… Après Gremlins, c’était Explorers, en 1985… ça commence comme Stand by Me… ça continue un peu comme E.T… Et ça part en couilles comme… bah comme absolument rien d’autre en fait…

[« Explorers – She Likes Me » – Jerry Goldsmith]

L’aventure intérieure ! Un bijou inégalé d’action, de comédie et d’effets spéciaux révolutionnaires en leur temps… Avec le trio Dennis Quaid, Martin Short et Meg Ryan au top du top et une partition… tout sauf miniature…

[« Innerspace – Where Am I ? » – Jerry Goldsmith]

Avec Les Banlieusards, en 1989, le duo s’en donne à cœur joie en se la jouant humour noir… Toujours aussi déjanté, quoi que peut-être un peu moins facile d’accès pour le grand public… & Agrémenté d’une démentielle prestation de Tom Hanks…

[« The Burbs’ – Devil Worship » – Jerry Goldmsith]

Plus lumineux… Mais toujours pas grand public pour autant, Matinée, ou Panique sur Florida Beach en français… un mélange d’hommage à la SF des années 50-60, teintée de l’insécurité ambiante liée à la crise des missiles de Cuba, qui n’aura pas su séduire les foules en dépit d’une originalité aussi rafraichissante que culotée… 

[« Matinee – Harvey and Real People » – Jerry Goldsmith]

L’excellent Small Soldiers, en 1998, dont je ne me suis jamais remis de la « guerre psychologique » à grand coups de Spice Girls… 

[« EXTRAIT – Small Soldiers »]

Oui, pardon, j’ai pas pu résister… Bon, côté Jerry, Small Soldiers, c’était ça…

[« Small Soldiers – This is Fun » – Jerry Goldsmith]

Et enfin… Looney Tunes : Back in Action… Clairement LE film de commande à tendance populaire histoire de redorer un peu le blason de Joe Dante auprès des studios… Un pari à moitié réalisé seulement d’ailleurs… et qui est malheureusement également le tout dernier long-métrage composé par Jerry Goldsmith avant qu’un cancer ne l’emporte le 21 juillet 2004, à l’âge de 75 ans… Plutôt ironique si l’on tient compte du fait qu’il s’agit de l’une de ses partitions parmi les plus dynamiques et enjouées…  

[« Looney Tunes : Back in Action – The Launch » – Jerry Goldsmith]

Tiens, d’ailleurs, il y a Brendan Fraser dans ce Looney Tunes… Ce qui me donne envie, sans transition ou presque, d’enchaîner directement avec le premier opus de La Momie… Réalisé en 1999 par Stephen Sommers. Tout simplement parce que 1… C’est de loin une de mes préférées… et de 2, ça va me faciliter la transition à venir juste après…

[« The Mummy – The Sarcophagus » – Jerry Goldsmith]

Car s’il a travaillé sur pas mal de franchises, Jerry Goldsmith en a néanmoins rarement composé l’intégralité. Aussi ne le retrouve-t-on pas sur La Momie 2 et La Momie 3… Pas plus que sur les séquelles d’Alien, avec lequel j’ai d’ailleurs ouvert ce SérieFonia. Comme dit précédemment, il n’a œuvré que pour deux Planètes des Singes… Quant aux Star Trek… Eh bien… Même c’est initialement à lui que le créateur Gene Roddenberry souhaitait confier le score de « The Cage », tout premier épisode pilote de la série classique… il s’y est adonné de façon totalement éparse en signant les films numéro 1, 5, 8, 9 et 10… Sans oublier le splendide « Main Title » de la série Star Trek Voyager

[« Star Trek, Voyager – Main Title » – Jerry Goldsmith]

J’adore, j’adore, j’adore… Même si mon plus gros coup de cœur musical Trekien revient tout de même au film Premier Contact, brillamment réalisé par Jonathan Frakes en 1996… 

[« Star Trek, First Contact – First Contact » – Jerry Goldsmith]

Malgré tout, deux trilogies (qui ne le sont plus depuis) font figures d’exceptions : La Malédiction, d’abord, qui lui permet de bâtir une vibrante progression musicale en trois actes ; en allant l’horreur la plus absolue jusqu’à la rédemption sacrée… En 1982 débarque le choc First Blood… plus communément connu en France sous le titre… Rambo. Et à lui aussi, il restera fidèle… Puisque les 4 et 5 ont été ensuite réalisés après son décès. Son « Main Title », à la fois émouvant, sombrement héroïque et tonitruant parfois, épouse magistralement autant la musculature que les états d’âme du personnage campé par Sylvester Stallone… Du sur mesures… pour un personnage progressivement devenu plus grand que nature…

[« Rambo III – Final Battle » – Jerry Goldsmith]

Pour toutes les raisons qui précèdent, auxquelles viennent s’ajouter quelques œuvres de concerts, il est donc résolument incontestable que Jerry Goldsmith, n’en déplaise à Bernard Herrmann, comptait et compte encore parmi les figures les plus emblématiques de la musique de film… et ce sur pas moins de six décennies. Pour n’en citer que quelques autres… Comment oublier les partitions de… Chinatown, en 1974 ?

[« Chinatown – Love Theme from Chinatown (End Titles) » – Jerry Goldsmith]

Poltergeist, de Tobe Hooper, en 1982… dont il signe également la première suite, en 1986, Poltergeist II : The Other Side, cette fois mis en scène par Brian Gibson…

[« Poltergeist – The Light » – Jerry Goldsmith]

Son Psychose II, pour Richard Franklin en 1983. Assurément l’une de ses plus belles mélodies…

[« Psycho II – Main Title » – Jerry Goldsmith]

Et pour rester sur les mélodies… Que dites-vous de celle imaginée pour Under Fire, avec Nick Nolte et Gene Hackman ? En plus, c’était la même année…

[« Under Fire – A New Love » – Jerry Goldsmith]

Il me faut encore citer l’extraordinaire First Knight, de Jerry Zucker en 1995… Peut-être la plus épique d’entre toutes…

[« First Knight – Arthur’s Farewell » – Jerry Goldsmith]

Les mines du roi Salomon, Hour of the Gun, Forever Young, Extreme Prejudice, L.A. Confidential, Logan’s Run, Jamais sans ma fille, le trop méconnu Powder… avec le tout aussi trop peu connu Sean Patrick Flanery en 1995…

[« Powder – He Bites » – Jerry Goldsmith]

Reprenons… Outland, The Ghost and the Darkness, The Haunting, Supergirl, la maison Russie, Le Treizième Guerrier, Total Recall

[« Total Recall – A New Life » – Jerry Goldsmith]

Et je ne vous ai même pas passé du The Wind and the Lion ! C’était pour John Milius en 1975…

[« The Wind and the Lion – Mercy » – Jerry Goldsmith

Oui, je sais, vous en auriez bien pris davantage… Mais j’espère néanmoins qu’à travers ces déjà plus de 40 extraits, je vous aurais donné ou redonné l’envie d’écouter ou de réécouter du Jerry Goldsmith comme jamais. Lui dont le savoir-faire a été en priorité transmis à son propre fils, Joel Goldsmith, principalement reconnu pour son travail sur l’intégralité des séries Stargate… Mais ce n’est pas sur de la SF que je vais vous quitter… car s’il y en a bien une qui m’accompagne depuis que j’ai découvert le film, c’est bien la partition qu’il a composé pour la version européenne du Legend de Ridley Scott en 1985 ! Selon moi, elle a tout. Magie. Lumineuse autant que sombre. Aventure. Romance. Terreur. Etrangeté. Thriller. & Folie. Une vision et une interprétation musicale unique de la Fantasy… ici dans sa version dite de « Suite pour concerts », dirigée par le compositeur lui-même dans le cadre de l’album Goldsmith Conducts Goldsmith sorti en 1989, puis remasterisé en 2002. Il ne me reste plus qu’à vous donner rendez-vous le mois prochain pour de nouvelles aventures que j’imagine « masquées » et, rappelez-vous, restez encore un peu après la musique pour la double rediffusion des précédents SérieFonia consacrés à La Malédiction et à ses travaux dans l’animation ! Et n’oubliez pas… Si jamais vous apercevez une licorne… Surtout… Ne la touchez pas… 

[« Legend – Suite » – Jerry Goldsmith]

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Journaliste spécialiste des musiques de films et de séries sur VL
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