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Marseille : l’organisation d’une « journée burkini » fait polémique

Marseille journée burkini polémique

L’association féminine et musulmane Smile 13 envisage de privatiser un centre aquatique des quartiers nord de Marseille pour y organiser une « journée burkini ». Des élus de tous bords s’opposent à cette initiative, dénonçant une attitude communautariste.

« Je compte sur vous pour respecter la AWRA et donc de ne pas venir en 2 pièces […] » indique l’affiche de l’association Smile 13, pour Sœurs marseillaises initiatrices de loisirs et d’entraide. L’organisme souhaite privatiser le centre aquatique SpeedWater Park, situé dans la commune des Pennes-Mirabeau, entre Marseille et Aix-en-Provence, le 10 septembre prochain. Le but ? Organiser une « journée burkini » réservée aux femmes et aux enfants âgés de moins de dix ans.

Burkini et kilbeb de bain autorisés

L’affiche précise que le parc autorisera « exceptionnellement Burkini/jilbeb de bain », tenues islamiques qui couvrent le corps des femmes, des chevilles aux cheveux. Sur sa page Facebook, Smile 13 écrit que « les sœurs » sont tenues de porter « une tenue adéquate » pour se préserver « autant des femmes que des hommes ».

Créé le 12 janvier 2015, cet organisme féminin et musulman dit réunir 200 membres et ne reçoit aucune subvention publique. Elle se présente comme une « association culturelle et sportive », organise à l’année des cours d’aquagym dans une salle de sports mais aussi d’autres événements comme la « Kermesse aquatique de l’Aïd » du 9 juillet, où les femmes étaient aussi invitées à porter un burkini.

A lire aussi: Qui a peur de l’Islam ?

Une virulente polémique

S’il n’a rien d‘illégal, l’événement crée la polémique. Valérie Boyer, députée LR des Bouches-du-Rhône, dénonce un « acte communautaire, insupportable » qui met en cause la « dignité de la femme ». « Cette bataille du burkini est l’expression de la volonté des intégristes de […] soumettre les femmes et les hommes » ajoute-t-elle. Stéphane Ravier, maire FN des 13e et 14e arrondissements de la ville de Marseille, parle d’une « journée islamique » qui « démontre qu’un certain nombre de musulmans se coupent volontairement de notre modèle républicain […] ».

 « Je ne vois pas ce qu’on peut nous reprocher à part de pratiquer notre religion », a répondu Mélisa Thivet, trésorière de Smile 13, sur Europe 1. Elle précise également ne pas savoir si l’événement sera maintenu. Elle a reçu le soutien de la sénatrice PS des Bouches-du-Rhône Samia Ghali qui se dit « écœurée par cette polémique politique visant encore à stigmatiser les musulmans ».

Sur Twitter, les réactions pour et contre l’événement se sont également multipliées.

Vers l’interdiction de l’événement ?

Le sénateur-maire divers gauche de la commune, Michel Amiel, a pris un arrêté d’interdiction. Il estime que dans le « contexte actuel, l’événement peut troubler l’ordre public, compte tenu de l’ambiance qu’il y a avec cette montée de l’islamisme radical ». Il ne peut cependant pas annuler cette journée, le parc aquatique étant un lieu privé. La « journée burkini » a en revanche été décalée d’une semaine. De son côté, la préfecture de police de Marseille suit la polémique et « “creuse” le profil de l’association », avant de se prononcer quant à une éventuelle interdiction.

Crédit Photo à la Une : REX/Shutterstock

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