Deux semaines après son terrible crash sur le circuit de Montmeló, Johann Zarco sort enfin du silence. Le pilote français du team LCR Honda a pris la parole sur ses réseaux sociaux ce lundi 1er juin pour donner de ses nouvelles. Un message attendu, rassurant, mais qui confirme une longue absence.
Le 17 mai dernier, le Grand Prix de Catalogne vire au cauchemar pour Zarco. Au second départ, après le drapeau rouge provoqué par la chute d’Álex Márquez, le Cannois rate son envol depuis la cinquième place sur la grille. Il percute l’arrière de la Honda de Luca Marini, entraîne la Ducati de Francesco Bagnaia dans sa chute, et se retrouve la jambe gauche coincée sous la moto du champion du monde en titre. Les images font le tour du monde. La peur est immense. Zarco s’en sort, mais au prix fort : ligaments croisés antérieur et postérieur rompus, ménisque abîmé, péroné touché, brûlures profondes sous le genou.
L’opération : une question de jours
Zarco a consulté le docteur Bertrand Sonnery-Cottet, grand spécialiste du genou. Le verdict est sans appel : il faut patienter. Les brûlures profondes infligées par l’échappement de la Ducati de Bagnaia imposent ce délai, car une opération trop précoce ferait courir un risque réel d’infection. Zarco l’explique lui-même dans sa publication Instagram : il prend soin de sa jambe, ça s’améliore assez vite, mais il ne peut pas prendre le risque d’une infection pendant l’intervention. Une approche prudente, intelligente, assumée.
Lucio Cecchinello, patron de l’équipe LCR, a échangé avec le chirurgien. Il se montre confiant. L’opération, imminente selon les dernières informations, permettra selon lui un rétablissement total du genou : « Zarco reviendra à 100%, ce n’est pas un vœu pieux, c’est la parole du médecin. C’est déjà beaucoup ».
La convalescence, en revanche, sera longue. Plusieurs mois, selon les premières estimations. Le retour sur la MotoGP ne devrait pas intervenir avant l’automne 2026. Les 8 Heures de Suzuka, prévues début juillet, sont déjà rayées du calendrier. La saison s’effrite, course après course.
Cal Crutchlow en renfort, mais pour combien de temps ?
En attendant, l’équipe LCR ne reste pas les bras croisés. Pour le Grand Prix d’Italie au Mugello ce week-end, c’est Cal Crutchlow qui a pris le guidon de la Honda du numéro 5. Le Britannique de 40 ans, pilote d’essai et vainqueur de trois Grands Prix au cours de sa carrière, a répondu présent. Sauf que la mission s’est compliquée dès la course. Crutchlow a dû abandonner avant la mi-course, victime d’une douleur à l’épaule gauche. Les examens ont révélé une déchirure musculaire près de l’omoplate. Un coup dur pour LCR, qui perd ainsi deux pilotes en quelques jours.
La question du remplaçant pour le Grand Prix de Hongrie reste donc entière. L’équipe n’a pas encore tranché. Ce vide illustre, mieux que n’importe quel chiffre, l’importance de Zarco dans le projet Honda. Avant sa chute, le Cannois était devenu la référence technique de LCR, le pilote le plus régulier, un acteur clé du mercato 2027 qui se dessine en coulisses. Son absence tombe au pire moment, dans une saison que Honda peinait déjà à maîtriser.
Zarco, lui, regarde ses équipiers depuis un écran. On l’aperçoit en visioconférence avec le garage depuis le Mugello, guitare à portée de main, bandage sur la jambe. Pas le genre à se laisser engloutir par la frustration. Il a promis de faire les choses intelligemment. Ce retour, il le prépare déjà.