DOSSIER - THEMASéries Tv

On regarde ou pas ? Le mystère de la chambre jaune (TF1), pourquoi cette série va vous surprendre

Cast de Le mystère de la chambre jaune

Le mystère de la chambre jaune sera la série événement de la rentrée de TF1 et débarque le 3 septembre. On vous donne notre avis sur cette adaptation.

Jo, jeune journaliste, apprend avec stupeur qu’une tentative de meurtre a eu lieu dans son village natal, L’Artuby, niché dans les Gorges du Verdon. Elle est dévastée d’apprendre que la victime n’est autre que Mathilde, une proche amie d’enfance, qui est dans le coma depuis l’agression. Les circonstances du drame l’intriguent particulièrement : lorsqu’alertés par les cris, certains villageois sont parvenus à entrer dans la chambre de la victime, celle-ci s’y trouvait seule. La porte blindée était pourtant fermée et il n’y a aucune autre issue… Mais où a bien pu passer l’agresseur ? La scène de crime est aussi spectaculaire que mystérieuse. Accompagnée par Sainclair, un podcaster à succès qui y voit là son prochain scoop, Jo retourne dans le village de son enfance pour tenter de comprendre ce qui est arrivé à Mathilde. Mais lorsque le plus grand policier de Marseille, Larsan, est dépêché sur l’enquête pour mettre fin au remue-ménage médiatique, il ne verra pas d’un bon œil l’enquête parallèle de deux journalistes fouineurs. Parviendront-ils à résoudre Le Mystère de la Chambre Jaune ?

@tf1

Un crime, dans une chambre verrouillée de l’intérieur, comment est-ce possible ? 👀 🎬 𝙇𝙚 𝙈𝙮𝙨𝙩𝙚̀𝙧𝙚 𝙙𝙚 𝙡𝙖 𝘾𝙝𝙖𝙢𝙗𝙧𝙚 𝙅𝙖𝙪𝙣𝙚, bientôt sur TF1. #onregardequoi #série #mystere

♬ son original – TF1

L’essentiel

C’est un classique de la littérature française et un classique de la littérature policière qui symbolise le mystère d’un crime en lieu clos. Adapter en série Le mystère de la chambre jaune semblait une évidence que TF1 a décidé de transposer de nos jours. Ecrit par Sophie Dab, Audrey Nolie, Sarah Farkas et Eliane Vigneron et mise en scène par l’excellent François Velle, ce classique n’existe pas tant de versions que ça, on se souviendra de celle de Bruno Podalydès qui demeure assez classique, ou encore la série Rouletabille en 1966 avec Philippe Ogouz dans le rôle titre. Une présence certes minimal mais qui donne une grande liberté aux autrices de proposer leur version sans être parasiter par une adaptation « encombrante » comme avec Sherlock Holmes ou Agatha Christie. Mais alors que vaut cette adaptation ?

Jo "Rouletabille" et Sinclair

Quand on connaît déjà la fin… mais qu’on a quand même « envie de tourner la page »

Il y a deux façons d’aborder Le Mystère de la Chambre Jaune. Il y a ceux qui connaissent l’histoire dans les grandes lignes : un crime commis dans une chambre fermée de l’intérieur, un meurtrier introuvable et une question qui traverse tout le récit : comment est-il ressorti ? Et puis il y a ceux qui connaissent déjà la solution, qui savent qui est coupable et comment le fameux mystère a été résolu. Et c’est précisément là que cette nouvelle adaptation de Gaston Leroux joue une partie particulièrement intéressante. Car aucun des deux spectateurs ne sera lésé. C’est même probablement la plus belle réussite de cette mini-série en six épisodes.

Le plaisir n’est pas seulement de connaître la solution, mais de voir comment on y arrive

Une bonne adaptation d’un classique policier ne consiste pas simplement à reproduire une histoire connue à l’identique. Elle doit être capable de conserver le plaisir de la découverte pour celui qui ne connaît pas l’œuvre tout en proposant quelque chose de nouveau à celui qui pourrait réciter la résolution. Le mystère de la chambre jaune y parvient brillamment.

La trajectoire générale reste évidemment celle du roman : un crime mystérieux en lieu clos, une enquête, des suspects, des pistes et, au bout du chemin, une résolution. Mais la série emprunte suffisamment de chemins de traverse pour que le spectateur ait régulièrement le sentiment que l’enquête part ailleurs. C’est particulièrement bien vu.

Jo, jeune journaliste, et Sainclair, son complice podcasteur, ne se contentent pas de suivre mécaniquement l’énigme centrale. Leur enquête les entraîne dans une multitude de petites histoires, de sous intrigues et d’affaires criminelles qui viennent parfois se rattacher au mystère principal, parfois beaucoup moins. On pourrait presque avoir l’impression que nos enquêteurs sont plongés dans une grande affaire constituée de plusieurs petites affaires. Et c’est justement ce qui permet à la série de ne pas épuiser trop rapidement son mystère.

On croit parfois être face à une fausse piste. En réalité, la série nous emmène simplement ailleurs avant de nous ramener vers son intrigue principale. Pour le spectateur qui connaît déjà la solution, c’est même particulièrement savoureux : le suspense ne repose plus uniquement sur le “qui ?”, mais sur le “comment vont-ils nous y conduire ?”

Un petit déséquilibre dans la dernière ligne droite

Tout n’est évidemment pas parfaitement équilibré. Le principal petit reproche que l’on pourrait adresser à la série concerne son dernier mouvement. C’est véritablement au milieu du cinquième épisode que l’histoire bascule vers sa résolution. Et lorsque le face-à-face final arrive dans le sixième, tout semble finalement aller assez vite. Peut-être même un peu trop vite.

Après avoir pris autant de temps pour installer ses personnages, ses pistes et ses mystères, on aurait aimé que la résolution bénéficie du même espace. Que le ou la coupable puisse davantage jouer avec les enquêteurs. S’exposer. Manipuler. Profiter de cette dernière partie pour donner toute sa mesure. On aurait aimé, en somme, que le ou la grand(e) méchant(e) puisse réellement s’en donner à cœur joie.

Claire Romain et Pierre-Yves Bon, un duo qui donne envie d’une suite

Côté casting, la réussite est tout aussi évidente. À commencer par Claire Romain et Pierre-Yves Bon, dont le duo fonctionne immédiatement. Claire Romain trouve ici, avec Joséphine “Jo” Rouletabille, un rôle qui peut clairement lui permettre de franchir un cap. Après Ici tout commence et Montmartre, notamment, elle dispose désormais d’un personnage capable de l’installer dans un registre différent : celui de l’héroïne populaire, centrale, énergique, suffisamment attachante pour porter une série. Et elle trouve en Pierre-Yves Bon un formidable partenaire de jeu.

Leur relation fonctionne sur un véritable ping-pong, avec suffisamment de complicité, de légèreté et de répondant pour que l’enquête ne devienne jamais trop pesante. Mais surtout, quelque chose se construit progressivement entre eux. Une petite rom-com vient ainsi se glisser dans le polar, presque naturellement. Pas suffisamment pour détourner la série de son intrigue policière, mais assez pour donner une dimension supplémentaire au duo.

Benjamin Baroche, impeccable en Larsan

Face à eux, Benjamin Baroche est lui aussi particulièrement convaincant. Son inspecteur Larsan aurait pu facilement tomber dans une représentation très classique du policier autoritaire et sûr de lui. Mais la mise en scène de François Velle associé à un jeu toujours fin du comédien lui permet d’échapper à ce piège. Le personnage impose sa présence sans devenir caricatural et trouve progressivement sa place dans cette mécanique à trois entre Larsan, Jo et Sainclair. Jusqu’à un 6e épisode vraiment réussi.

François Velle, le chef d’orchestre

Enfin, impossible de ne pas saluer le travail de François Velle. Car c’est probablement dans la mise en scène que se trouve l’une des autres grandes forces de cette adaptation. Il y a quelque chose de très contemporain dans le rythme, dans le découpage et dans la façon de faire circuler les personnages. Mais simultanément, la série conserve une dimension presque théâtrale. Les décors grandioses deviennent parfois de véritables scènes. Les personnages apparaissent, disparaissent, se croisent, ressortent du cadre. On pourrait presque parler d’entrées et de sorties de scène. Mais jamais la série ne donne l’impression d’être une pièce de théâtre filmée. C’est au contraire une réalisation très télévisuelle, rythmée, élégante et parfaitement maîtrisée, qui permet au matériau de Gaston Leroux de conserver son parfum classique tout en étant débarrassé de toute poussière patrimoniale.

Et c’est finalement peut-être cela, la vraie réussite du Mystère de la Chambre Jaune : avoir compris qu’il ne fallait surtout pas choisir entre le classique et le moderne. Il fallait prendre le classique, le secouer, le moderniser, jouer avec ses codes et surtout donner envie de continuer à regarder même lorsque l’on connaît déjà la réponse.

Une adaptation moderne, ludique et particulièrement maligne du classique de Gaston Leroux, qui réussit le plus difficile : ne jamais pénaliser ceux qui connaissent déjà le mystère.

Le mystère de la chambre jaune
6X52 minutes
Dès le 3 septembre sur TF1 et TF1+

About author

Rédacteur en chef du pôle séries, animateur de La loi des séries et spécialiste de la fiction française
Related posts
A LA UNESéries Tv

Ici tout commence : le départ de cette actrice bouleverse la série

A LA UNESéries Tv

Prisoner de retour pour une saison 2 : cette info cruciale que les fans attendaient tous

A LA UNESéries Tv

Un si grand soleil : Anaïs Delva dans un rôle qui va chambouler la série

DOSSIER - THEMASéries Tv

On débriefe pour vous ... Le ministère du temps, voyageurs spatio-temporels espagnols

Retrouvez VL. sur les réseaux sociaux