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On a vu pour vous … Gotham, Pax Pinguina (Saison 4, Episode 1)

Pax Pinguina est le premier épisode de la saison 4 de Gotham. Sous-titrée A Dark Knight, elle ne laisse guère de doute : Gotham se rapproche encore davantage de l’univers de Batman.

Gotham a fait sa rentrée sur la Fox avec Pax Pinguina, le premier épisode de la saison 4. Nous entraînant dans le Gotham d’avant Batman, la série n’a cessé, au fil des 3 saisons précédentes, de développer son univers en introduisant progressivement les personnages constitutifs de la mythologie des comics. Certains étaient présents dès le départ (Bruce Wayne, Selina / Catwoman, le Pingouin, Nygma, Gordon…), d’autres sont apparus au fur et à mesure (Jerome / le Joker ou Le Chapelier Fou). Se faisant, Gotham s’est rapprochée de l’univers des comics… tout en s’écartant. La série a construit ses personnages et ses histoires en y apposant sa patte, distillant de petites touches originales, au prix de quelques infidélités au matériau de départ.Il est essentiel de garder cette dimension à l’esprit : les libertés prises par rapport au « canon » classique de DC comics pourront dérouter les fans les plus acharnés, mais c’est ce qui fait de Gotham un pur divertissement accessible à un public plus large et hétéroclite, et notamment tous ceux qui n’ont jamais ouvert un comics de leur vie.

Alors que la série était relativement fidèle à sa source d’inspiration dans les deux premières saisons, un basculement s’est opéré en saison 3 : la chronologie s’est accélérée, parfois au détriment de la cohérence. La petite Ivy Pepper (Poison Ivy), par exemple, passe en un claquement de doigts de la petite fille chétive et misérable à la jeune femme sensuelle prête à subjuguer les hommes avec ses parfums hypnotiques. Cette emballement dans la narration est la principale caractéristique de la saison 3, qui a vu la consécration finale de certains des adversaires les plus célèbres de Batman, et même la naissance de ce dernier, suggérée par la dernière séquence.

Le double épisode qui concluait la saison 3 avait d’ailleurs un air de final de série, plus que de fin de saison. Il semblait parachever le prequel du Gotham que nous connaissons, tous les personnages arrivant plus ou moins au bout du parcours initié 3 ans auparavant. Jim Gordon (Ben MacKenzie) en a fini avec Lee et est retourné travailler au GCPD avec Bullock (Donal Logue), en tant que commissaire ; le Pingouin (Robin Taylor) a vaincu Nygma (Cory Michael Smith) qui est désormais l’attraction principale du fameux Iceberg Lounge ; Bruce (David Mazouz) et Selina (Camren Biconvoda) sont prêts à embrasser leurs destins respectifs, le premier en tant que justicier masqué, la seconde sous l’égide de Tabitha. Toutefois, certains éléments ouvraient déjà la voie à la saison 4 : l’apparition de Ra’s al Ghul ou la révélation de l’identité de Butch.

Le Pingouin, nouveau Roi de Gotham

 

C’est donc un nouveau Gotham qui surgit dès l’incipit de la saison 4 : un univers chaotique qui repose sur l’équilibre instable imposé par le Pingouin. C’est lui, le nouveau Roi de Gotham. Au fil des saisons, Oswald Cobblepot a bien changé : le petit escroc pathétique a gagné en assurance et en pouvoir, il est devenu le fer de lance de la criminalité à Gotham City. Il a su profiter de la confusion et de l’anarchie pour se débarrasser de ses adversaires et soumettre la ville à sa volonté. Sorte de parrain, il contrôle le crime organisé : « No licence, no crime » est devenu un leitmotiv, les escrocs, les voleurs et les braqueurs ne pouvant exercer leurs méfaits librement, avec l’accord tacite du GCPD, que s’ils ont juré allégeance à Cobblepot en échange d’une licence autorisant leurs diverses activités criminelles.

Ainsi, la criminalité est relativement sous contrôle, et le status quo est un moindre mal aux yeux de Bullock, chef d’une police dépassée par les événements. D’autres, en revanche, sont exaspérés par la situation. Ainsi, l’incorruptible James Gordon est prêt à tout pour défier le Pingouin ; il comprendra vite que l’attaque frontale est vouée à l’échec. De même que Bruce Wayne, qui joue désormais les justiciers solitaires, proto-Batman au masque improbable, qui combat le crime dans les rues sombres de Gotham – sans se douter qu’il est épié par un Ra’s al Ghul tapi dans l’ombre.

Batman 1.0. Il va falloir revoir le masque…

 

Gotham s’est toujours reposée sur ses personnages et plus précisément sur leur transformation, tandis qu’ils tendent toujours davantage vers des figures connues. C’est à la fois la force et la faiblesse de la série. S’il est intéressant de découvrir leur évolution et leur construction dans un récit alternatif et original, le moindre défaut dans leur caractérisation devient problématique. Le lancement de la saison 4 en apporte la confirmation, en particulier avec Bruce Wayne, dont le parcours est superficiel. Son cheminement – de petit garçon impuissant à justicier sans pitié – n’est pas dénué d’intérêt, mais il est raconté de façon décousue et expéditive, faisant du personnage un stéréotype sans charisme, qui plus est légèrement agaçant dans son indignation vertueuse. En revanche, les méchants sont beaucoup plus percutants et certains crèvent l’écran – on pense surtout au Pingouin, formidable Robin Taylor qui surjoue le personnage de manière théâtrale mais extrêmement efficace et cohérente avec la nature du rôle.

A lire aussi : Interview -Gotham : “On doit respecter ce qui a été fait avant”

Jetant les bases de la nouvelle saison, ce premier épisode introduit en tous cas une histoire potentiellement riche, avec Gotham aux mains d’un Pingouin devenu le puissant chef d’un «crime légalisé», faisant de la ville une oasis de chaos contrôlé. Continuant sur sa lancée, la série a du reste achevé la transformation d’un de ses personnages secondaires, déjà apparu dans les précédents épisodes – on n’en dira pas plus… L’un dans l’autre, Pax Pinguina semble annoncer une saison 4 égale aux précédentes – avec les mêmes qualités et les mêmes limites.

Gotham (Fox)

Saison 4 en cours de diffusion aux États-Unis.

Diffusée en France sur TMC.

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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