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On a visité pour vous…l’expo immersive du Petit Prince

À l’Atelier des Lumières, « Le Petit Prince » se transforme en une expérience immersive où les aquarelles et les mots d’Antoine de Saint-Exupéry envahissent les murs et le sol. Un spectacle qui nous émerveille et nous donne une autre lecture du récit.

« C’est lui le petit prince ? », demande une petite fille dès les premières minutes de la projection. La question nous fait sourire. En quelques secondes, elle résume tout le défi de l’exposition : faire découvrir l’histoire du Petit Prince aux enfants de façon ludique.

À l’Atelier des lumières, nous sommes immédiatement happés par les aquarelles de Saint-Exupéry qui prennent littéralement vie. Le roi, le vaniteux, l’ivrogne, le businessman, le serpent, le renard et la rose apparaissent tour à tour sur les murs et le sol.

Chaque personnage possède son propre univers visuel et sonore. Le vaniteux réclame des applaudissements… et une partie du public se prête au jeu. Le businessman compte les étoiles au son des pièces de monnaies qui s’entrechoquent.

Des étoiles plein les yeux

L’expérience immersive anime les plus jeunes. Pendant que les adultes restent assis face aux projections, des enfants traversent la salle pour toucher les roses. Elles n’ont aucune texture, mais cela ne les empêche pas d’essayer de les caresser.

Venue de Montréal avec son fils Orion, 3 ans, Soraya apprécie le spectacle. « J’adore les expériences immersives. Dommage que le plafond ne soit pas utilisé et qu’il n’y ait rien à manipuler. En revanche, les musiques utilisées s’accordent très bien avec les images. » Par exemple, le renard demande au petit prince de « l’apprivoiser » sur Stand by me de Ben E. King. La magie de l’expérience lui donne envie de lire Le Petit Prince. Cette capacité à faire naître l’envie de (re)découvrir le livre nous convainc aussi.

Percer à jour les messages cachés

Enfant, on retient souvent un garçon qui voyage de planète en planète. Adulte, on s’attarde sur la solitude, de l’amitié ou de l’absurdité de certains comportements humains. « Enfant, je me demandais pourquoi il y avait un renard qui parlait. Je ne comprenais rien à l’histoire », raconte Camille. À 17 ans, son regard change. « Je me rends compte que les thématiques sont pour les adultes. La solitude n’est pas inhérente au désert. On peut aussi la ressentir au milieu des autres. »

Certaines scènes prennent alors une toute autre dimension. Les habitants des différentes planètes conseillent au petit prince de visiter « la Terre [car] elle a bonne réputation » alors qu’elle la planète qui concentre ivrognes, vaniteux, etc. Fanny, la mère de Camille, sourit d’ironie face à la réplique de l’ivrogne :« Je bois pour oublier que j’ai honte de boire ».

Échange intergénérationnel

« J’aime beaucoup l’allumeur de réverbères parce qu’il me rappelle l’époque où je les voyais à Paris », confie spontanément Anne-Marie, 86 ans. La vieille dame est fan de la célèbre œuvre de Saint-Exupéry depuis son enfance. Son amie Véronique l’accompagne à l’exposition pour son anniversaire. Elle lui a offert sa place en plus d’un calendrier du Petit Prince. Anne-Marie compte transmettre sa passion à son arrière-petit fils. « J’ai commencé à lui lire l’histoire en lui rendant visite en Amérique. »

« Cette expérience immersive est une très bonne première approche pour les enfants » nous dit Lucie. La maman de 36 ans est venue avec sa fille de 3 ans. Elle travaille elle-même dans le milieu culturel avec de jeunes publics. Si son amie Soraya craque pour le roman du Petit Prince vendu en boutique, elle veut attendre avant de lire l’histoire à Orion. « Il y a beaucoup de pages et peu d’images. » Lucie est d’accord avec elle. Elle préfère acheter la peluche Petit Prince que sa fille lui réclame. « Dites-vous, on m’a donné Le Petit Prince à lire au lycée. La peluche est plus adaptée à son âge. »

Fanny n’a pas attendu que sa fille grandisse pour lui acheter le livre. « Je le lui ai acheté quand elle était enfant. » Camille ajoute qu’il lui servira sûrement l’année prochaine pour le bac de philosophie. « Ce sera le moment de ressortir tout ce que j’ai appris aujourd’hui », ajoute-t-elle d’un ton léger. Si l’exposition ne remplace pas le livre, elle donne envie de le relire avec un regard neuf.

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