VL a visité pour vous la Paris Gaming School (PGS), une jeune école formant ses étudiants aux métiers de l’e-sport. De streamer à community manager en passant par organisateur d’événement, le secteur du gaming est en plein boom. Petit tour du propriétaire.

C’est au 4e étage d’un immeuble gris situé dans une zone industrielle de Montreuil (Seine-Saint-Denis) qu’est installée l’école. Interphone défectueux, porte qui grince, rien ne laisse à penser qu’on est sur le point de découvrir l’école du XXIe siècle. Pourtant, à l’intérieur, tout est neuf. Le co-fondateur de l’établissement, Gary Point, moins de trente ans, AirMax aux pieds, nous fait présente les lieux. Moment fort de la visite : une quarantaine d’ordinateurs alignés dans une salle. C’est là que se passent les cours.

« Je me suis promis que je réussirai à gagner ma vie avec les jeux vidéo »

Après l’échec de l’E-Sport Academy de Nantes, la Paris Gaming School est la dernière itération en matière d’enseignement des métiers de l’e-sport. Une aubaine pour Méziane, joueur de Dota 2 (un jeu de type arène de bataille) :« Je me suis promis que je réussirais à gagner ma vie avec les jeux vidéo. J’ai toujours suivi de loin ou de près tout type de formation, mais il n’y en a jamais eu. Il y a deux ans, j’ai lu un article sur une école qui allait faire une formation e-sport au Danemark. Du coup, j’ai commencé à regarder ce qui existait en Europe […], jusqu’au jour où j’ai vu l’école de Nantes, l’E-Sport Academy. Malheureusement c’était trop loin pour moi. »

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Parcours diversifié

L’établissement, qui accueille depuis cette année une promotion de 34 étudiants passionnés, ne propose pas seulement à ses membres de devenir joueur professionnel. En effet, seuls deux cyber-athlètes ont intégré la promotion cette année. Plus largement, la PGS enseigne l’ensemble des métiers du sport électronique. Le parcours permet entre autres de devenir coach d’équipe, streamer, ou encore organisateur d’événements. A l’issue de l’unique année que comprend leur cursus, les étudiants auront la possibilté d’intégrer des structures professionnelles du milieu.

La formation de 9 500 € est divisée en deux temps. Tout d’abord, pendant les quatre premiers mois, les étudiants suivent une remise à niveau destinée à donner les mêmes bases à des étudiants de tous horizons. Les gamers suivent des enseignements généraux de 9h à 20h tels que l’anglais, l’histoire de l’e-sport ou la gestion de projet, dispensés par des professeurs diplômés et des professionnels. La seconde partie de l’année permet aux étudiants de s’organiser en groupes, adaptés aux orientations de chacun.

Les étudiants en pleine concentration

« J’ai trois voire quatre projets en ce moment »

Cependant, si la PGS intéresse un grand nombre de passionnés, la sélection y est rude. Son co-fondateur et ex-joueur professionnel sur Dota Gary Point nous a indiqué avoir reçu plus de 2500 candidatures : « Pour intégrer la PGS, les candidats ont d’abord dû remplir un formulaire sur le site Internet de l’école, suivi d’un entretien téléphonique. Si les élèves y sont parvenus, ils ont pu rencontrer la direction dans nos locaux. »

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La formation est également très exigeante, comme nous le révèle Sacha, 22 ans, qui souhaite devenir manager d’équipe : « Personnellement j’ai dû tirer un trait sur ma vie d’avant, ma famille, mes amis, pour réussir dans ce qui me passionne. J’ai trois voire quatre projets en ce moment. Je finis toujours très tard le soir à cause des entraînements. »

Une orientation qui pourrait inquiéter beaucoup de parents, notamment quand on sait que la PGS ne délivrera pas de diplôme reconnu par l’Etat avant 3 ans. Toutefois, un grand nombre d’étudiants ont pu compter sur leur soutien. C’est notamment le cas de Méziane : « Mon père m’a toujours soutenu car je lui ai toujours raconté ce que je faisais. » Guillaume, streamer, animateur et commentateur, a lui aussi été épaulé dans sa démarche :« Mes parents ne connaissent vraiment pas le domaine de l’e-sport, mais ils savent que j’y suis depuis le plus jeune âge et ils me font confiance. Ils savent que je ne suis pas du genre à faire n’importe quoi. »

La Paris Gaming School, bien que récente, envisage désormais d’ouvrir une deuxième école dans le sud de la France, puis, d’ici quelques années, un autre aux Etats-Unis. Affaire à suivre…

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